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Légionnaire toujours...

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La part du mystère

Éditorial du COMLE du Képi blanc N° 727

Dans un monde qui a érigé la transparence en vertu, la Légion étrangère est trop souvent présentée
comme une institution repliée sur elle-même au sein de laquelle on cultiverait le mystère, le mythe,
la légende, le secret... Il n’en n'est rien et la pratique est tout autre.
La réalité actuelle est celle d'une communauté ouverte et transparente. Que ce soit vers les autorités hiérarchiques, les media, le grand public, les élus ou les autres administrations, la Légion n'a rien à cacher de son organisation, de son fonctionnement, ou de sa vie courante. Elle n’a d’ailleurs aucun intérêt à le faire car elle n’est ni une secte, ni une sorte de milice privée, ni un "État dans l’État". Comme toute institution républicaine, elle a des comptes à rendre. Et comme tout organe vivant dans notre société, elle doit se soumettre aux règles de la communication. Ce qu'elle fait d'ailleurs bien volontiers : la revue Képi Blanc et le site internet de l’Institution sont des vecteurs d’information reconnus bénéficiant d’une large diffusion.
Elle reste bien sûr un "monde à part", parce qu’elle recrute des étrangers et des "hommes sans nom" et que cette disposition est exceptionnelle. Mais la Légion n’est pas un "monde en marge".

Nos légionnaires le savent bien ; en rejoignant nos rangs, ils ont tous le sentiment de faire un saut dans l’inconnu. Mais ils découvrent très vite les réalités d’une collectivité à leur mesure dont ils apprennent très vite à adopter les règles. La légende qui voudrait qu’ils pénètrent dans une sorte de société secrète, hermétique, aux pratiques occultes, ne repose sur aucun fondement. D'où vient alors la réputation tenace d’une communauté mystérieuse ? Elle repose sur un constat fort simple : le secret, c'est uniquement celui que chacun de nos hommes souhaite entretenir. Le mystère, c'est celui que chaque légionnaire porte en lui.
C’est la pudeur avec laquelle il évoque rarement son parcours, son destin personnel. C'est la manière dont il préfère taire ses motivations profondes, ses aspirations, ses émotions : qu'est-il venu chercher vraiment dans nos rangs ? C'est son souhait (au moins initial) de fondre son caractère, sa personnalité, ses fragilités, ses aptitudes dans une réalité collective qui le dépasse. C’est ce choix d’une identité d’emprunt qu’il peut être amené à faire pour oublier son passé et tenter de refaire sa vie. C’est aussi, sur un plan collectif, cette étonnante manière de réaliser la cohésion d’un ensemble disparate d’hommes de toutes provenances, nationalités, races, religions... Une cohésion qui nécessite de fusionner les personnalités dans un moule commun. Cette retenue, ce "jardin secret" que le légionnaire veut préserver, cette volonté de rupture parfois, le légionnaire les manifeste dans la rigueur formelle et impersonnelle de sa présentation qui constitue pour lui une espèce de cuirasse destinée à se protéger.
Cette pudeur naturelle du légionnaire s’exprime aussi parfois par une certaine timidité collective qui a pu renforcer l’impression de mystère que dégage l'Institution...
Ce mystère-là, celui de l'homme, personne ne doit chercher à le percer.
Une des valeurs que nous cultivons en priorité est celle du respect de l'homme.

"On parle beaucoup de respecter la dignité humaine.
Eh bien, je regrette d'avoir à dire que c’est à la Légion étrangère
que j'ai rencontré le plus grand respect pour la dignité humaine."

Il faut que chacun de nos hommes puisse faire sienne cette citation d’Antoine Sylvère tirée du livre "Le légionnaire Flutsch" : nos légionnaires doivent savoir que nul ne cherchera à violer leur secret ou leur intimité. Leur passé ne nous regarde pas ; seuls comptent leur parcours dans nos rangs et leur avenir. C’est une des règles fondamentales que tous doivent connaître et mettre en pratique pour que cette "seconde chance" qu’offre la légion étrangère à ses membres soit une réalité vivante.

À elle seule, cette règle fonde une grande part de notre mythe : elle peut attirer, fasciner, ou au contraire rebuter et irriter; elle peut aussi nourrir des rêves et susciter des vocations... Elle s’est imposée au fi l du temps comme une nécessité existentielle car elle est parfaitement adaptée à notre besoin fondamental : fonder une troupe combattante cohérente à partir d’un recrutement hétéroclite et étranger. C’est bien elle qui est à la base de notre savoir-être, de notre esprit de corps, de notre aura collective et, d’une certaine manière, de notre mystère.

La part du mystère est donc tout simplement celle du légionnaire. Ce qui ne devrait finalement pas surprendre : chaque fois que l’on cherche à savoir ce qui peut bien être spécifique à la Légion étrangère, c’est invariablement à l’homme que l’on aboutit...

Bonne lecture à tous,


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