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"Bourlinguer", de Blaise Cendrars : un grand acteur au service d'un grand texte

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Publié le 27 Mai 2015

"Bourlinguer" de Blaise Cendrars. Mise en scène Darius Peyamiras, avec Jean-Quentin Châtelain.

L’auteur

Blaise Cendrars, de son vrai nom Frederic Louis Sauser, écrivain et poète d’origine Suisse, né en 1887, fut un itinérant, comme son père : une enfance à Naples, puis il est envoyé en Russie, il part pour New-York, s’engage dans la Légion étrangère durant la guerre de 14/18. Naturalisé français, il repart au Brésil, pour revenir à Paris et se fixer à Aix-en-Provence. Sa vie mouvementée sera en quelque sorte le ferment de son œuvre littéraire. C’est un découvreur, un voyeur qui se laisse "imprimer", et peint avec ses mots.

Son pseudonyme, Blaise Cendrars, fait allusion aux braises et aux cendres permettant la renaissance cyclique du phénix. Ses œuvres les plus connues : L’or, la Main coupée, L’Homme foudroyé, Bourlinguer, Le Lotissement du Ciel. En 2013, ses ouvrages autobiographiques ont été éditées dans la bibliothèque de la Pléiade.

Thème

Bourlinguer est un recueil de onze récits, écrit à l’âge de 61 ans. Chacun d'entre eux porte le nom d’un port : Venise, Naples, La Corogne, Bordeaux, Brest, Toulon, Anvers, Gênes, Rotterdam, Hambourg, Paris Port-de-mer. "Gênes", où Cendrars propose un récit mythique de son enfance Napolitaine, marque le sommet du recueil. "Il entreprend un voyage dans le temps, jusque dans le jardin de son enfance, le paradis des amours enfantines. Un voyage intérieur à la recherche du sens de la vie.. "

C’est celui-ci que Darius Peyamiras met parfaitement et sobrement en scène, servi par une formidable interprétation de Jean Quentin Châtelain.


Les points forts

- Jean Quentin Châtelain est un interprète hors norme, rompu à l’art des monologues, exercice périlleux, acrobatique comme il se plait à dire. C’est un jeu complètement intériorisé, qui vous aspire. Vous vous trouvez captif de cette voix rocailleuse, éructant, vociférant, crachant ou modulant ce texte magnifique. La mise en scène épurée de Darius Peymiras met en valeur avec sobriété et force la communion totale de l’acteur avec ce texte qu’il a fait sien. Silhouette sculpturale, massive, ancrée au centre d’un cercle, pieds nus, les yeux aux ciels, Jean Quentin est habité : il vit ce texte, il le fait sien, il est sous hypnose, comme en communication directe avec ce voyage dans le passé qu’il nous lance à la figure. Images, révoltes, odeur, traumatisme mais aussi poésie infinie. Il en fait un texte euphorique.

- Ce lieu insolite qu’est le Théâtre du Grand Parquet, entouré des bruits de la ville, donne encore plus de force et de modernité à ce texte qui attaque les promoteurs, les chasseurs, le nucléaire mais qui fait aussi l’apologie de la beauté de la nature, évoque merveilleusement la rade de Naples et la violence du Vésuve. L’éveil des sentiments, les premiers émois et les premières douleurs. C’est tragique et étincelant.

- Cette écriture inventive, musicale, éclatante, "écrite en spirale" qui envoute et impressionne, est renforcée par la diction de Jean Quentin qui ne vous laisse aucun répit, vous êtes en apnée. transporté dans le jardin du tombeau de Virgile, enivré par les odeurs évoquées, charmé, révolté…C’est étincelant et tragique.

Points faibles

Sans relâche, Châtelain nous tient, on est subjugué. On aurait peut être aimé un moment de répit pour reprendre haleine, mais ce n’est pas le sujet, nous devons être « Bourlinguer ».

En deux mots...

Un texte flamboyant, terriblement imagé, d’une poésie et d’une intensité bouleversante servi par un comédien formidable, un Vésuve à lui tout seul !

Une phrase

Qui seront trois :

- « C’est peut être de la pure poésie que de se laisser imprimer.»

- « Le comble, je suis devenu écrivain, car écrire c’est peut être abdiquer. » *

- « les escargots …. comme des pénitents, chaque bestiole dans sa cagoule et chacun portant en guise de cierge allumé ses yeux montés sur tentacules et qui se télescopent si drôlement et sont tactiles. »


Traduction

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