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Un R.M.L.E. à Madagascar dans les années 1900... (1897) 2

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Pour que l’oublie ne se creuse au long

des tombes closes, pour qu’ils ne soient

pas morts, pour une chose morte.

 

Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 03/05/1897

 

TERRITOIRES MILITAIRES

CERCLE DE TSIAFAHY.

Secteur de Tsinjoarivo. A la suite de renseignements fournis par un chef rebelle fait prisonnier le 16 Avril, M. le lieutenant Comiot qui commande le nouveau poste d'Ambodifiakarana situé dans la vallée de la haute Sahatorendrika, à 100 kilomètres environ au Sud de Tsinjoarivo, a détruit le 18 les campements de Ramampanjaka a Ampatora.

Le 18 avril, une reconnaissance composée de 15 légionnaires et de 5 tirailleurs, quittait ce poste à 2 heures du matin guidée par le prisonnier et par un autre indigène connaissant parfaitement la région. Vers 4 heures elle arrivait à trois cents mètres du camp des rebelles, établi sur deux mamelons à cent mètres en arrière de la lisière de la forêt, et formé de nombreuses cases en paillotes. Par un nouveau bond, le détachement se rapproche à moins de cent mètres de la position. A ce moment les aboiements d'un chien ayant donné l'alerte, les légionnaires se lancent sur le camp à la baïonnette.

Ils sont reçus par quelques coups de fusil, mais bientôt les rebelles s'enfuient de toutes parts, en laissant sur le terrain quatre tués et un grand nombre de blessés.

Quelques minutes plus tard le détachement est maître du camp où il trouve une vingtaine de fusils.

Les armes et les bagages de Ramampanjaka et de son frère Ravaloeny, des munitions et quelques approvisionnements de vivres restent entre nos mains.

Après avoir détruit le campement, le détachement reprend la direction du poste. Les rebelles tentent de s'opposer à sa marche dans un passage encaissé au fond d'une vallée marécageuse, mais ils sont de nouveau dispersés par un feu nourri.

A dix heures du matin la petite troupe rentrait à Ambodifiakarana, sans avoir éprouvé aucune perte, et ramenant, outre le butin, six prisonniers dont la femme de Rafanalo 11 Hrs, l'un des lieutenants de Ramampanjaka. Ce dernier s'est enfui presque nu; au dire des prisonniers, la misère était très grande dans le camp, et le dernier bœuf avait été abattu la veille.

Les résultats de ce hardi coup de main seront du plus heureux effet pour la pacification de la région.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 20/04/1897

 

 

TERRITOIRES MILITAIRES

3e TERRITOIRE MILITAIRE

CERCLE DE TSIAFAHY

Secteur du Voromahery. M. le Capitaine Deleuze, Commandant le secteur du Voromahery qui avait accompagné jusqu'au Mangoro M. le Résident Compérat est rentré à Tsinjoarivo et a mis à profit son voyage de retour pour reconnaître entre le versant oriental de la forêt et le Voromahery un nouvel itinéraire au sud du massif de d'Ambohitrakoholahy.

Le détachement a quitté Ambohitsara le 3 Avril et s'est engagé dans la vallée de la Sahanavo. Cette rivière court du Nord au Sud au pied du soulèvement du plateau central et reçoit les eaux qui en descendent. A Amboliipeno elle fait un brusque coude vers l'Est.

Le 4 Avril, la reconnaissance remonte la vallée de la Sandranamby, large cours d'eau source a lfandra, Cette rivière coule du Nord au Sud en ouvrant une brèche profonde dans la grande falaise; elle reçoit la Sahanavo, le Nosivolo et se jette dans le Mangoro à un jour et demi de la mer. Il est probable qu'elle n'est autre que l'Onive de l'explorateur Foucart.

M. le Capitaine Deleuze a vérifie que la rivière du même nom qui arrose Tsinjoarivo a son confluent avec le Mangoro beaucoup plus au Nord près de Sandranandra et qu'elle porte en ce point le nom de Ranomainty.

Ces rivières grossies par les pluies qui durent encore dans cette région s'étaient transformées en torrents qui ont souvent entravé la marche du détachement.

Le sentier suivi depuis Ambohitsara jusqu'à la brèche de Sandranamby est bon et la main d’œuvre locale suffira pour le rendre praticable en toute saison. Il traverse quelques villages et longe de belles rizières. La région qu'il parcourt est peu accidentée et d'après les renseignements donnés par les indigènes les rivières sont guéables pendant la saison sèche. En outre l'abondance du bois dans la contrée permettra d'organiser aisément des moyens de transport a l'époque des hautes eaux.

De la brèche de la Sandranamby jusqu'à mi chemin d'Ifandra, le défilé bien qu'étroit est très accessible. Au-delà, le sentier s'écarte un peu de la rivière, s'engage sur une ligne de crêtes heureusement choisie et aboutit par une suite de pentes rapides mais courtes à une clairière d'où on découvre Ifandra.

Au Nord du village, une nouvelle ligne de crêtes conduit à Ambodirano où le sentier traverse la Sohatorendrika; de là jusqu'à Tsinjoarivo la route est excellente.

Pendant que M. le Capitaine Deleuze suivait cet itinéraire M. le Lieutenant Lafon a reconnu un autre chemin venant d'Ambohimilanja et qui débouche entre Ifandra et Ambodirano. Après avoir parcouru quelques Kilomètres dans un terrain découvert mais très accidenté, il s'est engagé dans une vallée que coupent de très nombreux cotirs d'eau et à l'entrée de laquelle se trouvent les gisements aurifères autrefois très exploités dandranomena. Le détachement est ensuite descendu par des pentes rapides entrecoupées de nouvelles vallées jusqu'au versant occidental de la forêt. Ce dernier itinéraire est sensiblement plus court que celui d'Ifandra, mais pour le rendre praticable un chemin devrait être aménagé en forêt, sur une longueur de près de 40 kilomètres.

Il semble donc préférable pour le moment d'établir une simple piste de bourjanes entre Tsinjoarivo et Ambohimilanja, village qui est lui-même relié à Andranobé du Mangoro, par un sentier très fréquenté et assez praticable.

M. le capitaine Deleuze a pris des dispositions pour faire aménager par les populations betsimisarakas le passage de la forêt entre Andranomena et Ifandra. Une autre équipe effectuera les travaux nécessaires entre ce dernier village et la Sahatorendrika.

Des postes seront établis prochainement, l'un dans la forêt, à mi-chemin d'Ifandra et de la grande falaise, l'autre a Ifandra même,

Enfin il résulte très nettement de cette reconnaissance que la brèche remarquable de la Sandranamby et la vallée de cette rivière pourraient être aisément mises à profit pour l'établissement d'une route carrossable et même d'un chemin de fer. La rivière décrit en effet une courbe en S qui semble tracée par la nature pour recevoir une voie de communication à pente douce.

Un marché franc sera prochainement créé dans la région; il-sera provisoirement exonéré de tout droit pour encourager les relations commerciales entre le plateau central et la côte.

Malgré les fatigues supportées pendant une longue marche et un parcours de quinze jours en pleine forêt, l'état sanitaire des troupes, qui ont pris part à cette reconnaissance, est excellent.

En résumé, les itinéraires parcourus depuis peu par M. le capitaine Deleuze et les troupes de son secteur ont fourni de précieux renseignements sur la géographie encore peu connue de cette partie de l'île ; ils faciliteront en outre l'ouverture de nouvelles et importantes voies de communications entre la côte et le plateau central.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 14/04/1897

 

TERRITOIRES MILITAIRES

CERCLE DE MORAMANGA

M. le commandant du cercle de Moramanga a rendu compte que les troupes du cercle ont fait depuis quelques jours d'importants progrès dans les régions forestières de la haute vallée du Mongoro.

Dans les derniers jours du mois de Mars et les premiers jours d'Avril, M. M. les Capitaines Brulard et de Châteauneuf ont exécuté de nombreuses reconnaissances offensives, au cours desquelles ils ont détruit plusieurs camps fahavalos et fait une cinquantaine de prisonniers.

A la suite de ces opérations, 150 rebelles de la rive droite du Mangoro ont fait leur soumission à Mandialaza.

Sur la rive gauche, le mouvement de soumission commence aussi à s'accentuer dans le Nord. Le 6 Avril, une centaine d'habitants d'Ambohidray qui avaient tenu la forêt jusqu'à ce jour, sont rentrés dans leurs villages après s'être présentés au Commandant du poste. Ils ont annoncé que d'autres rentrées vont se produire d'ici peu dans d'autres villages encore déserts des environs. Jusqu'à ce jour, la région d'Ambohidray était restée une des plus douteuse de la vallée du Mangoro.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 10/04/1897

 

Secteur du Merimitatra.

Pendant la période du 15 au 31 Mars, tous les efforts des troupes du secteur se sont portés sur la forêt.

Les reconnaissances faites par les postes ont amené la découverte de plusieurs campements fahavalos, qui ont été détruits.

Pour compléter le réseau de surveillance et empêcher les incursions des fahavalos dans la vallée du Mangoro, un nouveau blockhaus a été installé sur la lisière de la forêt, à Antsahalalina.

Ce poste bouche la trouée qui existait entre les blockhaus de la Sahara et de Mararano et marque la limite Sud du secteur.

A la date du 22 Mars, la compagnie Brulard a été renforcée de 45 hommes venant de la 3e compagnie de la légion.

Cette augmentation d'effectif facilitera les opérations contre les débris des bandes de Rabozaka.

 

Secteur d'Analabé.

La situation est calme dans le secteur. Des campements rebelles ayant été signalés à Loarahotriny (Sud-Ouest de Mandialaza), une reconnaissance faite le 18 Mars par MM. les Capitaines de Thuy et de Châteauneuf surprit, pendant la nuit, la bande qui les occupait; 9 prisonniers et quelques fusils sont tombés entre nos mains.

La partie Sud du secteur (Ampasimpotsy, Isafotra, Ambilona) est toujours un peu suspecte et les bourjanes n'y circulent encore qu'avec escorte

 

2e TERRITOIRE MILITAIRE

CERCLE D'AMBATOMANGA

De nouvelles opérations ont eu lieu dans la forêt au Sud d'Ankéramadinika, du 22 au 28 Mars dernier, sous la direction de M. le Chef de bataillon Commandant le cercle d'Ambatomanga.

Une petite colonne concentrée à Imerimandroso, a quitté cette localité le 24 Mars; elle comprenait: 2 officiers et 76 hommes du régiment de tirailleurs algériens, 2 officiers et 40 hommes d'infanterie de marine, un officier et 8 artilleurs avec une pièce de canon.

En même temps, la compagnie Flayelle, qui avait quitté Nosibe le 23, partait de Tsaramanandriana pour aller surprendre les camps rebelles parle Sud.

La marche s'effectue sans incidents jusque vers l'Ambohibe ; le gros de la troupe se rabat ensuite vers le Sud, essayant de passer entre les camps et la forêt pour couper le retraite aux insurgés. Du sommet de l'Ambohibe, l'avant garde découvre un grand nombre de campements établis sur les mamelons et les croupes de ce pays extrêmement coupé, mais découvert.

La compagnie Flayelle aborde les camps par le Sud-Est et tout le monde se porte en avant; une partie du gros marche directement sur les bandes et l'autre partie exécute un mouvement tournant, à l'abri de la montagne. L'ennemi s'enfuit dans toutes les directions et un groupe important parvient à gagner la forêt en suivant le fond d'un ravin. Les troupes campent sur les positions des rebelles; une trentaine de prisonniers et un canon en fer forgé tombent entre nos mains.

Le 25 Mars, M. le Capitaine Tahon détruit! les camps d'Ampitomito et de Mananjary en refoulant les rebelles qui prennent position sur l'Antanamanjaka. M. le Capitaine Ruellan arrivant en même temps sur leur flanc, les deux détachements les attaquent simultanément.

L'ennemi est repoussé de nouveau après une vive résistance.

Le 27 Mars, les rebelles tiennent un grand kabary à un kilomètre au Nord de Fanjaravona et à 2500 mètres des troupes; ils sont dispersés à coups de canon. Le28 Mars,les troupes rentrent dans leurs cantonnements; un détachement de tirailleurs algériens va occuper le blockhaus construit les 24 et 25 à Ambohibazaha, et qui est gardé par l'infanterie de marine.

Deux autres blockhaus sont commencés à cette date; l'un sur le Fanjaravona et l'autre sur l'Antanamanjaka.

En résumé, ces opérations ont produit un effet moral considérable dans cette région, où nos troupes n'avaient par encore pénétré. Elles ont privé les insurgés d'un grand nombre d'abris et d'approvisionnements importants. Enfin, elles ont permis d'installer la ligne des postes définitifs sur la lisière de la forêt. Les routes de Beparasy ont été reconnues pour la première fois; elles seront surveillées par les blockhaus nouvellement élevés, qui pourront être utilisés comme points de ravitaillement.

Celui de l'Antanamanjaka conviendrait parfaitement à l'établissement d'un poste optique: l'on aperçoit de ce sommet Tananarive et Beforona.

M. le Commandant du Cercle d'Ambatomanga a fait établir, à proximité de la lisière de la forêt, une série de blockhaus qui s'échelonnent du Nord au Sud et jalonnent la frontière de l'Emyrne sur la ligne de partage des eaux, entre l'Ikopa et le Mangoro.

Ces blockhaus se succèdent dans l'ordre suivant, en commençant par le Nord: Andrangoloaka, Fanjaravona, Antanamanjaka, Ambohibazaha, Antananarivokely, et Ambatolampy.

Commencés dans les derniers jours de mars, ils sont complètement terminés et occupés depuis quelques jours par les troupes du cercle.

Les blockhaus d'Andrangoloaka et d'Antanamanjaka tiennent les débouchés des deux routes qui se dirigent de l'Emyrne vers Béparasy et qui ont été reconnues à diverses reprises, au cours des récentes opérations exécutées par les troupes du cercle.

Sur la route d'Andrangoloaka à Béparasy, la traversée de la forêt ne durera pas plus deux heures lorsque le chemin aura été débarrassé des nombreux abatis qui l'obstruent.

Les pentes sont beaucoup moins dures que sur la route d'Ankeramadinika à Sabotsy, et il faudra peu de travail pour les rendre praticables aux mulets.

La route d'Antanamanjaka à Béparasy ne traverse que 1.500 mètres de futaie avant de tomber dans la vallée de Lokatsaka, Depuis Ambohidrafito, elle est très bonne jusqu'à la crête du Fanongoavana; elle franchit ensuite deux ravins pour aboutir par une pente assez douce à l'Antanamanjaka. De là, une descente raide de 100 mètres aboutit à une longue croupe mamelonnée qui s'abaisse doucement vers l'Est, formant le versant Nord de l'Ankafona.

Cette croupe, couverte de brousse et de fougères, présente peu de difficulté, mais elle se termine par une descente brusque de 300 mètres en pleine futaie et difficile à améliorer.

Les deux routes de Béparasy offrent cet avantage que dans la partie à l'Ouest de la forêt quelques travaux suffiront pour en faire d'excellents chemins; il suffira, pour les rendre praticables, de réparer les digues et de rétablir les ponts qui ont été enlevés par les crues. Ces deux routes aboutissent à Tananarive en rejoignant celle d'Ambatomanga, où les réparations à effectuer sont de peu d'importance.

Exploitation des bois.—Outre le rôle militaire qu'ils jouent sur les lignes de ravitaillement, les blockhaus nouvellement construits permettront d'exploiter en toute sécurité cette partie de la forêt qui est la mieux située pour l'expédition des bois à Tananarive. Tous sont placés à un kilomètre au plus de la lisière, sur des crêtes d'où la surveillance s'exerce facilement; enfin, c'est de ce côté qu'on rencontre les plus beaux bois de construction.

Jusqu'à ce jour, les anciens chantiers d'Andrangoalaka n'ont pas été rétablis; aucune tentative sérieuse n'a été faite par les colons, qui, pendant la période d'insurrection, avaient été arrêtés par la possibilité des agressions. Aujourd'hui on peut espérer que les blockhaus nouvellement créés amèneront, à bref délai, l'évacuation de la forêt, et par suite la reprise de l'exploitation

Le blockhaus construit à un kilomètre au Nord-Est d'Andrangoloaka, et sur la lisière même, assure, dès à présent, une protection suffisante aux chantiers installés au débouché de la route, vers Ambohiboalavo. On pourrait de même, au blockhaus du Fanjaravona, commencer l'exploitation de la forêt, qui l'entoure sur trois côtés.

Enfin, tous ces blockhaus sont poussés jusque sur la limite Est de l'Imérina, et peuvent être considérés comme faisant partie de la chaîne des postes définitifs.

Secteur du Maroandriana. Deux nouveaux postes ont été créés à Kilimafana et à Amboasary. Le poste d'Ambohitsara, établie le 6 mars, a été transporté à Faliarivo, (1.500 mètres plus au Sud). Enfin, le poste d'Ambohimangakcly, à l'Ouest de la route de Tsinjoarivo, sera transporté incessamment a Andrakalavo, et reconstruit sur la route même.

Secteur du Voromahéry. Le nombre des soumissions s'est élevé à 5.209 pour la période du 20 janvier au 18 mars; 110 fusils de divers modèles et 11 révolvers ont été rendus.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 17/03/1897

 

2e TERRITOIRE MILITAIRE

CERCLE D'AMBATOMANGA

 

Secteur du Vakinampasina.-Sud,


D'après les renseignements fournis par les prisonniers, les camps établis sur la lisière de la forêt se répartissent sur une ligne comprise entre Andranobe, à 8 km au Sud-Est d'Ankéramadinika et un point à 8 km à l'Est de Nosibé.

Ils sont groupés de la façon suivante :
Camp d'Andranobe chef Rasamba

Camps d'Antanikely, d'Ambatolampy, d'Ambatobymandriana chef Raleimanana

Camp d'Andranomadio. — Chef Ratsaramanana

Camp d'Ankanjondamby, d'Anjolaka, de Mahaliana, d'Antsaramaka Chef Ramarokoto

Camp d'Ampotomito chef Razafindravao

Camp d'Ambiaty, d'Ankerana Chef Ramanambololoka

Camp d'Ambavalabe chef-Rainizafilahy

Camp d'Ambohinotompoana, de Mangarano, de Mananjarab Chef Raniangasiloa

L'armement total de ces bandes serait de 2 canons et d'environ 150 fusils.

A diverses reprises, les postes de la région ont poussé des reconnaissances sur ces campements.

Le 10 février, le Lieutenant Randon détruisait le camp d'Ambavalabe ; le 24, le 25 et le 26 février, les camps d'Ambohinotompoana, d'Ankérana et d'Ambiaty ont été surpris et brûlés par des détachements des compagnies Tahon et Flayelle.

Dans la nuit du 26 février, le Lieutenant Dérigoin, de la compagnie Flayelle, a fait prisonnier, dans un village où il était venu passer la nuit, un chef rebelle, Rainizanaka, avec 46 personnes et 3 fusils à tir rapide.

Pendant le jour, les compagnies Tahon et Flayelle détachent des postes volants pour protéger la récolte des belles rizières que les rebelles avaient ensemencées, dans la région comprise entre Lazaina et Nosibé; ces bandes seront bientôt réduites à la famine.

 

Secteur du Voromahéry.

Les bandes de Rainibetsimisaraka et Ramampanjaka, qui s'étaient réunies après les opérations du Capitaine Deleuze contre Rainibetsimisaraka, dans la haute Sahatorendrika, ont fait dans le courant du mois, quelques démonstrations contre les villages soumis du Voromahery.

Une reconnaissance dirigée par M. le Capitaine Deleuze s'est emparé, le 22 février, de leurs camps situés dans la vallée de la Mania. Poursuivi vigoureusement, Rainibetsimisaraka s'est enfui dans le Sud en abandonnant une partie de ses bagages. Le Capitaine Deleuze continue ses opérations et fouille la forêt du Sud au Nord, pour rentrer à Tsinjoarivo.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 03/03/1897

 

2e TERRITOIRE MILITAIRE

CERCLE D'AMBATOMANGA

Pendant que les troupes du cercle d'Ambatomanga prenaient part aux opérations de M. le lieutenant-colonel Hurstel, les postes de la région centrale: Antanalabé, Lazaïna, Ambohimasina, Ambohitromby, avaient été chargés de la protection de la zone pacifiée qui s'étendait entre eux et la capitale.

Cependant, une partie de la population du Sisaony, entraînée par quelques-uns des chefs qui avaient soulevé la province en septembre 1896, s'était réfugiée dans la région de Nosibé-Iharamaiaza. On avait espéré qu'elle se sou- mettrait sans qu'il fût nécessaire d'opérer contre elle; mais les pourparlers entamés à cet effet par M. le capitaine Tahon, comman- dant le poste de Lazaïna, avaient été brusquement rompus.

Sous peine de compromettre les résultats acquis, une action immédiate s'imposait donc contre Nosibé et les bandes de cette région; elle était d'autant plus nécessaire que, dans une petite reconnaissance exécutée le 30 janvier, un soldat d'Infanterie de Marine avait été tué et que sa mort avait été considérée par les rebelles comme un échec pour nos armes. Aussi, dès que sa présence ne fut plus nécessaire sur la ligne d'étapes, où il avait établi un réseau très serré de blockhaus, M. le commandant Drujon prit ses dispositions pour diriger contre Nosibé une attaque définitive.

Le 5 février, il rassemble à Imérinarivo un détachement de la 2e compagnie du Régiment d'Algérie (capitaine Tahon), une section de la 8e compagnie du même Régiment (capitaine Vuillemin), un détachement de Conducteurs Sénégalais et une pièce de 80m/m de montagne, de la section d'Artillerie du lieutenant Charbonnel. En même temps, M. le capitaine Flayelle rassemblait à Ambohimasina une section de sa compagnie (1re de la Légion étrangère), et une section de la 6e compagnie d'Infanterie de Marine, venue du poste d'Ambohitromby.

Enfin, M. le capitaine Deleuze, commandant le secteur de Tsinjoarivo, recevait l'ordre de venir appuyer l'opération par le Sud, avec les forces mobiles de son secteur.

Le 6 février, le groupe formé à Imérinarivo, ne pouvant, par suite d'une forte crue de l'Ikopa, franchir cette rivière sous le feu de l'ennemi, effectue son passage près de l'Andrarankasina et marche sur son objectif par la rive droite. En même temps, le groupe Flayelle dessine un mouvement tournant par le Sud et se prépare à aborder Nosibé par le Sud-Est.

Des groupes nombreux s'enfuient avant que les deux petites colonnes arrivent à portée; mais une bande résolue occupe le village et s'y maintient malgré le feu de l'Artillerie. Au moment où les colonnes d'assaut, établies en face des deux points les plus accessibles de l'enceinte, s'élançaient à l'escalade, elles sont accueillies à bout portant par un feu intense. Le lieutenant Goubeau, de la 2e compagnie de Tirailleurs Algériens, réussit cependant à pénétrer dans le village par le Nord-Ouest, tandis que le capitaine Flayelle et le lieutenant Dérigoin, de la 1re compagnie de la Légion, franchissaient, à l'aide d'échelles, le fosse qui couvrait la porte Est.

Un légionnaire est tué pendant cette dernière attaque, mais après une courte lutte dans les maisons, toute résistance cesse, et la position est définitivement occupée.

Les derniers défenseurs s'échappent par des galeries souterraines qui communiquent avec la campagne environnante.

Un canon enfer forgé, 21 fusils à tir rapide, 4 fusils à pierre et des armes blanches en grande quantité sont trouvés dans le village, où l'ennemi laisse de nombreux morts.

Une poursuite vigoureuse exécutée par les groupes qui n'avaient pas pris part à l'assaut achève de disperser les rebelles, qui s'enfuient vers l'Ikopa; beaucoup s'y noient en cherchant à franchir la rivière à la nage.

Cette opération, dont la population hésitante du pays, massée sur les hauteurs environnantes, avait pu suivre toutes les phases, n'a pas tardé à produire les plus heureux résultats.

Le lendemain, le capitaine Vuillemin parcourait avec une section toute la région située au Sud de Nosibé et ramenait les populations de plusieurs villages qui demandaient à faire leur soumission.

En même temps, le capitaine Flayelle suivait la vallée de l'Ikopa et recevait la soumission de plus de 2.500 individus qui rentraient dans nos lignes avec 600 têtes de bétail.

Enfin, au moment même de la prise de Nosibé, le capitaine Deleuze dispersait une forte bande à lharamalaza; il arrivait peu après à Nosibé, ramenant d'autres soumissionnaires et apportant 10 fusils Remington qui venaient de lui être livrés.

Le 9 février, le commandant Drujon marchait sur Ambohimazina, autre point d'appui très solidement fortifié par les rebelles qui, n'osant le défendre, l'évacuaient après l'avoir incendié.

Les renseignements qui arrivent de toutes parts montrent le découragement des insurgés. Du 9 au 13 février, pendant que le commandant du cercle reconnaissait des emplacements de postes destinés à couvrir la ligne frontière de l'Imerina, entre Tsinjoarivo et Ankeramadinika, le capitaine Vuillemin continuait à battre toute la région, recueillait encore plus de 2.000 soumissions et se faisait livrer 17 fusils à tir rapide.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 27/02/1897

 

ORDRE GÉNÉRAL N° 194

 

Dès la fin du mois de Décembre 1896, les sages mesures administratives des Commandants de cercle, la louable activité de nos troupes et les mesures de bienveillance prises vis-à-vis des habitants simplement égarés dans les rangs des bandes insurgées, avaient amené la pacification de la plus grande partie de l'Imerina.

Les bandes rebelles composées des individus les plus déterminés et. les plus compromis avaient été progressivement refoulées vers les confias de l'Imerina par le réseau de nos postes, et s'étaient réfugiées dans les parties presque inaccessibles du massif central de l'île, persistant encore dans la lutte et retenant par la terreur des groupes encore importants d'habitants, désireux de rentrer dans leurs villages.

Les insurgés des provinces orientales de l'Imerina, poursuivis sans trêve ni merci par les troupes du cercle d'Ambohidrabiby et d'Ambatomanga, bien secondées par les habitants fidèles du pays, s'étaient, notamment cantonnés dans la forêt qui sépare l'Imerina de la vallée
du Mangoro, non loin de la ligne d'étapes; grâce aux difficultés exceptionnelles du pays, ils avaient réussi à s'y maintenir malgré les coups de main répétés dirigé contre leurs campements.

Un nouvel effort s'imposait donc, malgré la mauvaise saison, pour disperser ces rassemblements, les rejeter encore plus au Nord et permettre. à tous les indigènes disposés à se soumettre de réintégrer leurs villages.

Les opérations simultanées du Lieutenant-Colonel Hurstel, au Nord d'Ankeramadinika, du Commandant Drujou, dans la baute valléa de rikopa et du Capitaine Deleuze, dans le pays des Voromahery, ont permis d'obtenir ces résultats et amené la dislocation des bandes les plus importantes de cette région. Plus de neuf mille habitants, hommes, femmes et enfants, sont ainsi rentrés dans leurs villages et les insurgés qui sont restés sourds à nos paroles de pardon ont dû se réfugier plus loin, au cœur même des forêts qui bordent l'lmerina.

En même temps, les troupes des cercles de Babay et d'Arivonimamo out poursuivi jusqu'aux limites du désert Sakalave les derniers insurgés de l'Ouest, et leurs postes sont parvenus aux frontières même du plateau central, où ils vont désormais constituer une ligne infranchissable aux bandes de pillards, tout en surveillant les régions pacifiées.

Les efforts considérables ainsi fournis par tous ont déterminé dans le seul mois de Janvier, sur l'ensemble de l'Imériaa, plus de soixante mille soumissions et la reddition de plusieurs centaines de fusils à tir rapide.

Le Général Commandant le Corps d'occupation est heureux d'exprimer sa satisfaction à toutes les troupes qui ont, pendant ces opérations, rivalisé d'entrain et d'endurance. Parmi ceux qui se sont particulièrement distingués, il cite à l'ordre du Corps d'occupation les officiers,  sous-officiers et soldat dont les noms suivent :

M. le Capitaine Flayelle, Commandant la 1re compagnie du Bataillon de la Légion étrangère :
« A montré une bravoure et un sang-froid digues des plus grands éloges le 6 février 1897. en dirigeant sous un feu très vif l'escalade d'une des portes du village fortifié de Nosibé; a ensuite très habilement dirigé la poursuite des rebelles dispersés dans la vallée de l'Ikopa et a provoqué ainsi plus de trois mille soumissions en deux jours. »

M. le Lieutenant Dérigoin, de la 1re compagnie du Bataillon de la Légion étrangère :
« S'est fait remarquer entre tous le 6 Février 1897 à l'attaque de vive force de Nosibé en dirigeant sous un feu intense le franchissement du fossé de ce village fortifié».

L'adjudant Bétille, de la 1re compagnie du Bataillon de légion étrangère :
« S'est particulièrement distingué les 23 et 29 Décembre 1896 dans les opérations qu'il a dirigées aux environs  d'Ambohimasina contre des bandes rebelles très nombreuses auxquelles il a infligé de grosses pertes et pris de nombreuses armes ».

Le soldat Beruhard, N° Mle 11747, de la 1re compagnie du Bataillon de la légion étrangère :
« A montré le plus brillant courage le 6 février 1897 à l'attaque de vive force du village fortifié d'Anosibé et a été mortellement blessé en tête d'une des colonnes d'assauts. »

Le soldat Chantrieux, N° Mle 13453, de la 2e compagnie du Bataillon de légion étrangère :
« A fait preuve d un courage et d'une énergie dignes d'éloges le 5 janvier 1897, dans une sortie du poste de Balanitra, où il a été mortellement blessé. »

Le Général adresse en outre ses félicitations :

A. M. le Capitaine Deieuze, Commandant la 2e Compagnie du Bataillon de Légion étrangère et le secteur du Voromahery :
« Pour les brillantes qualités militaires dont il a fait preuve, au commencement de janvier 1897, dans la préparation et la conduite des opérations diriges conctre les bandes d'unchefrebelle redouté, auquel il a réussi à enlever de vive force un camp retranché, réputé imprenable parmi les indigènes ».

A M. M, les capitaines Michelangeli du Régiment Colonial, Tanpin et de Chateauneuf-Randon, du Régiment d'Algérie et à M. le Lieutenant Durand, de la 8e Compagnie du Régiment d'Algérie :
« Pour l'entrain et la vigueur qu'ils ont déployés dans les opérations particulièrement laborieuses et délicates exécutées dans la forêt d'Ankeramadinika en janvier et février 1897. »

A M. le Capitaine Pichon et M. le Sous-Lieutenant Vaillant, de la 11e Compagnie de tirailleurs malgaches, et à M. le Lieutenant Lafon, de la 2e compagnie de légion étrangère :
«Pour la vigueur et l'énergie qu'ils ont déployées dans les opérations dirigées au commencement de Janvier 1897 contre les bandes rebelles de Rainibetsimisaraka, dans le secteur de Voromahery. »

Au sergent Brûlé, de la 11e compagnie du Régiment de Tirailleurs Malgaches, au sergent Schneider, de la 2e compagnie de la Légion étrangère, aux caporaux Avanture, de la 11e compagnie de Tirailleurs Malgaches, et Valette, de la 2e compagnie de la Légion étrangère, aux légionnaires Schmitt, N° Mle 13755 et Müller, N° Mle 12943 :
« Pour le brillant courage dont ils ont fait preuve du 5 au 11 Janvier dans le Voromahery au cours des opérations dirigées contre les bandes de Rainibetsimiraka ».

Aux sergents Jaeger et Favier, de la 1re compagnie du bataillon de légion étrangère :
.Pour le sang froid et l'à-propos avec lesquels ils se sont mis en relations le 16 Janvier 1897, près d'Ambohimasina, avec des bandes rebelles nombreuse, parmi lesquelles ils ont réussi à provoquer plusieurs défections ».

Au sergent Aubry, N° Mle 14491, de la 2e compagnie du Bataillon de la Légion étrangère, commandant le poste de Belanitra :
«Pour la rigueur et l'habileté avec lesquelles il a dirigé les 26 et 27 Décembre 1896 la défense du poste de Belanitra attaqué par de nombreux rebelles qu'il a réussi à repousser après une lutte prolongée ».

Au quartier Général, à Tananarive, le21 Février 1897, GALLIENI.

 

1er TERRITOIRES MILITAIRES

CERCLE DE MORAMANGA

Aucun incident ne s'est produit sur la ligne d'étapes. Un service de patrouilles suffit actuellement à assurer la police de la route; néanmoins les convois spéciaux continuent à être escortés.

Au Nord, jusqu'à Analabe, la sécurité est aussi à peu près complète. La région d'Ambohidray est toujours douteuse et plutôt hostile. Un détachement de 15 tirailleurs et 10 miliciens y a été envoyé en reconnaissance pour rechercher et punir les voleurs de bœufs Bétanimènes qui ont été signalés aux environs du village.

Quelques habitants seulement sont rentrés à Ambohidray; les autres sont encore avec la bande d'Andriamihamina, qui occupe la forêt à l'ouest de Mandialaza.

Les pirogues montant à Analabe sont toujours accompagnées par une escorte de quelques hommes.

La ligne Sabotsy-Manakana-Ambelona n'est plus inquiétée.

Un poste a été établi à la sortie Ouest de la forêt sur la route de Merimitatra à Tanifotsy, il comprend : un lieutenant, 6 légionnaires et 33 Sénégalais; un blockhaus occupé par 1 sergent, 4 légionnaires et 8 Sénégalais a été constitué en forêt à mi-chemin entre le poste précédent et celui de Mérimitatra; enfin, un autre blockhaus a été construit dans la vallée de la Mordrano ; il est occupé par 1 sergent, 6 légionnaires et 15 tirailleurs Haoussas.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 20/02/1897

 

2e TERRITOIRE MILITAIRE

CERCLE D'AMBATOMANGA

Secteur de Tsinjoarivo.-Alaluite de l'occupation des postes de Nosibé et Amboimiarina,le chef rebelle Ramampanjaka s'est réfugié avec 150 hommes auprès de Rainibetsimisaraka.

Pour rejoindre ce dernier, il a suivi l'itinéraire suivant : Nosibé, Iharamalaza, Sud d'Antanamalaza, Nord d'Ankafatra, Ambohitrila (Onive),Sabotsy, Anterameno et Ambohimitsara.

La bande de Rainibetsimisaraka étant déjà très éprouvée par la famine, sa siiuation sera rendue plus critique encore par cette augmentation d'effectif.

La compagnie de légion stationnée à Iharamalaza s'est portée dans le sud du Secteur de Tsinjoarivo pour protéger les villages contre les attaques des fahavalos.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 06/02/1897

 

RENSEIGNEMENTS MILITAIRES

CERCLE DE MORAMANGA

M. le capitaine de Thuy, commandant le secteur d'Analabe, signale une grande démonstration des rebelles le 4 janvier et, sur la route de Mérimitatra, une reconnaissance d'Ankonkalava a échangé quelques coups de fusil avec une cinquantaine de Fahavalos.

A l'autre extrémité du secteur, M. le lieutenant Fagneux a été attaqué par des bandes postées sur les deux rives de l'Andrano.

Enfin, à Mandialaza même, la lisière de la forêt a été garnie de Fahavalos, qui n'ont d'ailleurs tiré que de très loin.

 

CERCLE D'AMBATOMANGA

M. le capitaine Deleuze, commandant le secteur des Voromahery, vient de visiter, du 5 au 11 janvier, lavalléedelaSahatorendrika, au Sud de Tsinjolirivo. Dans la journée du 9, il a enlevé un camp retranché deRainibetsimisaraka.

L'occupation du Yoromaherya créé de sérieux obstacles aux entreprises des rebelles. Il leur est devenu difficile de se ravitailler dans le bassin de l'Onive ou dans le massif de l'Ankaratra; d'autre part, leurs relations, autrefois continuelles avec les bandes du Nord, se trouvent, sinon complétement interrompues, du moins considérablement gênées par la présence de nos troupes.

A ce dernier point de vue, la création récente du poste de Belanitra, qui barre une des routes du Nord les plus fréquentées, a porté à l'influence de Rainibetsimisaraka un coup particulièrement sensible.

Aussi, quelques jours après l'installation de ce poste, vint-il, à deux reprises, les 26 et 27 décembre, l'attaquer en personne. Le 2 janvier, il tente un nouveau coup de main sur Belanitra et ne se décide à la retraite qu'à l'arrivée d'un renfort envoyé par le poste de Tsinjoarivo.

Enfin, il avait ouvertementdéclaré « qu'ayant besoin de fusils à tir rapide et de cartouches, il voulait les prendre aux tirailleurs malgaches de Belanitra, Betsiléos de nouvelle levée, dont il espérait provoquer la fuite et la désertion ».

Une offensive vigoureuse était nécessaire pour mettre fin à ces tentatives et pour assurer définitivement la sécurité du poste de Belanitra.

Des renseignements certains avaient appris au commandant du secteur du Voromahery que les bandes de Rainibetsimisaraka étaient établies sur la lisière de la grande forêt, non pas sous des huttes provisoires ou dans des camps volants, mais à l'abri de véritables ouvrages de fortification, renfermant des habitations relativement confortables.

Ces installations permanentes étaient un véritable défi à notre influence dans la région; elles appelaient une action offensive qui devait comporter d'abord l'enlèvement, puis ensuite l'occupation, par un poste, de ces citadelles réputées inexpugnables, où le chef rebelle abritait son prestige et son autorité.

La première partie de ce programme vient d'être remplie par M. le capitaine Deieuze.

Le 5 janvier, cet officier quitte Tsinjoarivo. Rainijafinjonary, gouverneur du Vorornahcry, marche avec lui.

A Belanitra, où il arrive à 11 heures, il repousse une attaque contre le village. Dans cette escarmouche, le légionnaire Chantrieux est tué d'une balle au coeur au début de l'action.

Le 3 janvier, à 5 heures 45 du matin, il se renforce des détachements d'Anjamanga et de Bélanitra et se met en marche vers le Sud.

Les cantonnements sont pris a Bevahana et à Béronono; ces deux villages forment des postes avancés de la défense du camp de Rainibetsimisaraka, qui ajjparaît à 15 kilomètres à l'Est, sur la lisière de la grande forêt.

Le lendemain, 7 janvier, le capitaine Deleuze, avec 5 officiers et 183 hommes de troupe, continue sa marche vers le Sud pour dépasser franchement les ouvrages des rebelles, les tourner par l'Est, et les attaquer ensuite par la gorge, en barrant aux défenseurs leur ligne
de retraite naturelle.

La route suivie est assez pénible, surtout à la traversée de la Sahatorendrika, dont le lit est coupé de nombreuses cascades qui rendent le passage périlleux pendant la saison des pluies. Une bande établie sur les hauteurs de la rive opposée tire sur l'avant-garde et le convoi. Malgré ces difficultés, le passage est terminé à 1 heure et demie et, à 3 heures, le bivouac est établi sous bois. Les positions ennemies ne sont plus qu'à 8 kilomètres, et on distingue à la lunette tous les mouvements des groupes dans les ouvrages ou aux environs.

Le 8 janvier, le départ a lieu à 5 heures du matin par une brume épaisse. A 7 heures 30, la petite colonne arrive au pied du Vohitropiana, où ellecantonne. Les rebelles occupent les crêtes voisines; une grande animation semble régner à proximité de leur camp. Un petit poste est établi pour la nuit au sommet du Vohitropiana. Le commandant de la colonne l'installe lui-même et arrête les dispositions définitives pour le lendemain.

Dans la journée, les escarmouches se succèdent; vers 2 heures, un tirailleur malgache, Rafaralahy, est atteint d'une balle Snider dans la région lombaire. A 4 heures, une vive fusillade éclate contre les postes établis à l'Ouest du Vohitropiana. Les deux lignes se sont rapprochées à portée de la voix et les Malgaches s'interpellent en échangeant des balles; le feu cesse un peu avant la nuit.

Le 9 janvier, la colonne quitte son cantonnement à 5 heures. Elle suit, sous bois, un sentier ouvert la veille à la serpe; au bout d'une heure, elle débouche à la lisière et s'y reforme sous la protection du poste du Vohitropiana qui occupe, depuis le matin, l'attention des rebelles. Un mamelon isolé, détaché du massif de la forêt et situé à 1.500 mètres au Sud-Est du grand fort, est pris comme premier objectif et attaqué par deux colonnes d'une section chacune, soutenues par une réserve de deux sections. Il est enlevj après une demi heure de fusillade; pendant cette attaque, qui a été conduite par M. le capitaine Pichon et M. le sous-lieutenant Vaillant, le tirailleur malgache Ramasy est blessé d'une balle au genou.

Le mamelon occupé, les ordres sont donnés pour la préparation de l'attaque décisive: une moitié de la colonne, avec laquelle marchent MM. les capitaines Deleuze et Pichon, doit se diriger au Nord-Est pour aborder le fort par la face Sud; l'autre moitié, commandée par M. le lieutenant Lafon, doit, sous la conduite d'un guide, faire un détour vers l'Est pour atteindre le fort à la gorge et eu surprendre l'entrée.

Le mouvement commence à 10 heures. Vers 11 heures 20, le groupe Lafon rejoint le détachement principal à 150 mètres seulement du fort; les rebelles ne se doutent de rien et usent leurs cartouches à tirailler à grande distance sur l'escorte du convoi.

A 11heures 50, la marche est reprise par tous les groupes, qui comprennent 45 légionnaires et 95 tirailleurs. On avance avec une précaution extrême et, pour éviter tout bruit, l'usage de la serpe est interdit.

Des observateurs, placés sur des arbres élevés, signalent le grand fort à 80 mètres à peine.

Deux sections d'assaut sont formées, le reste de la troupe est tenu en réserve. L'attaque est favorisée par une violente piuie d'orage, qui empêche les défenseurs d'entendre le bruit de la marche d'approche et de distinguer les mouvements de la colonne.

Dès que la troupe est à bonne distance, la baïonnette est mise au canon; quelques feux de salve sont tirés sur l'ouvrage et la charge sonne. Les deux sections, ayant tous les officiers en tête et suivies à petite distance par la réserve, se précipitent dans 1-J fort, dont les derniers défenseurs, complètement affolés, sautent du parapet sur les glacis et s'enfuient dans les broussailles, en abandonnant leurs armes.

Un détachement mixte, commandé par M. le lieutenant Lafon, est dirigé sur deux autres ouvrarges voisins, qu'il trouve évacués à son arrivée.


Les trois ouvrages abandonnés par les rebelles sont établis sur des croupes du massif de l'Ambohimitsara, qui limite à l'Est le bassin de la Sahatorendrika. La grande forêt est assise sur ce massif et la rivière coule à une distance moyenne de 4 kilomètres des crêtes.

Les forts sont à une altitude d'environ 1.800 mètres et dominent de près de 100 mètres le cours de la Sahatorendrika. Ils découvrent tout le Vohimena, le massif d'Ambolobe, ainsi que le vaste plateau qui s'étend au Sud de ces hauteurs.

Le grand fort était défendu par Rainibetsimisaraka lui-même; il contenait 94 cases pouvant loger de cinq à six cents porsonnes.

Les deux autres, de moindre importance, étaient commandé par Ramandronarivo et Rahamelona.


Le lendemain, 10 janvier, la colonne se met en route à 5 heures par un temps clair, pour remonter vers le Nord. Après une marche de 8 kilomètres, elle pénétre vers 8 heures 45, dans un quatrième fort abandonné par ses défenseurs, et qui forme un poste avancé de la position enlevée la veille.

Dans la journée, un troupeau de boeufs est pris aux rebelles et, vers 5 heures du soir, après avoir de nouveau traversé la Sahatorendrika, la colonne arrive àAmpohipolo, où elle cantonne. Toute la population de la vallée, entassée dans le village pour se mettre sous notre protection, accourt à la rencontre de la troupe et témoigne sa joie de l'échec qui vient d'être infligé aux brigands qui la terrorisent et la pillent depuis longtemps.

Le lendemain, 11 janvier, les divers détachements regagnent définitivement leurs cantonnements habituels; le commandant de la colonne rentre à Tsinjoarivo avec le docteur Bonnefoy et les blessés.


Au cours de ces diverses opérations, les rebelles ont éprouvé d'assez grosses pertes, dont le chiffre est difficile à évaluer, mais parmi lesquelles il faut compter Rainizakavony et Rainibarimanamizako, lieutenants de Rainibetsimisaraka, tués tous deux à l'attaque de Belanitra.

Le prestige de Rainibetsimisaraka a subi une atteinte des plus sérieuses dans un pays qu'il considérait comme son fief et qu'il terrorisait depuis longtemps;aussi, dès le retour de la colonne, un mouvement de rentrée a commencé à se produire dans les principaux villages de la région.

Le poste de Belanitra est maintenant dégagé, et on peut le croire pour longtemps à l'abri de toute nouvelle tentative d'enlèvement de la part des rebelles.

Les tirailleurs malgaches du nouveau recrutement ont vu le feu pour la première fois et se sont sont très bravement comportés.

Enfin, les chefs indigènes ont marché avec nous, non-seulement sans arrière-pensée, mais encore avec entrain et dévouement. Ils nous ont donné ainsi une preuve réelle de fidélité, dont il leur sera tenu compte.

En résumé, les opérations du capitaine Deleuze dans le Voromahery auront pour résultat essentiel de ramener les habitants dans une région qui, jusqu'à ce jour, appartenait sans conteste à Rainibetsimisaraka et à sa bande.


LA PACIFICATION de MADAGASCAR (Opérations d'octobre 1896 à Mars 1899)

 

Opérations du capitaine Deleuze.

Conformément aux instructions du commandant du cercle, la garnison d'Ankafotra envoya, le 24 décembre, un détachement occuper Antanamalaza sur la route de Tsiafahy ; le 31 décembre, le poste d'Ankafotra, devenu inutile, était supprimé ; sa garnison allait renforcer celle d'Aiitanamalaza.

Il était à supposer que Rainibetsimisaraka ne tarderait pas à inquiéter les postes les plus voisins de ses camps de la forêt.

Effectivement, dès le 26 décembre au soir, il attaquait avec 450 hommes, dont 80 armés de fusils, Belanitra, défendu par 12 légionnaires et 20 tirailleurs malgaches.

Le chef de poste, le sergent Aubry, les maintint à bonne distance par ses feux de salve, puis, prit l'offensive le 27 au matin et les mit en fuite. Le mouvement de recul des assaillants fut également déterminé par une diversion faite par un détachement venu de Tsinjoarivo; le sergent Aubry avait, en effet, pu envoyer un émissaire au commandant du secteur pour le prévenir de l'attaque iimminente qui menaçait Belanitra.

Le 2 janvier, le poste fut attaqué de nouveau, la sécurité de Belanitra exigeait donc une offensive vigoureuse contre
le chef rebelle.

Le capitaine Deleuze se rend à Belanitra le 5 janvier; son arrivée coïncide avec une nouvelle attaque des rebelles qui sont repoussés et poursuivis.

Après avoir recueilli des renseignements sur la position occupée par les rebelles sur la lisière de la forêt, le capitaine Deleuze donne ses ordres pour la réunion d'une petite colonne (capitaine Pichon : 59 légionnaires, 124 tirailleurs malgaches), constituée au moyen de détachements prélevés sur les garnisons des postes.

Le plan adopté par le commandant du secteur consistait à descendre vers le sud, en débordant la position de l'ennemi; puis à pénétrer dans la foret, à se rabattre sur les derrières des camps fortifiés, de manière à tourner leurs défenses dirigées du côté de l'ouest.

Le 7 janvier, la petite colonne se met en route, passe la Sahatorendrika à gué (1m, 50 de profondeur) et arrive le 8, au matin, près du sommet d'un piton appelé Yohitrompiana.

Le capitaine Deleuze en fait l'ascension pour examiner les environs; un grand camp fortifié (1) est visible à 2 kilomètres au nord-est, il est à la lisière de la forêt, séparée elle même par une clairière du mamelon du Vohitrompiana.

La colonne bivouaque auprès du mamelon, et le lendemain matin, pendant qu'un poste, installé sur le sommet, attire l'attention des rebelles, la partie principale de la colonne franchit la clairière et s'avance en suivant deux cheminements frayés à la hache et à la serpe sur les derriières du camp n° 4. Elle arrive ainsi, vers midi, tout près du camp, sans que la marche ait été éventée par l'ennemi ; une grosse pluie dorage assourdissait le bruit pendant le débroussaillement.

L'assaut est donné : le petit détachement se précipite dans le camp qui n'avait aucune défense du côté de la forêt, et que les défenseurs évacuent précipitamment.

Les forts n° 2 et 3 sont occupés peu après sans coup férir : les rebelles, démoralisés par la prise du grand camp, les avaient évacués.

Le fort n° 4 qui abritait Rainibetsimisaraka, et contenait en outre 94 cases pouvant loger de 5 à 600 personnes, était défendu vers l'ouest seulement par 3 étages de parapets.

Le lendemain, la colonne se dirige vers le fort n° 1 , situé plus au nord, et le trouve évacué. La poursuite, organisée aussitôt, fait tomber entre nos mains un troupeau d'une centaine de têtes.

La colonne rentre à Belanitra ce jour-là et est disloquée.

Le général commandant le corps d'occupation fit observer au capitaine Deleuze que cette opération, parfaitement menée d'ailleurs, aurait dû être consacrée par l'établissement d'un poste destiné à surveiller la lisière ; faute de ce poste, Rainibetsimisaraka revint peu de temps après la réoccuper.

A la fin de janvier et en février, des reconnaissances et des petites opérations furent entreprises dans le nord du secteur en vue de la liaison avec le reste du cercle d'Ambatomanga.

Rentré à Tsinjoarivo le 18 février, le commandant du secteur apprend que le chef Ramampanjaka, qui opérait jusque- là au nord, est allé rejoindre Rainibetsimisaraka dans la forêt, au sud-est de Belanitra.

Malgré les fatigues imposées aux troupes par les dernières opérations, il n'hésite pas à leur demander un nouvel effort pour marcher contre les deux chefs rebelles dont la réunion constitue un danger pour la sécurité du secteur.

Le 20 février, il réunit à Morarano une petite colonne ainsi composée :
45 légionnaires ;
100 tirailleurs malgaches ;
60 miliciens d'Antsirabé (Garde Hourcade).
Partisans.

Des renseignements faisaient connaître que les rebelles occupaient la lisière de la forêt à 10 kilomètres au sud du Vohitrompiana.

Le 21, on arriva au contact i\c llainibetsiniisaraka. ([ui s'enfuit en laissant entre les mains des « partisans » une partie de ses bagages. Les espions racontèrent qu'il avait battu on retraite dans la direction du sud, pendant que Ramampanjaka prenait la direction opposée.

Le capitaine Deleuze poursuivit le premier des deux chefs, et le capitaine Pichon, l'autre.

Comme, avant de quitter Morarano, le commandant du secteur avait pris la précaution de faire rassembler toutes les pirogues près des postes, afin d'enlever aux rebelles le moyen de franchir les rivières, et qu'une ligne de postes volants avait été tendue entre Belanitra et Anjamanga, un certain nombre de rebelles furent faits prisonniers.

Ces résultats auraient été certainement plus considérables encore, si le commandant du secteur avait sanctionné l'opération par l'occupation effective du pays au moyen d'un ou deux postes ou blockhaus.

L'observation lui en fut faite par la lettre ci-après :

Tananarive, le 3 1 mars 1897.

A Monsieur le Colonel commandant le 2e territoire MILITAIRE.

J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre lettre n° 515 du 21 mars courant, relative aux opérations du capitaine Deleuze dans le sud du Voromahéry.

Je vous prie de vouloir bien faire parvenir à cet officier la lettre ci-jointe, dans laquelle, tout en le félicitant de l'activité qu'il a déployée et des succès incontestables qu'il a obtenus, j'appelle à nouveau son attention sur la nécessité de consacrer ses succès par l'occupation effective de la zone conquise sur les bandes insurgées.

Il faut reconnaître d'ailleurs que, grâce à ses efforts, la situation d'ensemble de son secteur est satisfaisante. Il vous appartient de lui donner des instructions pour l'améliorer encore, en créant de nouveaux postes judicieusement placés pour surveiller efficacement les débouchés de la grande forêt et se relier aux postes de milice qui ont dû être installés par M. le résident Besson dans le bassin supérieur de la Mania,

Pour en finir avec Rainibetsimisaraka, il faut, à mon avis, combiner contre lui une opération convergente entre les troupes de votre territoire et celles de M. le commandant Noël, d'une part, et les forces de milice de M. le résident Besson, d'autre part.
Gallieni.
 
 
Tananarive, lu 31 mars 1897.

AU CAPITAINE COMMANDANT LE SECTEUR DU VOROMAIIERY TSINJOARIVO.

J'ai lu avec intérêt le rapport que vous avez établi à la suite de vos opérations du 18 au 26 février dans le sud de votre secteur.

Je vous adresse mes félicitations pour l'activité et l'intelligence dont vous avez fait preuve pendant les mois de janvier et de février dans la poursuite des bandes rebelles de Rainibetsimisaraka et Ramampanjaka. Il n'est pas douteux que vous n'ayez porté de graves atteintes à leur prestige et que vous n'ayez contribué ainsi, dans une large mesure, à affermir notre autoiité sur les populations de votre secteur.

Je crois toutefois devoir vous rappeler les observations qui terminaient ma lettre du 19 février.

Il eût été sans doute avantageux, pour consacrer le succès obtenu, d'occuper effectivement le terrain conquis sur l'ennemi ; c'eût été le plus sûr moyen d'empècher les chefs rebelles de s'y installer et d'y reconstituer leurs bandes, en recommençant à puiser des approvisionnements dans les régions qui ne sont pas sous la surveillance immédiate de vos chefs de poste.

En particulier, il semble que vous auriez dû procéder à la création d'un poste marquant l'extrême frontière de l'Emyrne, au sud et au sud-est de Bibisy, et surveillant tout le groupe des sentiers habituellement suivis par les chefs de bande pour passer de la vallée de la Sahatorendrika dans celle de la Mania ou de la rivière de Mananjary. Vous auriez peut-être réussi ainsi à interdire définitivement l'accès de votre territoire aux bandes de Rainibetsimisaraka.

Vous recevrez des instructions de M. le connnandant du cercle d'Ambatomanga au sujet de l'organisation de toute cette partie de la ligne frontière de l'Emyrne et de la liaison à établir le plus tôt possible, de ce côté, avec les postes de milices que M. le Résident Besson doit créer dans la haute vallée de la Mania pour protéger les poipulations de cette contrée nouvellement placée sous son autorité. Mais j'ai tenu à vous faire connaître, une fois de plus, ma manière de voir sur la consécration à donner, en principe, à toutes les opéralions dirigées contre les bandes rebelles.
Gallieni.

 

Installation de nouveaux postes dans le sud du secteur.

Conformément aux ordres qui lui avaient été donnés, le capitaine Deleuze étendit l'occupation vers le Sud, en installant, du 12 au 15 avril, trois nouveaux postes à Ifandra, Analaniva, Anibodifiakarana. Ce dernier poste surveillait le Fisahana (1); les deux autres étaient destinés à bloquer les rebelles dans la forêt.

Le lieutenant Comiot, commandant le poste d'Ambodifiakarana, apprit, le 16 avril, par un prisonnier, que Ramanipanjaka avait un camp à deux heures à l'est du poste.
Il se met en route pour l'attaquer, le 18 avril, à 2 h. 1/2 du matin, avec lo légionnaires et 5 tirailleurs. A l'aube, le petit détachement arrive sur le camp ennemi et l'enlève à la baïonnette sans tirer un coup de fusil. Les rebelles s'enfuient, laissant sur le terrain 4 cadavres et 15 fusils.
Le capitaine Deleuze se porte aussitôt avec une cinquantaine de fusils à Anibodifiakarana, afin de poursuivre le succès du lieutenant Comiot. Le 26, les rebelles sont de nouveau surpris; on fait 6 prisonniers; Rainibetsimisaraka, en personne, essuie, à 6 mètres, le feu de deux légionnaires et ne doit son salut qu'à une fuite rapide.

Le 27, Ramanipanjaka, cerné, mourant de faim, se rend sans conditions, avec 8 hommes, 31 femmes et enfants.

Le 11 mai, Rainimanganoro se présente au poste d 'Anibodifiakarana avec 36 de ses partisans, et déclare « qu'il vient « lui et ses gens, se mettre au service du gouvernement, et qu'il désire faire effacer ses crimes comme la vague emporte l'eau de la mer ».

Ainsi, l'installation des nouveaux postes avait, en moins d'un mois, amené la soumission de deux des principaux chefs rebelles de la région; bloqués dans la forêt, réduits à un état de misère extraordinaire, il ne leur restait plus d'autre ressource que de mourir de faim ou de se soumettre sans conditions. Seul, Rainibetsimisaraka tenait encore la campagne avec un tout petit nombre de partisans; son prestige était trop affaibli par les échecs répétés qu'il avait subis pour qu'on put craindre encore de sa part des entreprises capables d'entraîner des conséquences graves pour la pacification du secteur. Néanmoins, son nom représentait un des derniers souvenirs de la réljellion ; il était indispensable de se saisir de lui ou daincner sa soumission par l'entremise des émissaires.

Afin d'assurer l'unité d'action dans la région servant de refuge au chef rebelle, le général donna momentanément, au capitaine Deleuze, autorité sur les troupes et milices stationnées dans les régions du Fisakana, d'Anibohimilanja et d'Ambohimanga.

Le Résident de Fianarantsoa , le Résident de Mananjary, le commandant du cercle de Moramanga furent informés de cette disposition.

Mais l'attention du commandant du secteur du Voromahéry fut pendant quelque temps détournée d'un autre coté, à la suite des nouvelles arrivées d'Ainbohimanga du Sud.


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