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Légionnaire toujours...

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Un R.M.L.E. à Madagascar dans les années 1900... (1896)

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Pour que l’oublie ne se creuse au long

des tombes closes, pour qu’ils ne soient

pas morts, pour une chose morte.

 

LA PACIFICATION de MADAGASCAR (Opérations d'octobre 1896 à Mars 1899)

 

INSTRUCTIONS DU 17 DÉCEMBRE LAISSEES PAR LE LIEUTENANT-COLONEL BORBAL-COMBRET AU CAPITAINE DELEUZE

Le capitaine Deleuze est nommé commandant du secteur du Voromahéry qui fait partie du cercle d'Âmbatomanga.

Sous la direction du commandant de cercle, il exercera son autorité sur tout le pays du Voromahéry.

Les limites de ce secteur ont été indiquées dans le croquis de l'état-major, mais elles sont très approximatives et il appartiendra au capitaine Deleuze de les fixer d'une façon certaine, en recueillant sur place des renseignements près des habitants et des gouverneurs de village.

Au point de vue politique, il devra traiter les habitants avec douceur et s'en servir pour faire rentrer dans le devoir ceux qui sont encore avec les rebelles.

Il s'attachera à leur faire comprendre que nous resterons toujours dans le pays et que notre protection sera accordée à ceux qui nous seront fidèles.

Pour toutes les questions d'impôt, de justice, écoles, religion, etc.. il recevra ultérieurement du commandant du cercle copie des décisions et arrêtés y relatifs.

Au point de vue militaire, il aura à surveiller étroitement : d'une part les bandes du Nord qui ont pour chef principal Ratsizehena et occupent le pays de Manarintsoa et Nossi-Bé ; d'autre part, les bandes du Sud qui obéissent à Rainibetsimisaraka et circulent dans la vallée de la Sahatorendrika. Avec les forces qui ont été mises à sa disposition, et qui s'élèvent à plus de 350 hommes, il devra interdire à ces bandes l'accès de la vallée de l'Onivé et de ses affluents des deux rives jusqu'à Tsinjoarivo.

Les habitants du pays sont braves et ne demandent qu'à marcher. Il utilisera leur bonne volonté et les emploiera soit pour le service de surveillance des postes, soit pour l'exploration. Il pourra demander pour quelques-uns d'entre eux des fusils que lui enverra le commandant du cercle.

Tout en gardant dans les postes principaux une force suffisante pour agir vigoureusement à l'extérieur, il n'hésitera pas à former de petits détachements de quelques hommes qui, placés dans certains villages judicieusement choisis, soit en raison de leur importance, soit parce qu'ils sont la résidence de chefs influents,contribueront à faire rentrer les habitants et à assurer notre domination dans le pays.

Un de ses premiers soins devra être de se relier, par Antanamalaza, avec Amboliitromby.

C'est par cette route, qui est généralement bonne, que se feront les ravitaillements du secteur.

Il étudiera aussi le chemin qui, partant de Tsinjoarivo, se dirige sur le bas Onivé par la montagne d'Ambohitrokolohahy et sur lequel, à une distance movenne de 40 kilomètres commence la région Betsimisaraka.

Il entrera par cette voie en relations avec les peuplades betsimisarakas qui n'ont jamais été hostiles à la cause française et pourront lui être d'un grand secours contre les bandes de brigands qui trouvent refuge dans la forêt.

Le capitaine Deleuze aura plus tard auprès de lui comme adjoint un fonctionnaire indigène du rang de sous-gouverneur, qui relèvera, par son intermédiaire, du gouverneur principal du cercle d'Ambatomanga, de même que lui relève du commandant de ce même cercle.
BORBAL-COMBRET.
 

Création du 1er territoire militaire.


Ce groupement allait permettre, en particulier, de donner une direction d'ensemble aux battues dans la forêt et de régler, pour les rendre concordants, les mouvements des troupes postées sur les deux lisières, et appartenant à deux cercles différents. Le chef-lieu du territoire était placé à Tanifotsy, pour les motifs cjuiont été donnés plus haut; mais avant d'aller s'y installer, le colonel Combes tint à diriger lui-même une opération combinée dans la forêt à hauteur d'Ambohitandraina.

A cet effet, il rassembla, le 6 décembre, à Ambohitandraina : un peloton de tirailleurs sénégalais et un peloton de tirailleurs malgaches, et prescrivit au capitaine de Thuy de s'établir avec un détachement de légionnaires et de Haoussas aux débouchés de la forêt sur la lisière est, en face d'Amboliitandraiiia.

PACIFICATION DU CERCLE d'AMBOHIDRABIBY

Le capitaine de Thuy, commandant la 3e compagnie du bataillon de légion, venait d'arriver dans le cercle de Moranianga.

Dans la nuit du 7 au 8 décembre, un peloton de cette compagnie fut assailli au bivouac par un groupe de rebelles audacieux qui, profitant de l'obscurité, se glissèrent entre les sentinelles et arrivèrent jusqu'aux tentes.

Un combat corps à corps s'engagea, au cours duquel six légionnaires furent blessés à coups de hache et de sagaie.

Le lendemain, le capitaine de Thuy faisait sa jonction avec le colonel Combes.

Cet officier supérieur était parti d'Ambohitandraina et avait traversé la forêt, le 7 décembre, en combinant sa marche avec celle du lieutenant Quintard, de la 10e compagnie haoussa.

Au cours de la marche, un seul homme fut grièvement blessé; on n'avait d'ailleurs rencontré que de toutes petites bandes rebelles.

Le colonel Combes donna sur place des instructions détaillées pour l'occupation de la rive droite du Mangoro et de la lisière orientale de la forêt jusqu'à Mérimitatra inclus.

Organisation de Tanifotsy.

Le centre du 1er territoire militaire avait été placé à Tanifotsy, à l'entrée de la forêt, sur la route d'Ambatondrazaka, pour permettre au colonel Combes d'exercer personnellement une vive impulsion à la dispersion des bandes de Rabozaka et de Rabezavana, et à la liaison entre les cercles de Moramanga, d'Ambohidrabiby et d"Ambatondrazaka.

Tanifotsy se trouvait très en l'air : le premier soin du colonel Combes fut d'en faire une base d'opérations et de ravitaillement très solide, bien reliée au sud avec Tananarive, au nord-est avec Ambatondrazaka, au sud-est avec Mérimitatra (cercle de Moraiiianga).

Cette base servirait de dépôt à une force mobile apte à se porter dans toutes les directions.

Le commandant du 1er territoire s'installa à Tanifotsy le 18 décembre seulement, il y avait été précédé par le commandant Mougeot, qui avait commencé l'organisation d'un camp pour deux compagnies (2e sénégalaise et 2e malgache) et une section d'artillerie.

Le principe appliqué pour la construction du camp de Tanifotsy, comme pour celle des autres postes, fut d'y organiser un réduit susceptible d'être défendu par un faible détachement, afin de pouvoir employer la majeure partie de la garnison à des opérations extérieures.

A Tanifotsy, c'était la partie du camp réservée aux officiers qui constituait le réduit. Tout le camp était entouré d'une palissade défensive.

Deux mamelons, qui commandaient le camp à petite distance, furent occupés par deux blockhaus, dont le plus important fut armé avec la section d'artillerie.

Liaison de Tanifotsy avec Tananarive.

Analabé avait été occupé le 6 décembre, Anjozorobé le fut le 10.

La liaison de Tanifotsy avec Anjozorobé fut assurée par deux blockhaus : les Roches plates et Ampamoizankova.

L'expérience ayant fait reconnaître que la distance entre Analabé et Anjozorobé était trop considérable, un blockhaus fut construit, au commencement de février, à Nossi-Yola, afin d'assurer la sécurité des convois.

Une ligne optique fit communiquer Tanifotsy avec Tananarive; mais la mauvaise saison rendit les communications fort précaires ; même quand il ne pleuvait pas, les postes optiques installés sur des pitons étaient le plus souvent dans le brouillard. Néanmoins, cette ligne rendit quelques services.

Liaison avec Ambatondrazaka.

Sur l'autre lisière de la forêt, à 7 ou 8 kilomètres de Tanifotsy, Mandanivatsy est le premier village dépendant du cercle d'Ambatondrazaka.

Un blockhaus fut construit sur l'Ambaravarambato, piton élevé, situé à mi-distance entre Tanifotsy et Mandanivatsy.

Ce blockhaus servit en môme temps de poste de surveillance et de poste optique.

Quant à Mandanivatsy, il ne fut occupé qu'au retour d'un détachement envoyé à Ambatondrazaka, sous les ordres du capitaine Michard (1), pour porter au commandant Rouland les instructions du colonel Combes et ramener un convoi de boeufs et de riz. Le capitaine Michard, parti de Tanifotsy le 12 janvier, y rentra le 21. Antanimenakely fut occupé par le commandant Rouland à la fin du même mois.

Liaison avec Merimitatra.

Merimitatra est de l'autre côté de la forêt, à une dizaine de kilomètres au sud-est de Tanifotsy. Le capitaine Brulard, commandant la 4e compagnie de légion, s'y installa le 25 décembre avec un peloton de sa compagnie et un peloton de Haoussas, après avoir dirigé dans la forêt une série de reconnaissances pour en chasser les rebelles. Il se relia avec Tanifotsy par deux blockhaus.

Il se soudait dans la direction du sud avec le capitaine de Thuy, qui, installé de sa personne à Mandialaza, avait des postes à Betafo (15 kilomètres au nord de Mandialaza) et Ambohibato, au débouché du sentier qui conduit d'Ambohidratrimo (cercle d'And)oliidrabiby) à Analabé, sur le Mangoro

Le capitaine Brulard commandait le secteur de Merimitatra, le capitaine de Thuy le secteur d'Analabé ; ces deux officiers avaient reçu du colonel Combes la mission de surveiller étroitement la lisière de la forêt et le pays jusqu'au Manaoro, d'arrêter les individus et les bandes sortant de la foret et de provoquer ou faciliter la rentrée des habitants paisibles ou fatigués de la lutte.

De toutes les troupes blanches qui participèrent à la répression de l'insurrection, les 3e et 4e compagnies de légion furent certainement celles qui eurent le plus à souffrir des rigueurs de l'hivernage et de l'insalubrité du climat. La vallée du Mangoro est une des régions les plus malsaines de Madagascar; en outre , les difficultés du ravitaillement furent considérables, surtout pour la compagnie Brulard, qui était la plus éloignée de Moramanga.

Les approvisionnements étaient transportés le long du Mangoro, partie par des bourjanes, partie sur des pirogues ; mais les pluies extrêmement violentes du mois de janvier 1897 amenèrent des inondations qui isolèrent totalement certains postes pendant plusieurs jours consécutifs et c[ui compromirent un moment leur ravitaillement.

Plusieurs d'entre eux, pendant quelque temps, ne purent être ravitaillés que par des hommes traversant à la nage les rivières et marais qui les entouraient.

Les privations, jointes aux fatigues des opérations militaires que n'interrompit jamais la mauvaise saison, causèrent un déchet considérable dans les deux compagnies, la 3e particulièrement, dont plus de 50 p. 100 de l'effectif était indisponible au mois de février.

Mais l'énergie des officiers et le moral de la troupe permirent quand même de venir à bout de la tâche qui avait été assignée à ces unités.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 19/12/1896

 

NOUVELLES ET INFORMATIONS

CERCLE D'AMBATOMANGA

M. le Lieutenant-Colonel Borbal-Combret est parti de Behenjy le 1er décembre pour aller installer la 2e Compagnie de légion àTsinjoarivo.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 16/12/1896

 

SITUATION GÉNÉRALE.

La situation militaire s'est très notablement améliorée dans son ensemble depuis, quelques semaines. La zone repeuplée et à peu près tranquille s'étend maintenant jusqu'à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest, à l'ouest et au nord-ouest de Tananarive, et jusqu'à quarante kilomètres au moins dans les autres directions. Bien qu'il soit encore imprudent de voyager sans escorte, les attaques sur la ligne d'étapes ont cessé depuis que de nombreux blockhaus occupent tous les points dangereux de part et d'autre de la route.

Les bandes rebelles, affaiblies par de nombreuses défections, sont rejetées dans les parties peu peuplées des limites de l'Imérina et dans la forêt qui sépare l'Imérina de la vallée du Mangoro.-Mais ces derniers rebelles, irréductibles,sont plus tenaces et plus courageux que ceux des grandes bandes avaient que nos troupes à combattre il y a quelques mois; malgré les nombreuses prises que nous avons faites, ils ont conservé un assez grand nombre de fusils à tir rapide, et ils n'hésitent pas d'ailleurs à attaquer nos postes et nos reconnaissances à l'arme blanche. C'est ainsi que la 3e compagnie de la légion étrangère a été assaillie dans la nuit du 7 au 8 décembre à Ankankélave (vallée du Mangoro), par un groupe de rebelles audacieux qui ont profité d'une obscurité épaisse pour se glisser tout nus jusqu'aux tentes de nos hommes.

Ils ont été vigoureusement repoussés, mais six légionnaires ont été blessé dans la lutte à l'arme blanche.

Une série d'opérations méthodiques vont être entreprises au nord et au sud de la route d'étapes, de concert entre les troupes des cercles d'Ambohitrabiby et d'Ambatomanga d'une part, et du Cercle de Moramanga d'autre part, pour arriver à faire disparaître les quelques bandes d'insurgés déterminés qui se tiennent encore dans la forêt.

M. le Colonel Combes a commencé ces opérations entre le poste d'Analabé et la vallée de la Mananara, et au sud-est, M. le Lieutenant Colonel Borbal Combret vient de partir avec la 2e Cie de légion étrangère pour aller procéder à l'occupation du Voromahéry.

A l'ouest, un nouveau bond en avant sera fait prochainement pour rejeter définitivement les rebelles qui refuseraient de se soumettre dans les pays sakalaves.

Enfin au nord-ouest, M. le Lieutenant-Colonel Gonard est sur le point de rouvrir définitivement nos communications avec Majunga en occupant avec la 5e compagnie sénégalaise, les postes d'Ambohimanjakely et de Kianjara, entre Ankazobé etAndriba.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 09/12/1896

 

NOUVELLES ET INFORMATIONS

La  2e Compagnie de légion (Capitaine Deleuze), mise à la disposition de M. le Commandant du Cercle d'Ambatomanga, a quitté Tananarive le 5 Décembre pour se rendre à Behengy, d'où elle doit concourir à l'occupation du sous-gouvernement de Tsinjoarivo (haute vallée de l'Onivé).


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 01/12/1896

 

RENSEIGNEMENTS MILITAIRES.

AMBATOMANGA.

La 2e Compagnie du bataillon de la Réunion (Capitaine Cadet) est arrivés à Soavina. Cette Compagnie remplacera dans ses anciens postes la 3e Compagnie de légion mise à la disposition de M. le Commandant du Cercle de Moramanga (1er territoire militaire).
Le poste d'Ambohimangakely est supprimé.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 27/11/1896

 

DÉCISION N° 103

instituant l’œuvre des tombes à Madagascar.

Pendant la campagne de 1895 et les colonnes qui l'ont suivie, il n'a pas été possible d'apporter tous les soins désirables à l'entretien des cimetières et des tombes des officiers et soldats décédés à Madagascar.

Il importe de donner aujourd'hui à tous ceux qui ont succombé des sépultures convenables.

Pour remédier à l'état d'abandon des cimetières actuels, parer aux frais des inhumations et permettre de munir chaque tombe d'attributs funéraires, le Général Commandant le Corps d'occupation et Résident Général de France à Madagascar.

Décide:

ART. 1. — Il est institué à Madagascar. une œuvre des tombes, qui sera chargée de pourvoir à l'entretien des tombes au moyen de souscriptions volontaires faites parmi les officiers du Corps d'Occupation.

ART. 2. — Il sera constitué une commission dite « Commission de l’œuvre des tombes », dans chacune des villes suivantes; Tananarive, Majunga, Diégo-Suarez,Tamatave, Fianarantsoa.
Les commissions auront la composition suivante :
1° Médecin chef de l'hôpital,
2° Un officier de troupes,
3° Un officier du Commissariat

Les membres seront nommés par le Commandant d'armes.
Chaque commission est chargée de recueillir les cotisations, auprès des officiers résidant dans la région dont elle est le chef-lieu, savoir :
Majunga : Boueni jusqu'à Andriba,
Diego-Suarez : Région de Diégo-Suarez.
Tamatave : Postes de la Côte Est, Ambatondrazaka.
Tananarive : Imerina, ligne d'étapes jusqu'à Andevorante.
Fianarantsoa : Betsiléo.

A l'aide des sommes versées chacune d'elles doit :
1° Pourvoir et veiller, sous la responsabilité du Commandant d'armes, à l'entretien du cimetière local;
2° Fournir aux postes de sa région des fonds pour l'inhumation des militaires décédés.

ART. 3. — Dans les cinq centres précités, l'entretien et la construction des tombes militaires pourront être assurés par des entreprises civiles,au moyen de marchés passés de gré à gré.

Dans les postes, la construction des tombes, la confection des ornements funéraires, l'entretien des cimetières seront assurés par les Commandants des postes à l'aide de ressources locales et des sommes fournies par l’œuvre des tombes.

A cet effet,des fonds leur seront envoyés sur demande spéciale adressée au Comité de leur région.

ART. 4. — Une souscription sera faite chaque année parmi tons les officiers présents dans la Colonie.

Les fonds seront remis au trésorier de chaque Commission qui en fera la répartition d'après les besoins.

ART. 5. — Dans les villes où il existe déjà des cimetières locaux, les Commandants d'armes s'entendront avec les autorités civiles pour qu'un emplacement soit réservé aux sépultures des militaires.

Tananarive, le 18 Novembre 1896, Le Général Commandant le Corps d'occupation et Résident Général de France à Madagascar. GALLIENI.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 20/11/1896

 

ORDRE GÉNÉRAL N°178.

Dans la 2e Quinzaine d'Octobre 1896, une série d'opérations habilement conduites par M.M les Commandant des Cercles d'Ambatomaoga et Ambohidrabiby ont eu de très heureux résultats au point de vue de la pacification d'une notable partie de chacun de ces deux territoires.

Elles ont déterminé de nombreuses soumissions, amené le repeuplement de nombreux villages et rétabli la sécurité sur la route de Tananariveà Ankeramadinika.

Dans la même période, les troupes des autres Cercles ont fait également les plus louables efforts pour arriver à la répression de l’insurrection.

A la suite de ces diverses opérations, le Général Commandant le Corps d'Occupation et Résident Général de France à Madagascar cite à l'ordre du Corps d'Occupation les Officiers, sous-officiers et soldats dont les noms suivent :

Le Soldat Holz N° Mle 19.737, de la 3e Compagnie du Bataillon de Légion étrangère :
« A fait preuve de beaucoup de courage et d'entrain pendant le combat du 24 Octobre 1896, près de Mantasoa, et y a été mortellement blessé à l'avant garde. »

Le Général adresse en outre ses félicitations :

Au Soldat Vandoizeo N° Mle 13.727 de la 1re Compagnie du Bataillon de la Légion étrangère :
« Pour le courage qu'il a déployé le 23 Octobre 1896 à l'assaut de l'Andrarakasina, où il a été blessé. »

Au Quartier Général, A Tananarive, le 10 Novembre 1896.
Le Général Commandant le Corps d'Occupation et Résident Général de France à Madagascar, GALLIENI.

 

RENSEIGNEMENTS MILITAIRES.

CERCLE D'AMBATOMANGA

Mr. le Lieutenant-Colonel Borbal-Combreta exécuté, du 12 au 14 Octobre, une série d'opérations combinées dans la région comprise entre les postes d'Ambohimasina, d'Ambohibololona et de l'Andrarankasina.Quelques débris des bandes dispersées dans les opérations du
mois d'Octobre tenaient encore la campagne de ce côté. Nos troupes n'ont rencontré de résistance sérieuse que sur l'Ampefivato qui a été enlevé à la baïonnette par un peloton de la 2e compagnie du régiment d'Algérie. Un sergent indigène a reçu 2 blessures légères pendant cet assaut. A la suite de ces opérations les habitants de toute la vallée comprise entre l'Ampefivato et l'Andrarankasina ont fait leur soumission et livré un certain nombre d'armes. Un poste fourni par une section de la 6e compagnie d'Infanterie de marine a été installé à Fiasinana pour maintenir cette population dans le devoir.

M. le Lieutenant-Colonel Borbal- Combret va s'occuper de soumettre à notre domination la région de Tsinjoarivo (haute vallée de l'Onive) qui vient d'être rattachée au Sisaony; la 2e compagnie de la légion étrangère, venant de Tananarive, et la 11e compagnie de tirailleurs malgaches, venantde Fianarantsoa, seront mises à sa disposition pour l'occupation de cette contrée turbulente.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 13/11/1896

 

INFORMATIONS MILITAIRES
ET RENSEIGNEMENTS ÉCONOMIQUES

CERCLE DE MORAMANGA

Des postes ont été établis au nord de Moramanga au débouché des sentiers par lesquels les insurgés de la vallée du Mangoro se glissaient dans la forêt pour aller piller nos convois sur la ligne d'étapes.

Les blockhaus d'Ambohibeladina et d'Imahatsara sont occupés par des détachements de la 4e Compagnie de la Légion étrangère et la plus grande partie de cette compagnie est installée à Ambohidray, à 45 kilomètres au nord de Moramanga sur la route d'Ambatondrazaka.

Une autre compagnie de la Légion étrangère va être envoyée dans le cercle de Moramanga, afin de hâter l'extension de notre influence dans le pays des Bezanozanos.

La mission donnée aux Cadets de la Reine a produit de bons résultats au point de vue de la pacification.

Depuis quelques jours, de nombreux troupeaux de bœufs restés jusqu'ici cachés dans la forêt apparaissent dans les plaines de la vallée du Mangoro. C'est un indice que la sécurité et la confiance commencent à renaître dans le pays.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 30/10/1896

 

INFORMATIONS

CERCLE D'AMBATOMANGA

Le 23 Octobre, le Lieutenant-Colonel Borbal-Combret, continuant le programme de pacification méthodique sur les limites de son cercle, a marché sur l'Andrarankasina, occupé par les rebelles; à son approche, ceux-ci essayèrent de prendre la fuite vers les gués de l'ikopa,
mais trois sections de tirailleurs algériens leur coupèrent la retraite, pendant qu'un peloton de légion étrangère, appuyé par l'artillerie, enlevait l'Andrarankasina.

Soixante dix neuf cadavres d'insurgés sont restés sur le terrain; nous avons fait 109 prisonniers et pris 12 fusils (dont 3 à tir rapide) ainsi qu'un grand nombre de bœufs et de moutons. Un poste est créé sur l'Andrarankasina.

Le 24, la colonne parcourut la région Mantasoa-Soavinandriana. Un poste a été créé en ce dernier point.

Le 25, la colonne est rentrée à Ambatomanga.

Dans les trois journées qui précèdent nos pertes ont été de: Un légionnaire tué, un légionnaire et un tirailleur algérien blessés. Les bandes refoulées par nos troupes sont celles qui inquiétaient sans cesse nos convois sur la route de Soavina à Ankeramadinika.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 27/10/1896

 

INFORMATIONS

Cercle d'Ambatamanga

M. le Lieutenant Colonel Borbal-Combret a enlevé, le 22 Octobre, le village d'Ambohimasina, énergiquement défendu par les rebelles. Ceux-ci ont laissé 41 cadavres sur le terrain, 22 fusils et une centaine de cartouches. Notre colonne leur a fait 12 prisonniers.

Un peloton de légion étrangère (Lieutenant Récamier) a été laissé pour tenir le poste d'Ambohimasina. M. le Lieutenant Colonel Borbal-Combret poursuit l'occupation de la haute vallée de la Varahina, qui est actuellement le théâtre d'opération des bandes dont le centre est dans l'Andrarankasina.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 23/10/1896

 

INFORMATIONS.

CERCLE D'AMBATOMANGA.

Il n'y pas eu depuis quelques jours d'attaques sérieuses contre les convois qui circulent entre Tananarive et Ankerarnadinika; une série de blockhaus vont être construits sur les hauteurs, qui dominent cette partie de la route, afin de permettre d'y voyager avec plus de sécurité.

Les insurgés ont fait une nouvelle tentative infructueuse sur le poste d'Ambatomanga le 9 Octobre et ont été dispersés.

Une certaine effervescence s'est produite dans les environs d'Ialasora; des mesures ont été prises pour assurer la tranquillité de cotte région voisine de la Capitale.

Enfin le Lieutenant Colonel commandant le Cercle d'Ambatomanga va refouler les rebelles de la haute vallée de la Varahina et de rIkopa et établir des postes dans cette direction, pour permettre d'y rouvrir les chantiers d'exploitation de fer abandonnés depuis plusieurs mois. Une Compagnie de Tirailleurs Algériens de la garnison de Tananarive et une Compagnie de la Légion étrangère ont été mises à la disposition de cet officier Supérieur en vue de ces opérations.


Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 09/10/1896

 

DÉCISION No. 63.

Le Général Commandant Supérieur des troupes et des territoires militaires à Madagascar,
Vu l'arrivée à Madagascar d'un Bataillon de marche tiré des deux régiments étrangers de l'armée de terre;

Vu les avantages qu'il y aurait à grouper en un seul régiment, au point de vue du commandement, de la police intérieure, de la discipline et de l'instruction, les 3 Bataillons de l'armée de terre actuellement présents à Madagascar,

Sous réserve de l'approbation de M. M. les Ministres de la Guerre et des Colonies,

DECIDE :


1.-Le Régiment d'Algérie, actuellement constitué à 2 bataillons, comprendra désormais 3 bataillons, savoir; 2 bataillons de tirailleurs algériens, 1 bataillon provenant des régiment étrangers.

2.—L'autorité de M. le Lieutenant-Colonel Commandant le Régiment d'Algérie s'étendra à toutes les parties du service, l'administration exceptée, et s'exercera selon les règles fixées par le décret du 20 Octobre 1892 sur le services intérieur.

3.- Chaque bataillon du Régiment d'Algérie continuera à s'administrer dans les conditions actuelles.

4. —La présente décision entrera en vigueur le 1er Octobre 1896.

Tananarive le 25 Septembre 1896. Le Général Commandant Supérieur des troupes et des territoires militaires, (Signé) : GALLIENI.

 

LA SITUATION

Sur la route d'étapes, il ne s'est produit d'attaques contre les convois que dans la partie de la forêt comprise entre Moramanga et Analarnazoatra. Ce dernier village a été en partie brûlé dans la nuit du 24 au 25 Septembre

Une des compagnies de la légion étrangère qui montaient à Tananarive a été laissée dans la vallée du Mangoro pour poursuivre les petites bandes de malfaiteurs auxquelles étaient dues ces attaques.


La pacification de Madagascar, 1896-1899 (1928)

En juillet 1896, Gallieni soigne ses fièvres dans la petite station de Siradan, lorsque le ministre des colonies, André Lebon, le supplie d’interrompre son congé pour sauver Madagascar, occupé depuis un an à peine par les hommes du général Duchesne. Voici le récit du ministre lui-même :

«Si vous refusez d’aller pacifier notre grande colonie africaine, elle est perdue pour nous.

— J’y vais, décide le colonel.

— « Général », lui annonce le ministre, vous réunirez en vos mains tous les pouvoirs civils et militaires. Quelles troupes voulez-vous amener en sus du corps d’occupation ?

— Je ne demande qu’un bataillon de la Légion, afin de finir proprement s’il fallait succomber là-bas.»


Bulletin du Comité de Madagascar - 2e ANNÉE – N° 2 – Février 1896

 

Le Journal officiel du 17 juillet promulgue une loi en date du 18, portant délivrance d’une médaille commémorative de l’expédition de Madagascar en 1895 :

Art. 1er. – Les militaires et marins ayant pris part à l’expédition de Madagascar, à partir du 8 décembre 1894 jusqu’au 31 décembre 1895, ainsi que les auxiliaires sénégalais et les kabyles qui ont accompagné le corps expéditionnaire de Madagascar durant la même période, recevront une médaille commémorative.

Art. 2. – Cette médaille sera conforme, pour le métal et le module, à la médaille de Madagascar instituée par la loi du 31 juillet 18861.

Le verso portera des attributs rappelant la collaboration des troupes de la guerre et de la marine. Le ruban sera conforme, pour les couleurs et leur disposition, au ruban de la médaille de Madagascar, instituée par la loi du 31 juillet 1886, et auquel une agrafe portant le millésime « 1895 » sera adaptée.

Art. 3. – La médaille sera accordée par le Président de la République, sur la proposition du ministre, duquel dépend le corps ou le service auquel ils auront été attachés, à tous les militaires ou marins ayant pris part à l’expédition.

Art. 4. – Les crédits ordinaires pour la fabrication de cette médaille seront prélevés sur les crédits déjà votés pour l’expédition.

Art. 5. – En cas de décès de l’ayant droit, la médaille sera remise sur leur demande, à titre de souvenir, aux parents du défunt ci-dessous désignés et dans l’ordre suivant : Le fils aîné, la veuve, le père, la mère, le plus âgé des frères ou, à défaut d’un frère, la plus âgée des sœurs.

 

Décision relative aux éléments rapatriés du corps expéditionnaire de Madagascar.

Certains corps de troupe ou unités doivent prochainement rentrer en France. Le ministre de la guerre prend, à leur sujet, les décisions suivantes :

1° Seront dissous, lors de leur rentrée en France ou en Algérie, à des dates aussi rapprochées que possible de leur débarquement :

Le bataillon de la légion étrangère (1er bataillon du rég. d’Algérie) ;

 

AFFECTATION DES OFFICIERS D’INFANTERIE RAPATRIÉS DE MADAGASCAR.

– Par décision ministérielle insérée au Journal officiel le 28 décembre, les officiers d’infanterie du corps expéditionnaire dont les noms suivent seront placés, à dater du 1er janvier 1896, à la suite des corps de troupe ci-après indiqués, auxquels ils appartenaient avant la campagne, savoir :

Régiment d’Algérie (1er bataillon) :

Les capitaines : MM. Devaux, Perret, Courtois, Mure, au 1er rég. étrang. ; Bulot, Sardi (titre étranger), Brundsaux, Farail, au 2e rég. étrang.

Les lieutenants : MM. Écochard, Beynet (titre étranger), Ayné, Rouanet (titre étranger), Gueilhers, Grégory, Dufoulon, au 1er rég. étrang. ; Burchard, Simon, Motte, Jolivet (titre étranger), Martin, au 2e rég. étrang.

Traduction

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