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François Monarcha, 97 ans, honoré par la Légion étrangère en portant la main du Capitaine d'Anjou

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Le Journal tretsois

22/04/2015

Dans quelques jours, le Jeudi 30 avril 2015, un tretsois va recevoir un grand honneur militaire. François Monarcha, 97ans en cette année 2015, doyen des Légionnaires de Puyloubier a en effet été choisi pour porter la main du Capitaine d'Anjou à Camerone. Il sera ce jour là accompagné de l'adjudant-chef Rowe du 2ème REI, sous-officier d'active le plus décoré de la Légion étrangère et du brigadier-chef (er) Termellil.


En effet depuis 1931, chaque année, le 30 avril, où qu’elles soient, les unités de Légion célèbrent Camerone : le général Rollet, 1er "père légion" au sens que revêt depuis cette appellation, décida de rehausser le centenaire de la création de la Légion en faisant coïncider les cérémonies du centenaire, l’anniversaire du combat de Camerone, et l’inauguration du célèbre monument aux morts ("la boule", entourée de ses 4 légionnaires en armes), ramené en 1962 de Sidi Bel Abbès à Aubagne lors du transfert du régiment. Au cours de la cérémonie qui se déroule à Aubagne, depuis 1962, la Légion honore l’un des siens en lui faisant porter, telle une relique, la main du capitaine Danjou, le long de la voie sacrée, qu’il remonte jusqu’au monument aux morts.

Selon les années, et peut-être la vaillance de son porteur, ce dernier est accompagné par un, deux, ou encore plusieurs compagnons. Le porteur comme ses accompagnateurs, peuvent être en activité ou à la retraite, général comme simple légionnaire ou aumônier, valide ou invalide, blessé en opérations (aveugle, mutilé)… Ce résumé serait incomplet si on omettait l’expression, devenue courante, "faire Camerone". Qui signifie : "combattre jusqu’au bout de ses possibilités, jusqu’à la mort si nécessaire, pour remplir la mission".


François Monarcha, a connu une carrière brillante et reçu de nombreuses décorations militaires, il a également rencontré dans sa vie le Père de la Légion : le général Rollet, c'est un des rares militaires encore en vie à l'avoir connu. Il est depuis sa retraite souvent mis en avant lors des cérémonies militaires, de commémoration et est membre de la section des Anciens combattants de Trets.

Son parcours...

Le 29 août prochain, il fêtera ses 98 ans. Né en Pologne, élevé en Allemagne puis en France. A cette époque la Pologne est occupée par l'Allemagne, en pleine guerre et son père est enrôlé en qualité de canonnier sur un Croiseur de la Kaiserliche Marine. A la fin de la guerre, sa mère rejoint son père, démobilisé, à Gelsenkirchen, en Allemagne, où il travaille dans une mine de charbon. C'est là qu'il sera élevé et fera la connaissance de son père qu'il n'avait jamais vu. La famille est très pauvre.

A l'age de 5 ans, en 1922, quand son père décide de quitter l'Allemagne pour la France. La famille s'installe à la Cité de Rouvrat, près de Montceau-les-Mines, où de nombreuses familles d'immigrés Polonais, Hongrois, Italiens les ont précédés pour travailler dans les mines. Il fera sa première communion à l'âge de 8 ans.
La situation familiale ne s'est guère arrangée avec cette venue en France. Dés qu'il sera en âge de pouvoir le faire, il aidera ses parents en distribuant des journaux pour quelques sous tout en continuant sa scolarité obligatoire. Il travaillera ensuite à l'usine dès 13ans, puis chez un charcutier polonais etc

François Monarcha s'engagea en 1936 à la Légion qu'il quittera vingt ans plus tard. Entre-temps, il aura croisé le général Rollet, figure tutélaire de l'institution puis à partir de 1943, participé aux combats de la France Libre. Il avait été nommé sergent en 1939, fera des séjours au Sénégal, Maroc , participe à la campagne de Tunisie en 43, puis débarquera en Provence, à Marseille le 16 septembre 1944 pour libérer la France. " J'appartiens désormais avec mon unité à la 1 ère Armée du Général de Lattre de Tassigny. C'est dans cette armée et au RMLE que je vais poursuivre une guerre devenue ma raison de vivre. Ce seront les campagnes de France et Allemagne. Le 16 novembre 1944, nous sommes à Arcey. J'y rencontre pour la première fois, en combattant, les soldats de l'armée allemande. " Il est alors nommé chef de section au feu en novembre 1944 (Doubs, bataille des Vosges et d'Alsace), il entre ainsi avec le RMLE (Régiment de marche de la Légion étrangère), à Colmar le 2 février 1945. Blessé en avril en Allemagne, il passera dix-neuf mois dans quatre hôpitaux français avant de rejoindre Bel-Abbes.


"Je conserve de cette blessure des séquelles qui ne m'empêcheront jamais de vivre normalement. Pour ces faits de guerre des campagnes de France et d'Allemagne, j'ai été cité deux fois à l'ordre de la Division et du Corps d'Armée. Après cette longue hospitalisation, je rejoins le 1er REI à Bel Abbés.

Le 3 janvier 1948, il se mariera avec son infirmière de Lyon, et revient à Bel Abbés comme instructeur au DGRE. Nommé Adjudant-chef le 1 er mars 48, Muté au mois d'août au 3/4 ème REI formant Corps à Meknès, Bataillon en formation, avec le Commandant Bouchon, il remplit les fonctions d'Adjudant-chef de Bataillon. Fait remarquable, il est le plus jeune Adjudant-chef en âge et plus tard le plus ancien en grade. Il demandera et obtient la naturalisation française en 1948. Il quitte la Légion. le 16 février 1956 après 20 ans de service.

Après de nombreuses activités au Maroc il obtient le grade d'Adjudant-chef et en 1962 est nommé Lieutenant. Il a alors 3 enfants. En 1964, il donne sa démission et rentre en France pour être intégré dans la Police Nationale avec le grade de Sous-brigadier (ex officier) mais exerçant les fonctions de Brigadier jusqu'en 1973, date de sa retraite définitive.

"J'ai reçu beaucoup d'honneurs pour avoir beaucoup donné à la France qui sait reconnaître ceux qui la servent avec honneur et fidélité. La Légion d'honneur, la Médaille Militaire, la croix de guerre, des citations, la Croix du Combattant, la Médaille Coloniale, agrafe Tunisie 42/43, la Médaille de la reconnaissance Française, Médaille Commémorative de la Guerre 39/45, avec mention "Engagé volontaire" Afrique, Libération, Allemagne. La Médaille Commémorative, Maintien de l'Ordre en Algérie, Médaille des Blessés, Médaille d'honneur de la Police Nationale, La Distinguichet Unit Badge USA à titre personnel, le droit au port individuel de la Fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre 39-45.


"Tout cela me comble et me fait oublier cette douloureuse blessure reçue par un français alors que je me battais pour les délivrer. [...] Je n'oublierai jamais ceux qui sont morts à mes côtés, en combattant pour la "France éternelle" telle que nous l'a définie le général de Gaulle au soir des périls. Je veux rester à la hauteur de leur sacrifice, de ceux qui n'ont pas eu la chance de vivre jusqu'à la fin l'épopée des héros que la Gloire à touchés." témoigne Mr Monarcha

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