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Blaise Cendrars dans la Pléiade

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14 juin 2013

 

Son entrée dans la prestigieuse Pléiade ne peut que réjouir les inconditionnels de cet aventurier de la plume.

Septembre 1887 - Janvier 1961

Avec sa tête de baroudeur, sa cigarette vissée aux lèvres, Frédéric-Louis Sauser, devenu Blaise Cendrars en poésie, allait magnifier son existence de façon telle qu'elle deviendra une symphonie étonnante où le vécu et l'imaginé seront indissociables l'un de l'autre. Cendrars inventera tout : sa famille, ses voyages, son enfance, si bien qu'il faut prendre cet affabulateur, créateur de mythe, tel qu'il s'est rêvé, car là se trouve sa part la meilleure. Tout jeune, il préférait les frasques et les dissipations à l'école. Bientôt, l'aventure vagabonde et les livres vont ouvrir à son imaginations des perspectives enthousiasmantes. Il est vrai qu'il aime s'étonner et étonner, vivant en constante rupture avec la vie ordinaire. Impensable de le voir entre quatre murs noircir du papier. Ce poète-là a également ... des semelles de vent. De ceux de sa génération, il sera le plus libre et le plus libre dans sa façon d'écrire. Avec lui, la poésie prend le large, de préférence par train. Ce sont, en effet, les trains qui le séduisent, des trains comme le Transsibérien qui traversent les pays perdus. Il ira en Arménie, en Chine, en Perse, se perdra dans la toundra sibérienne alors qu'il n'est encore qu'un jeune homme et semble avoir déjà vécu plusieurs vies.

A New-York, en 1912, il est un vagabond exténué et s'apprête à vivre un éblouissement mystique qu'il relatera dans l'un de ses plus beaux poèmes " Pâques à New-York ". En 1914, il s'engage dans ce qui sera la future Légion étrangère et part sur le front. Blessé, il sera amputé d'un bras et rédigera "La main coupée", ce qui ne l'empêchera nullement de pratiquer le sport et de piloter des voitures rapides. Avec Cendrars, la vie ne s'envisage jamais qu'avec excès.

De 1917 à 1923, il travaille à la fameuse Anthologie de la poésie nègre et avec Abel Gance au film "La roue", car il se passionne pour le 7e Art, les éclairages, les ralentis et accélérés de la pellicule, l'accompagnement musical et le jeu des acteurs et, comme d'habitude, gagne de l'argent et s'empresse à le perdre, pris de court par les univers requin.

Après une longue vie, où il aura tout vu, tout envisagé et tout écrit, il se retire à Villefranche-sur-Mer, collaborant à des revues en véritable franc-tireur des lettres françaises. Affamé du monde, homme d'action, poète orpailleur, il reste l'image parfaite de l'homme libre, précurseur et découvreur, délimitant avec sa plume un nouveau continent aussi étrange que fascinant, peuplé d'une humanité humiliée dont il se sentait proche et qui était prête à le suivre ailleurs.

Son entrée dans la Pléiade n'étonnera pas ses nombreux admirateurs. Poète des immigrants et des malchanceux, des prostituées et des vagabonds, usant pour cela d'un langage inemployé avant lui, construit à partir de matériaux bruts, sans nonchalance, ni attendrissement, cet aventurier nous convie à son odyssée à la fois baroque, tragique et mystique, en errant émerveillé qui pressent de prochaines apocalypses et se range toujours aux côtés des gueux, des larrons et des va-nu-pieds.

 

En ce temps-là j'étais en mon adolescence
J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
J'étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance
J'étais à Moscou, dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares
Et je n'avais pas assez de sept gares et des mille et trois tours
Car mon adolescence était si ardente et si folle

Que mon coeur, tour à tour, brûlait comme le templs d'Ephèse ou comme la Place Rouge de Moscou
Quand le soleil se couche.

(...)

Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare
Croustillé d'or,
Avec les grandes amandes des cathédrales toutes blanches
Et l'or mielleux des cloches ...

(...)

Puis tout à coup, les pigeons du Saint Esprit s'envolaient sur la place
Et mes mains s'envolaient aussi, avec des bruissements d'albatros.

(...)

Je pressentais la venue du grand Christ rouge de la révolution russe.
Et le soleil était une mauvaise plaie
Qui s'ouvrait comme un brasier.

( Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France )

 

Blaise Cendrars - La Pléiade - Gallimard 2 volumes - Prix de lancement : coffret 105 euros

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Blaise Cendrars peint par Modigliani

Traduction

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