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Légionnaire toujours...

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2016




French Bataillion during the Korean War 1951 - 1953

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La discipline sans l’honneur n’a rien de militaire !

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Quelle honte pour l’armée de voir que des officiers généraux ont baissé la tête et ont obéi aux injonctions de petits politiciens.

 

Le général Philippe Mercier, ancien chef d’état-major de l’armée de terre, vient d’écrire un article dans Le Figaro : « Il faut sauver le soldat Piquemal. » Il exprime, dans ces lignes, son désaveu de la mesure qui a frappé le général :

Sous forte pression du cabinet du ministre, l’armée de terre réunit son Conseil supérieur. Christian Piquemal comparaît devant ses pairs, qui se prononcent pour la radiation… Cette décision de l’armée de terre, dont on pourrait dire qu’elle s’est piégée “à l’insu de son plein gré” en se substituant au pouvoir politique pour faire le sale boulot, est évidemment navrante à plus d’un titre. Elle fait peu de cas du principe de solidarité qui constitue l’un des piliers de l’institution militaire, mais là n’est pas l’essentiel ; elle est inique et disproportionnée ; elle témoigne enfin d’une interprétation frileuse, si ce n’est désuète, du droit d’expression.

Voilà donc un officier général respecté de tous, qui a servi son pays pendant quarante ans de façon exemplaire, qui a fait partie du cabinet militaire du Premier ministre et commandé la Légion étrangère et qui, brutalement, se voit signifier qu’il n’appartient plus à la communauté militaire. Mesure-t-on bien l’humiliation ressentie par un officier qui n’a ni péché contre l’honneur ni vilipendé la République et ses représentants ?

Le général Piquemal avait appris cette mesure mi-septembre par un courrier recommandé. Il avait été entendu le 14 juin par le Conseil supérieur de l’armée de terre (CSAT), siégeant disciplinairement à l’hôtel des Invalides à Paris. L’instance avait transmis son avis consultatif – non communiqué au général ni à ses deux avocats – au ministère de la Défense, et la radiation avait ensuite été prise par un décret du 23 août signé par le président de la République, le Premier ministre et le ministre de la Défense.

Quelle joie, pour un gouvernement socialiste, de pouvoir dire : ce n’est pas nous qui l’avons radié, ce sont ses pairs.

Quelle honte, pour l’armée, de voir que des officiers généraux ont « fermé leur gueule », ont baissé la tête et ont obéi aux injonctions de petits politiciens.

Messieurs, si vous tremblez déjà devant des civils qui, avant d’être au pouvoir, ont souvent craché sur l’armée, alors quelle attitude aurez-vous demain au combat ? Car à l’époque où vous étiez sous-lieutenants, je pense et j’espère qu’aucun de vous n’aurait hésité à donner sa vie pour la patrie et l’honneur de l’armée. Il faut le reconnaître, la vieillesse et les prébendes favorisent le naufrage des « honnêtes hommes ». En d’autres temps, sous d’autres cieux, d’autres officiers généraux n’ont pas hésité entre la parole donnée et l’obéissance. Mais il est vrai que, depuis la fin de la guerre d’Algérie, l’armée a été épurée et remise au pas.

N’est pas le général d’armée de Larminat qui veut. Je rappelle que cet officier s’était donné la mort le 1er juillet 1962 à la veille de présider la Cour militaire de justice. La générale de Larminat expliqua son acte quelques années plus tard. Son mari, pourtant gaulliste, bouleversé à son retour de l’Élysée le 1er juillet 1962, lui avait révélé qu’il venait de recevoir de De Gaulle l’ordre de prononcer des condamnations à mort, notamment celle du général Salan. Il avait ajouté qu’il ne pouvait obéir. Refusant les pressions du pouvoir, il s’était tiré une balle dans la tête.

Messieurs les généraux du CSAT, méditez au moins cette phrase du cardinal Mercier :

" Quand la prudence est partout, le courage n’est nulle part ! "


Les Allemands à la Légion étrangère.

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La Revue hebdomadaire. 11/1898.


Conclusions relatives à l'inspection des Unités de la Légion étrangère stationnées en E.O.

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Les lendemains de la guerre et le défilé de la victoire. 1919

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29 Septembre - 8 Octobre 1944 – Le Front des Vosges La Légion au Col de la Chevestraye

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Droit et Justice

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Posté le jeudi 13 octobre 2016

 

En Janvier 2016, à Calais, surgit « l’affaire Piquemal ». Piquemal,  Général de Corps d’Armée ayant quitté le service actif depuis près d’une quinzaine d’années, mais  toujours membre du cadre de Réserve, était accusé d’avoir organisé dans cette localité une manifestation interdite par la Préfecture. Il aurait ainsi affiché délibérément sa désapprobation de l’action de l’Etat.

En cela, à vrai dire, il ne faisait guère que suivre le chemin que des centaines de responsables de tous niveaux, et de tous bords, avaient emprunté avant lui avec plus ou moins d’éclat. Comment d’ailleurs pouvoir s’interdire de dénoncer le lamentable état de cette « jungle » de Calais ? Comment ne pas s’indigner des multiples agressions commises chaque jour, ne pas s’affliger de l’impuissance des pouvoirs publics, ne pas comprendre l’exaspération des populations ? N’est-ce pas d’ailleurs ce sentiment de désastre permanent qui conduit aujourd’hui le Président de la République à tenter de mettre fin au désordre en dispersant le peuple de la « jungle » sur  tout l’espace du territoire national ?

 

Le Général Piquemal, connu pour sa générosité bouillonnante, s’était donc laissé emporter par une colère sans doute juste, mais jugée insupportable par un Pouvoir pour qui la discipline constituant toujours la force principale des Armées, le mutisme devait en être l’exemplaire manifestation. Au lendemain des faits, le Ministre annonçait donc lui-même sa volonté de sanctionner l’officier.

 

Arrêté sans ménagements, le Général comparut d’abord en Mai devant un tribunal. Certains craignaient le châtiment possible, d’autres peut-être l’espéraient. Ceux-là furent déçus. Le Tribunal prononça la relaxe de l’accusé, et le Parquet, en accord avec cette conclusion, ne fit pas appel. Le réquisitoire modéré du Procureur, rappelant le « passé glorieux » du Général avait influé sur la décision, le Général lui-même avait su exprimer des regrets estimés sincères, et certains faits reprochés étaient aussi apparus pour le moins imprécis. Dans le plateau de la balance, les quarante années de services exemplaires du Général avaient donc heureusement pesé davantage que l’emportement d’un instant.

 

La Justice ayant rempli son office pénal, la Défense reprit, en Juin, la conduite de l’affaire. Le Ministre avait dit sa volonté de sanctionner, il fallait donc entreprendre résolument la démarche aboutissant à une sanction adaptée à la seule faute indubitable commise, d’ordre militaire, celle du « manquement au devoir de réserve ». Réuni en instance disciplinaire sur demande du Ministre, le Conseil supérieur de l’Armée de Terre (CSAT) entendit le Général Piquemal. Elle communiqua alors au Ministre, de manière confidentielle, sa proposition de sanction.

Nous étions alors en Juin, et l’observateur ne manquera pas de noter qu’il fallut attendre le 23 Août pour que la sanction décidée s’inscrive dans un décret non publié au JO et signé du Président de la République. Ce décret prononçait la radiation des cadres du Général Piquemal. Etait-ce là la traduction fidèle de la proposition faite par le CSAT ? Peut-être, mais rien n’interdisait au Chef des Armées de s’en affranchir s’il le jugeait utile.

 

Force est alors de constater que l’extrême lenteur des procédures, – le Général Piquemal n’aurait été informé de la sanction qu’à la mi-Septembre -, et la stricte discrétion qui les a entourées, loin d’enliser l’affaire et de la condamner à l’oubli, ont eu pour conséquence d’engendrer un climat pernicieux. Des associations d’Anciens cherchent malaisément à se positionner, provoquant débats et désaccords, des comités de soutien éclosent, soupçonnés d’instrumentalisation, mais surtout la masse des cadres militaires d’active, de réserve, ou en retraite s’inquiète, car elle ne comprend pas. Pourquoi une faute somme toute bénigne, non passible du châtiment des juges, sans conséquence concrète perceptible, et due avant tout à une maladresse passagère, est-elle ainsi sanctionnée ?  Comment comprendre cette sorte d’acharnement envers un officier Général aux services irréprochables, ayant atteint les plus hauts sommets de la hiérarchie, et ayant même mérité d’exercer un des commandements les plus prestigieux de l’Armée de Terre, celui de la Légion étrangère ?

Cette sanction apparaît donc comme une humiliation qui s’étend sournoisement à toute l’institution, sorte de mise en garde que les cadres des Armées ressentent, partagent,  remâchent avec aigreur. Et resurgit alors confusément dans les esprits cette tentation syndicaliste de plus en plus prégnante dans une Armée désormais professionnelle en charge de la Défense, mais sans cesse contrainte de se battre pour en obtenir les moyens, et toujours impatiente de voir la condition militaire enfin accéder au vrai niveau de considération qu’elle mérite.

 

Le Tribunal ayant prononcé la relaxe du Général Piquemal avait su dire le Droit en en corrigeant la rigueur formelle par une intelligente et sereine appréciation du contexte. C’est en cela que la Justice apparaît juste.

Le décret du 23 Août, lui, ne traduit que la stricte expression d’un Droit.

 

On se souvient alors qu’en Janvier 2011, allant à l’encontre d’un décret signé par le Président de la République, le Conseil d’Etat avait annulé la radiation des cadres du chef d’escadron Matelly pour manquement grave au devoir de réserve. La sanction avait été jugée « disproportionnée », « manifestement excessive ».

Saisi par le Général Piquemal, le Conseil d’Etat aura à nouveau à se prononcer. Et les cadres des Armées attendent sa décision, en silence bien sûr.

 

Bernard MESSANA
Officier général (2S)


L’impact économique de l’implantation de la 13°DBLE sur le plateau du Larzac

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SOUS-VERRE : Le " Père Légion ".

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Xavier Augustin Richert

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Extrait de l'oeuvre " Une saga familiale" de Ulrich Richert

Képi Blanc

Avant 1914, notamment à la première époque de Lyautey, dans le Sud Orannais, puis au Maroc, époque où le Général Richert a fait ses premières armes, la tenue de combat du Légionnaire comportait le Képi (bleu ou rouge, avec un couvre nuque blanc). Il devint kaki en 1917 et se portait déployé ou roulé derrière la nuque, pour se protéger du soleil africain.

L’usage de porter ce protège nuque commençait à se perdre dans les garnisons. En tenue de service, ou en sortie, on ne le portait plus guère qu’enroulé.

Le 30 avril 1931, à Sidi-Bel-Abès, à l’occasion de la traditionnelle célébration de Camerone, où se sont déroulées, en même temps, les fêtes du centenaire de la Légion et de la conquête de l’Algérie. Au cours du brillant défilé, qui marqua ces mémorables évènements, les premier et quatrième Régiments Étrangers étaient en Képi rouge.

Par contre, ce que l’on sait beaucoup moins, c’est qu’à cette même occasion, le képi blanc, « sans couvre nuque » a fait sa première apparition officielle, dans la tenue du Légionnaire.

Le Général Richert avait été invité, avec son Régiment, le deuxième Étranger, alors en garnison à Meknès. Comme du reste tous les régiments de la Légion, à participer à cette double commémoration,. Ce d’autant plus que ses légionnaires s’étaient particulièrement distingués lors des durs combats de pacification du Haut-Atlas.

C’est alors que Richert a eu une idée, pour le défilé : Afin de mieux démarquer son Régiment des autres, il a demandé à tous ses hommes, de porter, par dessus le Képi, une housse blanche soigneusement immaculée.

Le deuxième étranger fut particulièrement remarqué et très applaudi. A la réception qui suivit, cela valut à notre Colonel les félicitations particulières du Général Franchet-Desperey.

Ce ne fut ni la première, ni la dernière des mille extravagances, plaisanteries, incartades et autres exploits à la hussarde, accomplies par notre fougueux Général Sundgauvien. Ce qui ne lui valut pas que des compliments, au cours de sa carrière. Toujours est il que depuis lors le Képi-blanc a été officiellement adopté par l’ensemble des régiments de la Légion.

LE GENERAL RICHERT


Xavier Augustin RICHERT. Le Général Légionnaire baroudeur bien connu a vu le jour le 29.08.1879. Cet homme a laissé son empreinte tant dans son village natal qu’à l’armée. A la Légion étrangère et à la diplomatie de l’entre deux guerres.

Il a fréquenté l’école communale de Saint-Ulrich. Puis celle de Strueth, où ses parents se sont établis après la mort du grande père paternel.

En ce temps là, toutes les familles, autant que certains habitants portaient des sobriquets, qui leur avaient été attribués à l’occasion d’un événement, remontant parfois dans la nuit des temps et dont personne, même les anciens ne pouvaient expliquer la provenance.

Xavier Richert, le père du futur Général était connu  sous le sobriquet « Dr Glàserväri ». La majorité des habitants du village avaient en fait oublié qu’il s’agissait d’un Richert. On a appelé le futur Général, qui continuait la lignée « S’Glàseväris Auguste ».

Tout jeune Auguste se distinguait déjà comme meneur de la bande de ses camarades. Lorsque l’on jouait au jeu du Gendarme et des voleurs, il prenait le rôle , soit du commandant de Gendarmerie ou du chef des voleurs. Dans les deux cas c’était toujours sa bande qui gagnait. Si le jeu portait sur la guerre, il était le Général vainqueur. S’il s’agissait de religion, il représentait, pour le moins l’évêque, qui venait visiter ses ouailles.

A 12 ans, en l’absence de son instituteur, il a pris les rennes de l’école, faisant la classe à la place de l’enseignant défaillant, pendant quelques temps.

A 14 ans, ses parents l’ont envoyé au collège des Bénédictins à Delle, dans le but de lui faire acquérir la connaissance de la langue française et préparer ses études classiques.

Sa mère nourrissait le secret espoir de le destiner à la prêtrise. Son père souhaitait le voir devenir un homme d’affaires internationales. Le jeune Richert ne rêvait que plaies et bosses. Il souhaitait réaliser une carrière plus dévorante.

Dans sa prime enfance il avait été marqué par la mort, à l’âge de 2l ans, de Jean-Baptiste Kayser, qui s’était engagé dans la Légion Étrangère. Il s’agissait du frère ainé de mon grande père maternel, qui est mort au champ d’honneur lors d’un engagement contre les révoltés du Tonkin.

Le jeune sergent Kayser était devenu, pour la jeunesse de Saint-Ulrich, le grand homme. Le héros du pays. Dans ma jeunesse on parlait encore souvent de ce héros de la famille. J’ai conservé précieusement la photo du légionnaire.

Après son décès, ses affaires personnelles avaient été retournées à la famille. Je ne sais par quel fait du hasard, sa ceinture orientale avait échoué chez-nous. En satin rougé, d’une largeur de plus de 20 centimètres elle se fermait par quatre courroies. Elle était brodée de scènes orientales. Quelques horribles dragons qui crachaient du feu et autres monstres. Également quelques jeunes annamites en chapeau pointu et parasols de circonstance, qui se promenaient dans des jardins exotiques. Des paons et des oiseaux de Paradis. A l’intérieur, bien cachés, un porte monnaie et un porte feuille.

Ma grande fierté de gosse a été, de la montrer à mes copains, qui m’enviaient grandement. Leur plaisir était comblé lorsque je leur permettais de porter le trophée, qui naturellement était trop grand pour nos tailles de gamins.

A la suite de notre évasion en 1942 et de la déportation de nos parents par les Nazis, la ceinture s’était perdue.

Les évènements sanglants de quatre années de misère, ont donné matière à conversation et, tant Jean Baptiste Kayser, que la ceinture avaient été quelque peu oubliés.

Nous l’avons retrouvé dans le grenier, au milieu d’un fatras de vieilleries, lorsque nous avons vidé la maison paternelle, après sa vente. Elle était dévorée par les mites. Les cuirs pourris et cassants. Elle a été irrécupérable et a achevé sa belle carrière sur le dépotoir communal, ou tant de souvenirs et d’objets du passé ont trouvé une fin peu glorieuse.

Sur les bancs du collège de Delle, Auguste a eu comme condisciple, celui qui devait devenir l’archevêque de Paris, Monseigneur Feltin, avec lequel il est resté en correspondance durant toute sa vie.

Auguste s’est très vite fait remarquer au collège, par son application et sa grande facilité au travail. Il s’est distingué des autres élèves par une certaine indépendance, qui décidera de son destin.

A 18 ans, ayant fait le mur du collège, pour aller danser avec la fille du maire de Delle, il a été traduit devant le Conseil de Discipline et invité à ne plus revenir dans l’établissement à la prochaine rentrée.

Après ce regrettable incident de parcours, il a terminé ses études secondaires et ses humanités à Besançon, où il a décroché ses deux baccalauréats avec mention.

Il va maintenant pouvoir réaliser son rêve. Faire une carrière militaire.

Ayant eu, avec son père, une explication quelque peu orageuse et manifesté le désir de s’engager dans la Légion étrangère, celui-ci l’a orienté vers Saint-Cyr.

Il est monté à Paris, a découvert la capitale de la belle époque. Il a préparé avec ardeur, le concours d’entrée à Saint-Cyr. Il a été reçu avec un bon numéro. Seul films de paysan de tous les candidats de France. Il s’est juré de s’engager, après diplôme reçu, dans la Légion étrangère.

La première année il s’est donné entièrement à sa tâche. Malheureusement, sur ces entre faits, le ministre de l’époque prend la décision de ne plus envoyer directement les promotions à venir, dans la Légion.

Richert, quelque peu désabusé, se laisse aller à la douceur de la capitale. A sa vie agréable et facile. Ses grandes qualités intellectuelles lui permettent, malgré cette relâche, d’être reçu, avec la promotion « In Fannah » (1899-1901).

Il est nommé au 106e Régiment d’infanterie à Chalons sur Marne. Le Régiment est commandé par le Colonnel Vanderscheer, Alsacien de vieille souche comme Richert.

Il a été obligé d’arroser ses épaulettes en Suisse. Chez des amis de la famille. Interdit de séjour par les allemands, qui l’ont considéré comme réfractaire et traître à la patrie.

Au bout de deux ans, le Lieutenant Richert, fatigué par la vie de garnison, sans intérêt et sans panache, demande à son Colonel de l’aider à gagner la Légion, faute de quoi il quitterait l’armée. Nouveau trait de son caractère indépendant et de sa volonté de servir. Bien lui en a pris. Un mois plus tard, en janvier l904, il arrive à Sidi-Bel-Abès. On l’affecte à la 19e compagnie de la Légion, dont il exercera le commandement pendant huit mois.

Il se sent dès lors à sa vraie place ! Il commande à 250 Légionnaires, en grande partie Alsaciens, dont la majorité parlent l’allemand . Aussi a t’il tôt fait de gagner leur confiance.

Ce sera bientôt le baroud avec ses gars de la Légion.

En octobre 1904, il dirige sa compagnie sur Berguent, où elle devient compagnie montée, commandée par un Capitaine et trois Lieutenants, dont il est le plus jeune.

Elle va faire partie du groupement du Chef d’Escadron Henrys, le futur Général, chargé par Lyautay de faire tache d’huile au Maroc Oriental. C’est avec ce groupement qu’il prendra part à de nombreuses opérations de montagne, entre Debdou, Metarko, Tendrara, le Chott-el-Charbi et la frontière Algérienne.

Il fera ainsi son apprentissage de chef de guerre. Il dirigera fréquemment, dans des conditions pénibles, les convois sur de longues distances, à travers des régions infestées de bandes armées. Excellent entraînement pour développer en l’homme, le sens de responsabilité et l’esprit d’initiative.

En 1907, il participe aux opérations de pacification des Beni-Snessen et livre, à Aïn-Sfa son premier combat en règle.

Le Maroc oriental résistera longtemps à la pénétration française.

Le Lieutenant Richert se fait remarquer par ses grandes qualités, son sens des responsabilités et son esprit d'initiative.

En 1910, il quitte le Maroc, où il a fait ses premières armes, pour devenir, à la suite d’un concours, professeur d’allemand, à l’école militaire de Saint-Maixant.

Il met à profit son séjour, dans cet établissement pour préparer l’école de guerre, à laquelle il est admis en 1911.

Ce sera l’occasion de se documenter sur place et au cours de maints voyages d’études, à travers la France, et d’ouvrir son esprit aux grands problèmes politiques, économiques et sociaux. En particulier les cours d’André Tardieu et de Charles Gide, qui auront sur sa formation une influence déterminante.

Voyant venir le conflit mondial, et pour échapper à d’éventuelles représailles, ses parents ont acheté une ferme à Reppe, dans le territoire de Belfort, et s’y sont installés.

La guerre surprend notre héros au moment même où il passe ses examens de sortie.

Il est affecté, comme Officier d’État Major à une Brigade de la 63e Division de Réserve et participe comme tel à la campagne d’Alsace ,du Général Pau.

Ayant repris une seconde fois Mulhouse, en août 1914, cette Division se voit contrainte d’abandonner l’Alsace, pour être envoyée devant Paris, où elle constitue le 7e Corps, de concert avec la 14e D.I.. Elle s’illustre aux batailles de l’ourcq.

Victoire de Monoury sur les allemands de Von Glück (Septembre 1914). Richert y gagne sa première citation.

Début 1915, il est blessé dans les combats du nord de l’Aisne. Il reçoit, des mains du Général Joffre, la Légion d’Honneur, avec une nouvelle citation.

Gazé pendant la bataille de Champagne, en automne 1915 alors qu’il a fait partie de l’État Major du 14e Corps.

Après une courte convalescence il revient à l’État Major de la 63e Division du Général Andlauer, avec laquelle il prend part, en 1916 et 17, aux terribles batailles de Verdun, où il gagne une nouvelle citation.

En février 1918, il prend le commandement d’un bataillon du 305e R.I., qui se bat dans le secteur du « Four de Paris », en Argonne et reçoit le quatrième galon.

Durant l’hiver 1917-1918, il assume provisoirement le commandement du Régiment, aux lieu et place des officiers supérieurs disparus dans les combats.

Il termine la guerre dans l’armée américaine, en qualité d’officier de liaison, d’abord à la 90e D.D., avec laquelle il prend part à la bataille de Saint-Mihiel. Puis du 6e C.A. et y gagne une nouvelle citation et la décoration de la Distinguished Service Médal ». Il avait eu, notamment pour mission d’initier, plus particulièrement, les noirs à la guerre des tranchées.

Après l’armistice. En raison de sa parfaite connaissance de la langue et de la culture allemande, il est affecté à l’administration supérieure de la Sarre.(Affaires politiques et administratives)

Le but du gouvernement français était de faire de la Sarre un état politiquement autonome, le détachant de l’ Allemagne, pour l’amener dans notre orbite économique.

Il remplit les fonctions de Chef de Bureau des affaires civiles, sous la haute autorité du Général Andlauer, puis du Général Wirbel, deux chefs d’origine Alsacienne comme Richert et qui lui font entière confiance.

Grâce à ses connaissances parfaites de la langue de Goëthe », et en raison de ses hautes fonctions, Richert devient bientôt le point de mire de la contre propagande allemande. Surtout après juillet 1920, lors de l’arrivée en Sarre, de la Commission du gouvernement, chargée, par la Société des Nations de l’administration du petit Territoire politiquement autonome.

Camouflé par la suite en fonctionnaire des Mines Domaniales, mais en réalité détaché aux Affaires Étrangères, il dirige, en sous-main, le nouveau courrier de la Sarre. Quotidien français de langue allemande et organise, dans tout le pays, un service de renseignement, qui veille sur tout. Des groupements divers, tels que Alsaciens Lorrains, Anciens Légionnaires, Sarrois d'origine française, qui ont des représentants jusque dans les plus petits villages et veillent à l'application stricte du traité de Versailles.

En 1919 et 1920, beaucoup de Sarrois, fascinés par la victoire de nos armées, désirent sincèrement que leur pays gravite dans l’orbite de la France et réclament, en masse, la nationalité française.

Mais les mesures dilatoires et plutôt hostiles des Britanniques, « Encore eux », ne tardent pas de faire craindre aux Sarrois, que l’autonomie de la Sarre n’a qu’un caractère provisoire.

La perspicacité de Richert, jamais prise en défaut, l’incite à quitter son poste de Sarrebrück. Il songe sérieusement à abandonner la carrière militaire, pour faire son chemin dans le monde des affaires, quant se produit un événement, qui devra avoir une influence déterminante sur sa vie.

Le Quai d’Orsay le charge de missions spéciales diplomatiques et militaires.

Au début de mai 1921, le Commandant Richert. Breveté d’État Major, entreprend une tournée d’instruction dans les grandes villes d’Allemagne et de l’Europe Centrale.

Il visite successivement Cologne, Hambourg, Berlin, Varsovie, Cracovie, Posen, Budapest, Bratislawa et Vienne. Il termine son périple par un séjour d'une quinzaine à Munich. Il a été reçu partout, par curiosité surtout. Tout le monde voulait connaître ce phénomène, qui agitait si vigoureusement le secteur de la Sarre.

Bel homme, il avait pu glaner, au cours de son périple, maintes importantes confidences sur le coussin, par des belles qui fréquentaient le cercle fermé de la diplomatie et de l’espionnage.

Fin mai début juin 1921, au cours d’un grand bal, donné par un ancien ambassadeur allemand, il fait la connaissance de quelques notabilités appartenant au milieu dirigeant Sarrois. Dont les Nazis de la première heure et avant la lettre.

Connu par les attaques vigoureuses dont il fut l’objet, dans la Presse allemande, il pique la curiosité des Munichois.

Rentré à Sarrebrück, il reçoit la visite d’un industriel Bavarois, qui le prie, de la part de Von Kahr, Président du Conseil de Bavière, de retourner à Münich, pour assurer secrètement la liaison entre les gouvernements français et Sarrois. Ce dernier ne désirait pas se laisser absorber entièrement par la République de Weimar et comptait obtenir la neutralité bienveillante de la France.

Devenu prudent après son expérience Sarroise, il s’en ouvrit à Monsieur Lenail, questeur de la Chambre des Députés. Personnage de l’entourage de Monsieurt Viviani, qui rentrait d’un voyage en Allemagne, et qui était de passage en Sarre.

Briand, alerté nomme Richert observateur officieux en Bavière. Il lui facilite sa tâche par l’octroi de subsides. Il a gardé son poste comme chef de la propagande en Sarre.

Ayant obtenu le feu vert pour entrer plus en contact avec les meneurs de la conspiration et les hautes autorités Bavaroises, il participe à de nombreuses réunions clandestines, parmi les Sociétés Patriotiques et paramilitaires telles que « Stahlhelm » « Oberland » « Blücherbund ». Paris lui alloue des fonds spéciaux pour indemniser certains intermédiaires, et pour financer quelques groupuscules paramilitaires.

Dès juin 1921, il passe une grande partie de son temps en Bavière et sur les voies ferrées reliant Münich à Berlin, Vienne et Paris. Il n’apparaissait que de temps à autres en Sare, pour donner le change à l’opinion publique.

Il possédait une fausse carte d’identité de l’organisation, établie au nom de « Major Berger ». Seuls étaient au courant de sa véritable identité Hugo Marchaus, rédacteur du Völkische Beobachter ». Journal Nazi fondé récemment et principal animateur des premiers S.A. de Münich. Ainsi que du Professeur Fuchs, l’homme de confiance des Wittelsbach, prétendants au trône de Bavière.

De 1920 à 1923, années fertiles en incidents et émeutes en tous genres à Münich, le Commandant Richert, devenu agent secret malgré lui, assistait à de nombreuses réunions et meetings dans les salles enfumées des brasseries.

L’une d’elles se termina par des bagarres, particulièrement violentes et sanglantes, dans la soirée du 4.11.1921, au célèbre Hofbraühaus à Münich.

L’orateur était un certain Adolphe Hitler.

Richert reconnaît avoir été impressionné par ce tribun populaire, qui, avec sa voix et son regard, exerçait déjà une véritable fascination, à la limite de l’hypnose, sur son auditoire. Pénétré par l’ampleur du destin qu’il se voyait attribuer.

Richert avait pour mission d’activer le mouvement séparatiste, fut ce au prix d’un coup de force.

Les leaders ;du mouvement parviennent à grouper autour d’eux environ 25.000 hommes et une quarantaine de canons, sous l’œil bienveillant du Général Von Rapp, commandant de la Reichswehr embryonnaire.

En 1922, on tombe d’accord sur la formule suivante ! « Créer un royaume catholique Danubien et restaurer la Dynastie des Wsittelsbach ». Des contacts sont pris avec les Leaders catholiques Autrichiens, Tyroliens et Souabes.

Le Vatican, averti par l’intermédiaire de Monseigneur Pacelli, alors nonce à Münich, se montrait favorable au projet. Les choses semblaient marcher à souhait.

En décembre 1922, les principaux meneurs, Marchaus et Fuchs, accompagnèrent secrètement le Commandant Richert à Paris, pour persuader le gouvernement français que l’heure H était arrivée pour déclencheur le coup d’État en Bavière.

Un fâcheux événement d’ordre international, fait échouer la tentative. La réoccupation de la Sarre par Poincaré, en 1923. De suite l’opinion Bavaroise se retourne contre la France.

Richert organise une ultime réunion secrète à Munich, au domicile de Marchaus, avec quelques chefs encore libres de l’organisation paramilitaire, favorables au complot.

Il a cru bon de révéler sa véritable identité. Sa tête avait été mise à prix par la police politique de Berlin, qui entre temps avait pris le contrôle de celle de Munich.

Il se rend très vite compte qu’il venait de tomber dans un piège, ou guet-apens et ne dût son salut qu’à une fuite précipitée.

Il passa de justesse entre les mailles du filet de la police grâce à un déguisement. Revêtu d’un vieux costume tyrolien, il réussit à regagner la France.

La plupart des meneurs autonomistes avaient retourné la veste. A l’exception toutefois de Marchaus et de Fuchs, qui furent arrêtés par la Police de Berlin.

Richert eut la surprise, en débarquant à la gare de l’Est, de trouver, à la une de « L’intransigeant », le récit de son évasion, avec force détails sur les circonstances de sa fuite.

Sur les travées du Palais Bourbon, le Président Poincaré fut interpelé au sujet du Commandant Richert. Il l’a désavoué publiquement par trois fois, déclarant : Qu’il n’avait jamais eu de mission officielle en Bavière.

On demanda à Richert de se taire et de s’abstenir de tout commentaire, moyennant quoi il recevrait une nouvelle promotion et une nouvelle affectation de son choix.

Côté allemand, le coup d’État a trouvé son épilogue au procès de Lmeipzig, où devant le « Volksgerichtshof » l’on discuta des faits et méfaits de Richert. Le scénario visait à blanchir les vrais responsables. Le Commandant Richert s’était engagé, envers eux, avant de quitter Münich, de se taire quoiqu’il advienne. Les inculpés et leurs défenseurs le chargèrent naturellement de tous les péchés.

Quelques jours avant l’ouverture du procès, Marchaus a été trouvé pendu dans sa cellule, avec son ceinturon.

Complètement brûlé en Sarre et en Allemagne, Richert fut affecté au 152e Régiment d’Infanterie à Colmar.

Il peut, à son gré, rayonner en Alsace. Retrouver ses amis du Sundgau et gagner aisément Reppe, pays d’adoption de sa famille.

En juillet 1925, il introduit une demande de mise à la retraite proportionnelle, pour ses 25 ans de service.

En réponse le ministre de la guerre lui a envoyé un télégramme s’enquérant s’il était volontaire pour servir au Maroc, pendant la durée de la guerre du Rif. Opération engagée contre Abd-El-Krim, ce qui l’a comblé d’aise, tant il avait hâte d’échapper à l’athmosphère lénifiante de la métropole et de retrouver un véritable esprit militaire.

Affecté d’abord à la Division marocaine, il la rejoint à Oudjda. Vers la mi juillet il est envoyé à Taza, fortement menacé par les partisans d’Abd-El-Krim.

A son arrivée à Taza, il rend visite au Général Gambay, commandant la Région et à son Chef d’État Major, le Capitaine De Lattre de Tassigny.

C’est alors pour Richert la grande aventure marocaine. Il rejoint tout d’abord Sidi Abdallah, important nœud ferroviaire sur la ligne de Fez.

Prenant le commandement des éléments avancés de la Division Marocaine, il est envoyé en hâte défendre ce poste important, contre les Riffains Puis, ceux ci ayant suspendu leur offensive vers le sud, Richert rejoint l’État-major de la D.M. à Fez, où le maréchal Pétain, qui dirige d'en haut les opérations, organise six Divisions destinées à anéantir les bandes d’Abd-El-Krim.

Peu après il est envoyé à Taza, en qualité de Chef d’État Major de la première Division de marche du Maroc (La D.M.M.).

A peine installé, le Colonel Conrap l’engage pour la pacification de la puissante tribu des Branès. Il y commande une petite colonne qui essuie un violent combat sur son flanc gauche, au cours duquel , à ses côtés est blessé le Capitaine De Lattre de Tassigny.

Après la soumission des Barnès, il participe, avec la première D.M.M., à une opération de grand style, qui rejette les Rifains hors de notre zone.

En mai l926, c’est la grande offensive, qui s’achève par la capitulation d’Abd-El-Krim, dans laquelle le commandant Richert a joué un rôle définitif, en lançant, de sa propre initiative l’avant garde de la première D.M.M. sur Targuet, capitale du chef Riffain. En dépit de l’interdiction formelle de franchir, sans ordre, la frontière du Rif Espagnol.

Il reçoit, en récompense, son cinquième Galon de Lieutenant Colonel.

En juillet il est envoyé à Engil, pour préparer l’assaut du repère quasi inaccessible du Tichoukt, où sont réfugiés de nombreux rebelles du moyen Atlas.

En août c’est la soumission des tribus guerrières de la grande tache de Taza. Opératiuon à laquelle prend part la 1re D.M.M., sous les ordres du Général Vernois avec Richert comme chef D’État Major.

Fin 1926, Richert se voit confier ce cercle du Haut-Leban. Il devient alors administrateur et fait montre, dans ce domaine de qualités hors pair.

Il consacre quatre années à organiser et à administrer les tribus du nord. A dresser leurs Caïds ,à nos méthodes d’administration. A doter le territoire de voies de communication, de Centres Administratifs. A protéger la frontière du Nord contre les incursions de bandes Riffaines, venues du Maroc Espagnol.

En avril 1930, il est nommé Commandant du 2e Étranger à Meknès, qui participe chaque année aux opérations de pacification de l’Atlas.

C’est désormais, pour lui, la vie rêvée de nomade, dans les camps et sous la tente. Elle convient parfaitement à son tempérament d’aventurier.

De mai à Octobre 1930, il dirige une opération dans le Moyen Atlas, à l’Oued El-Abid et livre le combat de Maokaïn, où il disperse une forte Harka de montagnards.

Cet exploit lui vaut le galon de Colonel.

En 1931, le groupe mobile de Meknès attaque le Grand Atlas. Richert fait figure de Commandant de Colonne.

Képi Blanc

Avant 1914, notamment à la première époque de Lyotay, dans le Sud Orannais, puis au Maroc, époque où le Général Richert a fait ses premières armes, la tenue de combat du Légionnaire comportait le Képi (bleu ou rouge, avec un couvre nuque blanc). Il devint kaki en 1917 et se portait déployé ou roulé derrière la nuque, pour se protéger du soleil africain.

L’usage de porter ce protège nuque commençait à se perdre dans les garnisons. En tenue de service, ou en sortie, on ne le portait plus guère qu’enroulé.

Le 30 avril 193l, à Sidi-Bel-Abès, à l’occasion der la traditionnelle célébration de Camerone, où se sont déroulées, en même temps, les fêtes du centenaire de la Légion et de la conquête de l’Algérie. Au cours du brillant défilé, qui marqua ces mémorables évènements, les premier et quatrième Régiments Étrangers étaient en Képi rouge.

Par contre, ce que l’on sait beaucoup moins, c’est qu’à cette même occasion, le képi blanc, « sans couvre nuque » a fait sa première apparition officielle, dans la tenue du Légionnaire.

Le Général Richert avait été invité, avec son Régiment, le deuxième Étranger, alors en garnison à Meknès. Comme du reste tous les régiments de la Légion, à participer à cette double commémoration,. Ce d’autant plus que ses légionnaires s’étaient particulièrement distingués lors des durs combats de pacification du Haut-Atlas.

C’est alors que Richert a eu une idée, pour le défilé : Afin de mieux démarquer son Régiment des autres, il a demandé à tous ses hommes, de porter, par dessus le Képi, une housse blanche soigneusement immaculée.

Le deuxième étranger fut particulièrement remarqué et très applaudi. A la réception qui suivit, cela valut à notre Colonel les félicitations particulières du Général Franchet-Desperey.

Ce ne fut ni la première, ni la dernière des mille extravagances, plaisanteries, incartades et autres exploits à la hussarde, accomplies par notre fougueux Général Sundgauvien. Ce qui ne lui valut pas que des compliments, au cours de sa carrière. Toujours est il que depuis lors le Képi Blanc a été officiellement adopté par l’ensemble des régiments de la Légion.

1932 est l’année des attaques sanglantes qui valent au Colonel Richert la brillante citation suivante :

« Comme commandant du groupe, a pris le premier mai 1932, une part décisive dans l’opération de forcement des cluses de Targount, obligeant à Laggouach, par une mesure hardie, un groupement der dissidents menaçants, à mettre bas les armes. Le 13 juillet, à An-efgou, a atteint tous les objectifs, malgré de grandes difficultés de terrain et par une habile intervention a dégagé un convoi aux prises avec les dissidents. En septembre, après avoir préparé avec une inlassable ténacité la progression de son groupement, s’est emparé, de haute lutte, le cinq et le sept du Tazigzeout. S’y est maintenu malgré les contre attaques et a exploité son succès avec autant de sens tactique que d’énergie, jusqu’à la capitulation complète de son adversaire. A obtenu ce brillant succès grâce à l’ardeur et à l’esprit de sacrifice qu’il a su comme chef de corps du 2e Régiment Étranger, inspirer à ses Bataillons ».

1933 c’est l’achèvement de la pacification, du Grand Atlas. Le Colonel Richert y- prend part et après les combats de Tanrecht et du Tanghart, pénètre avec son groupement dans la Haute vallée de l’Asil Melloul à 2500 mètres d’altitude. A la suite des combats de Djebel Hamdou et de L’Ouksersar, les derniers dissidents capitulent.

Richert reçoit la cravate de Commandeur de la Légion d’Honneur. C’est la fin de son épopée marocaine.

En juillet 1934, il est affecté à la subdivision d’Épinal. On lui a donné à comprendre qu’un séjour dans la métropole s’imposait, en vue de l’attribution des premières étoiles. Il lui plaisait, il est vrai de revenir en Europe, alors que l’atmosphère était déjà chargée d’électricité à la veille du plébiscite de la Sarre, en janvier 1935.

A peine arrivé, il prend part aux manœuvres du Corps d’Armée, et inspecte la ligne Maginot, dont il doit commander le secteur de Bitche, en cas de mobilisation.

Il découvre, au cours de ses inspections, une armée française figée dans sa victoire de 1918 et n’ayant pas suivi, comme sa voisine d’en face, le rythme du progrès.

Au début de 1935, il reçoit le commandement de la Brigade Nord Africaine de Toul, qui effectue, chaque année, des travaux entre Puttelange et Saint-Avold, en prolongement de la ligne Maginot.

Il critique ouvertement et vertement l’insuffisance de notre protection de la zone Nord par où il est indubitable que passeront à nouveau les allemands, ce qui n’est pas pour plaire au grand État Major.

Mars 1936 le voit parvenir au grade de Général de Brigade et à cet instant il songe d’aller offrir ses services à Tchank-Kaï-Tcheck, quant une affectation nouvelle, au Maroc, en juillet l936, le décide à ne pas abandonner la carrière militaire.

Il arrive au Sultanat pour remplacer, au pied levé, le Commandant de la Région de Fez, poste qui n’est pas de tout repos.

Il doit d’abord faire face aux nationalistes marocains, qui demandent une plus grande autonomie administrative. Il lui faut remédier, également, à l’insuffisance de notre protection, le long de la zone Espagnole, en pleine effervescence depuis le déclenchement de la guerre civile en Espagne. Enfin il lui faut s’adapter aux initiatives nouvelles et pleines de hardiesse du nouveau résident général, monsieur Peyrouton.

Le Général Richert se montre à la hauteur de sa tâche, faisant face, avec sérénité à toutes les difficultés. Mais il a compté sans les remous de la Politique Française et, en octobre 1936,

Peyrouton sacrifié par le Front Populaire, doit céder sa place au Général Noguès, précisément en mauvais termes avec Richert, depuis des lustres.

Aussi, en avril 1937, Richert est il remplacé comme administrateur de la région de Fez et ne garde que le titre de Commandant des troupes.

C’est en cette qualité qu’il entreprend la drôle de guerre. En 1939 il mobilise et groupe à Oran la 8e Division Nord Africaine. Au moment où elle s’apprête à partir pour la Syrie, le Général est affecté à Bizerte, comme adjoint au Préfet Maritime.

Il commande les troupes de la région fortifiée de Bizerte et organise la défense de la côte contre les attaques éventuelles venant de la Libye.

En mai 1940, lors de l’entrée de l’Italie en guerre, le Général Noguès l’envoie à Béjà en Tunisie, avec ordre de former, avec les dépôts Algériens et Marocains, une nouvelle Division indigène.

A l’armistice, la Division en formation à Béjà est dissoute et Richert se voit confier le commandement de la 180e Division d’Infanterie, entre Sousse et la ligne de Mareth, couvrant la Tunisie face à la Libye.

Mais Richert n’accepte pas l’armistice et la défaite momentanée de la France.

Il entretient ses troupes dans d’excellentes conditions physiques, prévoyant le moment où elles se heurteront aux Italiens de Tripolitaine et de Libye.

Il trouve en Monsieur Peyrouton, alors résident général à Tunis, un homme compréhensif, qui n’envisage pas la victoire Nazie. Mais se heurte au Vichyssois Général Noguès qui intrigue et le fait mettre à la retraite, par dépêche, sans qu’on lui octroie, comme il est d’usage, sa troisième étoile dans le cadre de la réserve.

Richert retourne alors à Fez et s’adonne à la résistance. Sur sa route il s’arrête à Alger, y voit ses amis et connaissances et les persuade de l’impossibilité de l’Allemagne de gagner la guerre et par voie de conséquence il les engage à se préparer à la lutte.

En août 1940, il entre en contact – déjà – avec les officiers jetés sur la côte, non loin d’Agadir, pour tenter un soulèvement au Maroc.

Richert s’engage à mettre éventuellement ses qualités de chef, à la tête d’un mouvement visant à rallier le Maroc aux Forces Françaises libres.

A cet effet il consent à rencontrer le Général De Gaulle à Gibraltar et fait aménager secrètement aux environs de Sefroy, un terrain d’aviation auxiliaire où doit atterrir un avion Britannique, à une date fixée à l’avance et qui l’emmènerait en Angleterre.

Sur ces entrefaites il apprend la mort de son frère à Reppe et revient en France, pour régler, avec ses neveux ses affaires de famille.

Il en profite pour parcourir le pays et prendre contact avec des organisations de Résistance, principalement à Toulouse, Tarbes, Marseille, Avignon, Montélimar, Lyon et Vichy où un bref séjour lui permet de constater que nombre d’officiers de l’entourage du Maréchal jouent double jeu.

En novembre 40, de retour au Maroc, il apprend non sans surprise, que des officiers gaullistes, débarqués au Maroc, ont été appréhendés. Il ne peut plus, dès lors, être question d’une entrevue avec De Gaulle.

Il se décide alors à quitter le Maroc pour l’Angleterre, lorsqu’il rencontre, à Casablanca, des agents consulaires américains, qui lui conseillent vivement de rester en Afrique du Nord, où sa précieuse présence peut être plus utile qu’ailleurs.

Pendant l’hiver 1940-41, il prépare le débarquement américain et travaille, dans ce but, de concert avec les agents américains.

Cette activité n’est pas sans éveiller les soupçons des chefs locaux de la Légion des Combattants. Organisme à la dévotion de Pétain, dont elle est la création. Il est de leur part l’objet d’une continuelle surveillance.

Alsacien de vieille souche, il s’occupe tout naturellement des réfugiés Alsaciens –Lorrains particulièrement nombreux. Les groupe en Associations. Crée pour eux un foyer à Fez et les embrigade dans des formations de combat, en vue de la libération du Maroc.

Il leur assigne plus spécialement comme tâche, en cas de débarquement allié, la neutralisation de la Légion et surtout des S.O.L. fanatisés.

A Casablanca il monte aussi une dizaine de groupes, dont il assure personnellement la liaison avec l’ensemble du réseau du Maroc.

En 1941, le voici de nouveau en France où il continue à maintenir le contact avec les Alsaciens-Lorrains et à raviver en eux l’espoir d’une victoire de la cause alliée, malgré les triomphes momentanés du Nazisme.

Revenu au Maroc, il fonde, à Casablanca, Fez et Meknès des comités de notables résistants, sans distinction d'opinion politique

Mars 1942 le trouve à Tunis, où il s’informe de l’attitude des autorités françaises en cas de débarquement allié à Alger. Au retour il revoit le groupement l’Alsaciens-Lorrains, les agents consulaires américains et de nombreux officiers qui, en sous main travaillent pour la cause des alliés.

Rentré au Maroc, après son voyage de prospection en Afrique du Nord, il travaille à fédérer tous les groupements existants et à rallier à sa cause quelques Régiments, Tabord et Goums, dont il connaissait les sentiments des chefs. Il adressa alors, aux Anglos-Saxons un rapport où il met en lumière l’importance et l’urgence d’un débarquement en Afrique du Nord, et où il recommande tout spécialement l’occupation de Bizerte, dès la première heure de la tentative des alliés.

Quinze jours avant le débarquement il rédige, à la demande du conseiller Murphy, avec plusieurs membres du Comité de Casablanca, les dernières recommandations à ;l’adresse de L’État Major des troupes de débarquement.

Le 9 novembre 1942, sur ordre du Résident Général, il est arrêté et gardé à vue à son domicile par deux inspecteurs Libéré dans la nuit du 10 au 11 novembre, il est arrêté à nouveau alors qu’il s’apprêtait, sur recommandation de Londres, à déposer une gerbe au monument aux morts.

Finalement le Général Noguez, qui a contrarié en tous temps l’action de la Résistance, demeure à son poste auprès des alliés, tandis que le Général Richert est mis à l’écart. Bel exemple de justice humaine.

Richert est nommé juge suppléant au Tribunal d’Armée, ce qui l’oblige à de fréquents déplacements à Alger et lui permet d’entrer en relations avec l’entourage du Général De Gaulle. De fréquenter les principaux personnage de l’époque qui composaient le gouvernement provisoire de la France libre. Les généraux De Gaulle, Giraud. L’amiral Darlan et quantités d’autres proconsuls de l’époque.

Voyant toutes les intrigues qui se nouent et les procès que se livre la Camerilla, dans l’entourage de De Gaulle, il décide d’abandonner définitivement l’armée.

En 1945 il retourne au Maroc, à Fez et entre au Conseil d’Administration de plusieurs grosses affaires industrielles. Il fonde et dirige durant deux ans, de 1948 à 1950 un Quotidien : Le courrier du Maroc.

La politique d’amitié franco Marocaine ne plait ni aux autorités du protectorat, ni aux gros colons.

Le Général Richert sera notamment un des signataires de la fameuse lettre des 75 adressée au Président de la République pour protester contre la politique de répression pratiquée au Maroc par les autorités Françaises, pendant l’exil du sultan Mohamed V.

La situation politique et économique s’étant détériorée après les années 1950-60, il liquide ses affaires en 1964 et quitte définitivement sa résidence de Fez, où il jouissait pourtant de l’amitié et de la considération générale, dans tous les milieux marocains.

Durant toutes ces années il a fait nombre de voyages en France, en Allemagne et jusqu’en Amérique où il était invité à donner des conférences.

Il venait chaque année en Alsace, dans sa famille à Reppe, Saint-Ulrich et Strueth.

Sur le tard de sa vie il est venu retrouver ses racines, dans son Sundgau natal. Il est toujours resté attache viscéralement à son village de Saint-Ulrich. Il aimait évoquer, dans le savoureux dialecte de la Largue, qu’il n’a jamais renié, maints souvenirs de sa jeunesse.

Il avouait volontiers qu’il devait essentiellement sa bonne forme physique et son caractère entier à son ascendance paysanne du Sundgau. Ce faisant il s’est toujours souvenu du sage conseil de Monsieur Michelet qui disait « L’important n’est pas de monter, mais en montant de rester soi.

C’était un grand svelte vieillard, qui est toujours resté très droit, jusqu’au seuil de sa mort. Il entretenait sa forme physique, pratiquait encore le vélo, nageait dans la Largue à 90 ans, même lorsque l’eau était trop froide pour les jeunes.

Il avait fait agrandir le cimetière de Saint-Ulrich, ce qui lui a permis, longtemps à l’avance, de faire construire son propre caveau, dans lequel il a fait transférer ; les restes de ses aïeux.

Le 28 aout , 1966, jour de son 87e anniversaire, au cours d’une réception à la mairie de Saint Ulrich, le maire de l’époque, Monsieur Schindler Auguste étant un de ses parents, il avait été fait citoyen d’honneur de la localité.

Il ne s’est jamais marié, ce qui ne l’a pas empêché, bel homme qu’il était, de faire des ravages auprès de la gent féminine de la bourgeoisie et de l’aristocratie des pays de l’Est.

Notamment pendant sa période d’agent secret. Il a recueilli maintes confidences secrètes sur l’oreiller.

Chaque année il a convié toutes les vieilles personnes des quatre villages formant la paroisse de Mertzen, à un repas gastronomique, où le champagne « De la Légion » coulait à flots.

Il a passé les dernières années de sa vie comme pensionnaire à la maison de retraite de Dannemarie où il est décédé le 17 janvier 1975, à l’âge de 96 ans.

L’enterrement du grand homme a été plus que discret. L’administration avait délégué un mince peloton militaire pour lui présenter les derniers honneurs.

La municipalité de Saint-Ulrich a réparé cette injustice. Le samedi 19 mai 1984, lors de l’inauguration de sa salle des fêtes, construite par la vaillante équipe des Sapeurs Pompiers locaux. Elle a été dédiée très officiellement, en hommage posthume au Général de Brigade Xavier Auguste RICHERT, grand Officier de la Légion d’Honneur, illustre Légionnaire et enfant du village.

Il était 15 heures lorsque Madame Charles Richert, épouse de l’ainé des neveux du Général disparu, a dévoilé la plaque commémorative de la salle Auguste Richert, en présence de Monsieur le Sénateur Goetschy Président du Conseil Général du Haut-Rhin, De Monsieur le Sénateur Chiele, de Monsieur Belin sous préfet d’Altkirch, Monsieur Weisenhorn député de la circonscription, Messeurs Wqith, Klemm et Reitzer conseillers Généraux, ainsi que des maires et de nombreuses autres personnalités du canton et de l’arrondissement.

A la place d’honneur trône le buste en bronze du grand homme. Il l’avait fait sculpter de son vivant.

A la salle de la mairie, un tableau le montre à cheval sur le front de ses troupes. Il veille sur les débats du Conseil Municipal.

Sa saga est consignée dans le livre d’or de la Légion. Il a fait don de son uniforme de gala et de son sabre d’apparat au musée sundgauvien d’Altkirch.


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