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La Newsletter 13/23 de l'AALEME

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La Newsletter 13/23 de l'AALEME

Géopolitique de la Légion étrangère - 11 juillet 2013

Lettres d'ouest - 21

Dimanche 14 juillet 2013

J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent. L’Ecclésiaste

Quelle peut bien être la motivation de notre ami Antoine, du lointain de son “ailleurs”, de nous faire part de son agacement vis-à-vis de certains comportements sans concession, affichés par certains d’entre nous, anciens légionnaires ?

“Certains d’entre nous”? Mais au fait, pourquoi “d’entre nous” puisqu’ils ont choisi une forme d’exclusion volontaire, et que pour faire partie de leurs « corporations », il faut être muni d’un sauf-conduit justifié par des origines nationales ou géographiques ou un temps passé dans certains régiments ?

Comment me serait-il possible, malgré une vie quasi entière passée à la Légion, de devenir membre d’une de ces amicales particulières des légionnaires parachutistes ou des légionnaires Chinois de Paris ? Il y a bien eux… et les autres !

Antoine explique au mieux ce choix de paraître comme “un état dans l’état”, même si la base de leur identité reste tout de même notre glorieuse Légion étrangère.

Fort de ce constat, je ne pouvais que demander à mon ami de faire montre de compassion, cette vertu par laquelle un individu est porté à percevoir ou ressentir une réaction de solidarité active, ce qui sous-entend d’être détaché de soi-même, sans quoi on peut aisément la confondre avec l’apitoiement et sa composante, la complaisance. De même, cette compassion envers autrui peut être confondue avec la pitié, au sens moderne du mot et sa connotation de … condescendance.

Ca fait un grand bien de lire « tout haut » ce que beaucoup “d’entre nous” pensent tout bas, surtout que je sais que c’est écrit sans acrimonie ni jalousie et n’avons-nous pas choisi d’être légionnaires nous plaçant nous-mêmes sur un plan que d’autres ne peuvent pas atteindre ?

 

« Memento mori »

Je sais que certains vont me vouer aux gémonies, mais je le disais déjà en activité de service, car depuis trop longtemps que ça me tarabuste, me turlupine ; alors je l’écris sans animosité aucune, mais je l’écris.

A l’instar de Carnot avec les révolutionnaires, Lazare “l’organisateur de la victoire”, pas Sadi venu plus tard… le colonel Bernelle a procédé à l’amalgame des nationalités au sein de la Légion étrangère, après la cuisante défaite des forces du général Trézel face à Abd el-Kader, et dont les bataillons nationaux de la Légion se rejetaient la responsabilité. Le bien-fondé de cette décision a été démontré par l’échec, Dieu merci, d’une tentative de création de bataillon espagnol, et n’a plus jamais été remis en question.

Mais s’il est vrai que structurellement l’amalgame a toujours prévalu, on ne peut pas nier la propension – pendant un temps et même dans la Légion moderne - des ressortissants à certaines nations à se réunir entre soi. C’était vrai à telle enseigne que nombre de légionnaires s’exprimaient plutôt en allemand, par exemple, qu’en français. L’aquarelle célèbre de Rosenberg représentant une scène de soulographie que d’aucuns appellent « les quatre ivrognes » s’intitule en fait « Le chant de la patrie ». Ce sont des Hongrois qui, groupés, chantent, attablés au foyer, leur lointain pays. « En service on parle français » entendait-on souvent, asséné avec force par un cadre ! Cette habitude a eu tendance à disparaître, le recrutement allemand s’étant tari. Remplacée un temps par le recrutement britannique qui avait pris la même fâcheuse habitude,elle semble être aujourd’hui l’apanage des originaires de l’Europe de l’est et de l’orient extrême. Si les premiers maitrisent assez rapidement la langue française, outil intégrant de référence, ce n’est pas le cas des seconds, hélas !

Mais d’autres particularismes qui peuvent, dans une certaine approche, être vus ou ressentis comme réfractaires à l’unité légionnaire, se sont fait jour à notre grand dam, bien qu’ils aient reçu, en leur temps, le nihil obstat de la part des autorités compétentes, comme un ouvrage littéraire avant impression.

Je veux parler de ce désir de démarcation au sein même de la communauté mondialement connue et reconnue, c’est-à-dire respectée, qu’est la Légion étrangère.

C’est ainsi qu’en 1976 a été créée l’amicale des anciens légionnaires parachutistes. Vint ensuite, bien plus tard, l’amicale du 2ème régiment étranger d’infanterie, puis celle des Chinois (de Paris ?), des Coréens… probablement d’autres que j’ignore.

Il est clair et hautement respectable que toutes ces amicales recherchent le bien commun, et leurs membres sont fiers à juste raison de leur appartenance à la Légion, mais sont-elles réellement nécessaires telles qu’elles se présentent dans leur spécificité ? Etre simplement légionnaire ne suffit plus ? Quel légionnaire non chinois ou « apparenté » aurait l’idée saugrenue d’appartenir à une amicale où la conversation ne se fait probablement qu’en mandarin et rarement en français ? On me rétorquera que dans les amicales allemandes probablement, il ne doit y avoir que des Allemands. C’est vrai, mais c’est en Allemagne. Dans une amicale britannique, sur les terres de Sa très gracieuse majesté, il est légitime qu’il y ait une majorité de britanniques. A Paris la donne est différente. Quel autre, non breveté parachutiste, oserait proposer sa candidature à être membre de l’AALP, cette énième compagnie de notre cher 2ème REP ? L’image est osée, je sais, et je m’en excuse auprès de tous mes camarades, mais tout cela me fait penser à ces lessives qui prétendent laver plus blanc que blanc…

On perçoit comme un désir de surenchère dans l’excellence.

Cette envie de différenciation ne s’arrête pas là. Des amicales d’anciens de la Légion deviennent des « amicales d’anciens combattants de la Légion », alors que tous les membres d’une troupe combattante, sont a priori des combattants, à moins que l’on m’oppose « les gros de la cuisine » et les lustrines des bureaucrates… certaines entrent ouvertement dans une sorte de dissidence puis, à peine on grave dans le marbre d’un mur le nom des morts au combat d’un régiment, qu’un autre, toutes affaires cessantes (?) lance une souscription pour l’érection du sien. Mais quid de tous les autres ? Ceux des régiments éteints, oubliés ? Les morts plus anonymes dont les tombes, mal entretenues, parfois sans nom, renferment des visages oubliés ?

Pourquoi a-t-on abandonné le monument de Saïda aux bonifaciens, par la volonté d’un seul, décidant par-là du devenir du patrimoine commun? Il camperait bien au centre de la Caserne de Chabrières… Naguère le registre des décès était confié à la niche du monument aux morts de la Légion à Bel Abbès, d’autres ont leur nom sur les murs de la crypte du musée, ou à Puyloubier ; tous ont laissé leur souvenir dans la poussière des djebels, dans les calcaires indochinois ou dans le delta, certains dans les tranchées de 14, dans les terres chaudes du Mexique, au Dahomey, à Madagascar… bref, partout où le combat a fait et fait signe. Alors à quoi bon toutes ces marques extérieures d’excellence qui ne sont accessibles qu’à certaines catégories de légionnaires ? Quitte à radoter, je répète : et les autres ? Et ces dizaines de milliers d’autres depuis 1831 ?

Jeudi dernier aux Invalides, l’étendard du REC recevait une citation à l’ordre de l’armée; l’emblème du REP une nouvelle palme, lui aussi, et une deuxième fourragère. Notre musique ponctuait la cérémonie. Quel hommage grandiose rendu aux légionnaires dans ce temple du soldat. J’eusse aimé en être ! Mais en dehors des touristes débraillés sous les arcades et dans les galeries supérieures qui y assistait ? Les anciens de l’AALP essentiellement…

Un temps je me suis réjoui de voir l’amicale de Vaucluse, composée en grande partie d’anciens du Royal étranger, présidée par un capitaine parachutiste, un ancien camarade sous-officier à la 2 du REP.

Après tout, Jeanpierre n’a-t-il pas été lieutenant au 6ème étranger et Chenel au 5, pour ne nommer que ceux-là ? Et puis le quartier de Calvi ne porte-t-il pas le nom d’un cavalier qui donna sa vie à la tête du 2ème BEP?...

More Majorum… mais la 13 le proclame aussi depuis les glaces de Narvik jusqu’aux sables des déserts.

La grande famille Légion est bien trop importante, significative, une, indivisible pour qu’il puisse y avoir ceux qui s’installent au centre et la masse de tous les autres qui, comme des cousins de province en visite, n’auraient droit qu’au bas-bout de la même table.

Antoine Marquet

Antoine

CR activités AGRLEM Juillet 2013‏

Samedi 13 juillet, le bal traditionnel et le feu d’artifice à la Résidence de France permettait à nos camarades de se retrouver autour de quelques grillades et de s’organiser pour la journée du lendemain.

 

Dimanche 14 Juillet 12h, Madagascar, Résidence de France à Ivandry Antananarivo.

A ce même instant à Paris, le défilé bat son plein. Lors des hymnes nationaux malgache et français (le salut) avant l’allocution de Monsieur l’Ambassadeur de France, coïncidence la légion s’apprête à passer devant la tribune présidentielle.

Pour les anciens de l’AGRLEM, nous avons mis un point d’honneur à répondre à l’invitation de Monsieur l’Ambassadeur de France à Madagascar afin d’être présents derrière notre Ambassadeur en cette période difficile pour Madagascar.

Avec notre drapeau porté par le S/c (er) Fischer, (notre ami Hans Albrecht, vétéran de Dien Bien Phu, lui ayant transmis ce privilège en raison de son « grand âge»), notre Président et quelques anciens étaient la cible de beaucoup d’invités.

Souvenirs, bonne entente entre amis et frères d’Armes, telle était l’ambiance qui régnait.

Monsieur l’Ambassadeur ainsi que Monsieur le Consul Général nous faisaient l’honneur d’immortaliser le moment par une séance « photo » particulièrement appréciée de tous d’autant que la Légion commémorait les 150 ans du combat de Camerone.

Une journée de rassemblement de la communauté française très réussie.

 

Le Président de l’AGRLEM

A/c (er) S. GARCETTE

Quand les anciens et ceux de l’active travaillent ensemble pour une même cause !

 

Amicale Général ROLLET Légion Etrangère à Madagascar

 

Juin 2013

Quand les anciens et ceux de l’active travaillent ensemble pour une même cause !

 

A l’anniversaire de la célébration de Camerone 2013, notre Président a évoqué une éventuelle sortie de l’Amicale, dans le Nord de Madagascar, à Diégo plus précisément.

Début Juin, notre Président et quelques membres du bureau, prenaient la route pour la mission : Contact avec des anciens résidents à Diégo et contrôler (sous couvert du Major Gaffori, assistant de l’attaché de Défense de l’Ambassade de France) que les fonds débloqués à l’entretien des cimetières de Diégo étaient utilisés à bon escient.

Le hasard était qu’une délégation du DLEM était présente à ce même moment, afin de vérifier le fruit de leurs efforts en matière d’aide à ces cimetières.

Le tour des sites funéraires renforçait nos pensées : un travail énorme à accomplir et une surveillance accrue de l’exécution des travaux étaient de mise.

4 sites étaient à notre programme : les cimetières de Diégo-ville, Ramena, Joffre-ville, Sakaramy.

cimetière de Sakaramy 13.JPG

Mur d’enceinte extérieur du cimetière de Sakaramy

1) Cimetière de Sakaramy.

Nous avons pu constater que le cimetière était envahi de hautes herbes (hauteur d'homme), des arbustes conséquents avaient poussé sur le centre. Aucune tombe ne pouvait être visible. Accès fermé.
Des débuts de travaux semblaient y avoir commencé, mais la personne de la mairie qui nous a guidé à l'endroit du cimetière, indiqua à notre traducteur, que ces derniers avaient cessé tous travaux, suite à la somme leur étant proposée pour ce travail de nettoyage : 300.000 Ar. Somme insuffisante d'après eux.

cimetière de Sakaramy 9.JPG

Quelques tombes retrouvées.

Nous avons pris ci joints quelques clichés du cimetière. Aucun représentant de la Sté Todisoa (en charge des travaux) n'est présente, seul, l'employé du Fokontany. (Mairie)
Quand la nature reprend les droits qu’elle ne devrait pas avoir…

2) Cimetière de Joffre-ville

Chemin d’accès actuel au cimetière de Joffre-ville

Trouver le cimetière ne fut pas une mince affaire. Sa situation étant complètement impossible d'accès ( voir photo) la végétation envahissante (accès d'un chemin de 1.50 m de large) suivi de la traversée du cimetière civil en total désordre, pour arriver à un mur d'enceinte fermé par un portail où deux employés étaient sur place occupés à défricher arbustes et herbes de plus de deux mètres cinquante de hauteur. (Voir photo)

Un travail digne des missions profondes…

Ils déclarent être présents depuis une semaine déjà. (Ils habitent le village)

Vu l'état du cimetière qui, selon leur dires, n'a pas été effectué depuis plus de
3 ans, l'ampleur de la tache est difficile. (Nous les croyons aisément.)

Nous constatons que les hauts de murs sont à refaire entièrement, et qu'il existe un autre chemin afin d'accéder sur les lieux. Il faudrait déplacer l'entrée à l'Ouest de sa position actuelle. Les employés expliquent que l'autorisation de cela dépend du maire de la commune (Fokontany).

Ces deux employés expliquent également à notre interprète que leur salaire est de 300.000 Ar pour défricher l'endroit.

Joffre-ville

Nous essayons de joindre la TODISOA, sans résultat.

Les employés sur place nous fournissent le numéro de leur commanditaire le 0.34.31.739.82 qui n'est pas le même indiqué sur notre dossier.

Après appel, ce dernier déclare avoir perdu son téléphone… ?

Joffre-ville (le monument central)

3) Cimetière-centre de Diego

Le cimetière paraît assez propre, aucune indication ne précise sa situation.

Une tombe éventrée, dans l’une des nombreuses parcelles recensées.

Nous recherchons le "cimetière indigène" avec difficultés. Aidés par
des locaux, nous arrivons à le localiser dans le fond du cimetière civil grâce
aux inscriptions sur des "pierres debout".

En bord de route une autre parcelle clôturée et nettoyée est localisée. Son emplacement est accessible.

Aucun employé vu sur le site. La Ste Maheri BTP qui devait être présente sur les lieux depuis le mardi n'est pas là.

Nous passerons à plusieurs reprises les jours suivant devant le site, mais personne n'y travaille et ne semble y avoir été aperçu.

4e et dernier cimetière de notre visite. Ramena.

Le cimetière de RAMENA.

Les gens du DLEM et nous, avions rendez-vous à Ramena, pour le dernier jour de notre visite à Diego.


Les entrepreneurs, chargés des travaux étaient également présents sur les lieux. Détails techniques de comment faire une coulée de béton pour les dalles recouvrant les tombes, les murs d’enceintes à lever, mais dans un bon état grâce au passage de nos amis du DLEM.

Balisage depuis le bord de route à refaire, comme pour ceux de Sakaramy et Joffre-ville

Concertation de travail….

Nous avons effectué une série de photos de ces sites. Le Major Mencucci (PSO du DLEM) est satisfait dans l’ensemble et se charge de répercuter cette « mission » et faire connaître l’avancement des travaux par l’intermédiaire de Képi blanc (mensuel de la Légion étrangère).

Nous avions en notre possession, les documents nécessaires à l’identification des tombes (BMPA), mais les conditions rencontrées étant vraiment difficiles, le défrichage de Joffre-ville et Sakaramy (travail d’ampleur) n’étant pas terminé, voire pas débuté. Nous sommes restés dans l’impossibilité d’effectuer cette identification.

Nota : il serait judicieux de conserver, une fois les tombes rénovées, les plaques d’identifications actuelles de ces dernières.

Les membres de l’A.G.R.L.E.M. présents étaient :

Le Président l’A/c (er) Serge GARCETTE, le vice Président l’A/c (er) J-C SALATA, le délégué Nord-Ouest l’Adj (er) Peter MOLTRECHT, le Secrétaire général et Trésorier C/c (er) Patrick EECKMAN

Un membre sympathisant de notre Amicale, le Major (er) Eric PICARD


Pour le DLEM, le Major MENCUCCI, (PSO), le Major ROSSI, ainsi que l’Adj GRIGORIEV en charge du Casernement du DLEM.

Des remerciements particuliers au Major Gaffori, Adjoint de l’Attaché de Défense près de l’Ambassade de France à Madagascar qui nous a fourni les documents affairant à ces cimetières et œuvré à la réalisation de travaux pour ces derniers.

 


Diégo, Juin 2013

Le Président de l'AGRLEM

Le général Caillaud

Préface du général Bruno Dary

Né en 1921, sorti de Saint-Cyr dans l’arme de l’infanterie en 1942, Robert Caillaud appartient à cette génération du feu qui, après la défaite, a restauré le prestige des armes françaises et qui a continué de servir avec éclat celles-ci sur les théâtres d’Extrême-Orient et d’Algérie. « Diable rouge » dans l’Armée de Lattre, il entre au lendemain de la campagne contre l’Allemagne dans le monde légionnaire, dont il va devenir une haute figure, au 2e REI d’abord, au 2e BEP ensuite, au 2e REP enfin. Rompant avec l’esprit de routine et anticipant les missions futures, il transforme ce régiment, qui garde aujourd’hui encore l’empreinte du chef de corps exceptionnel que fut Caillaud.

À la Légion ou dans les troupes aéroportées, où il devient officier général et où il continue d’innover, Robert Caillaud imprime sa marque personnelle, celle d’un militaire hors du « moule », qui a pour horizon l’idéal auquel il a voué sa vie, celle d’un chef qui répand le courage autour de lui et qui entraîne l’adhésion, celle d’un homme exemplaire, aimé des humbles et vénéré par ses subordonnés.

D’un maquis de la Résistance à la présidence de l’Entraide parachutiste, la vie de Robert Caillaud fut tout entière tournée vers les autres, comme en attestent les nombreux témoignages et documents recueillis dans cet ouvrage consacré à sa mémoire, celle d’un homme de guerre et de cœur dont la personnalité et l’action ont eu une influence considérable sur de nombreux officiers.

Ancien de l’Armée de l’air, Jean-Pierre Simon a fondé le Groupement souvenir et traditions de la Légion étrangère, dont il est un ami de longue date. Il s’est appuyé pour l’écriture de ce livre sur les archives de l’armée de terre, les archives de la famille Caillaud et les témoignages des frères d’armes du général. Conformément au souhait de Mme Geneviève Caillaud, les droits d’auteur de l’ouvrage sont partagés entre le Foyer d’entraide de la Légion étrangère et l’Entraide parachutiste.

ISBN : 978-2-7587-0110-1

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L'action sociale du général Rollet

Samedi 21 septembre 2013


L'Amicale des Anciens de la Légion Etrangère du Pays d'Aix et de la Sainte Baume m'avait demandé de présenter à Aubagne au cinéma du quartier Viénot, "l'action social du général Rollet". Au moment où s’amorcent les commémorations liées au centenaire de la guerre 14 – 18, il me semble intéressant de vous proposer cette mini-conférence et de mettre sous les feux de la rampe cet homme exceptionnel, « premier légionnaire de France » le général Paul Frédéric Rollet, à l'époque chef de corps du célèbre RMLE (Régiment de Marche de la Légion Etrangère):

Tout commence en 1875, année qui a vu naître Paul-Frédéric Rollet. Son père affecté au 46° Régiment d’Infanterie de ligne à Auxerre est capitaine, grade attribué en 1871 à titre exceptionnel en raison de son comportement durant la guerre de 1870-71. Nul doute que l’influence de son père - pour lequel il nourrissait une véritable vénération - l’a conduit tout naturellement à choisir le métier des armes. Une deuxième approche paraît intéressante aussi : le fait que plusieurs fois il s’est retrouvé sous les ordres du célèbre commandant Brundsaux dont l’effigie coiffée d’un casque colonial, type Madagascar ou Dahomey, est l’un des barbus, sentinelles géantes qui gardent notre monument aux morts à Aubagne. Enfin au cours de ses multiples affectations tant à Madagascar qu’en Algérie et au Maroc, il rencontra celui qui devait devenir un de ses amis: Louis, Hubert, Gonzalve Lyautey. Tous les gens qui ont eu le privilège de côtoyer le maréchal Lyautey ne pouvaient rester indifférents au contact de cet homme exceptionnel qui était doté d’un réel pouvoir et d’un charisme hors du commun. Le jeune lieutenant Rollet, ne pouvait avoir de meilleur exemple que cet officier au caractère remarquable. Peu de temps après son entrée dans le corps des officiers, le lieutenant Lyautey avait montré sa forte personnalité en publiant audacieusement en 1891, dans la Revue des deux mondes le « rôle social de l’Officier », dans lequel il faisait connaître sa conception humaniste de l’Armée. Ce livre bouleversa le monde militaire et civil de l’époque et influença toute une génération d’officiers.

Cependant, pour ce qui est de l’action sociale du général Rollet, ce n’est qu’à partir de 1925, lorsqu’il est chef de corps du 1er Régiment Etranger d’Infanterie que se fait ressentir une réelle nécessité d’organiser « l’après Légion » des légionnaires rendus à la vie civile. C’est pour lui une vraie prise de responsabilité; l’inexistence d’une action sociale légionnaire lui apparaît comme un vide. Un constat simple s’offre à nous, il suffit d’ouvrir le fameux « livre d’or de la Légion étrangère » celui de 1931. Il comprend très exactement 374 pages et seules 2 d’entres-elles sont réservées aux « œuvres d’entraide et d’assistance, sociétés d’anciens légionnaires », la FSALE de l’époque et encore, en y retirant le superflu et l’inutile, il reste bien peu de place proprement dite à l’action sociale.

Bien entendu qu’il existait le « Centre de repos d’Arzew » qui durera, d’ ailleurs 34 ans, celui de Salé au Maroc, un « centre d’hébergement » de 20 lits à Marseille au 21 rue des 13 escaliers et en 1933, la maison de retraite d’Auriol dite « le petit village international de la Vède ». Bien entendu aussi que de nombreux libérés restaient en Algérie ou au Maroc, mais avec un effectif de plus de vingt mille hommes, la légion « lâchait », chaque mois sur le port de Marseille, près d’une centaine de nouveaux « anciens légionnaires » qui se retrouvaient livrés à eux-mêmes .

Lorsqu’éclate en 1929, la crise économique mondiale, une incontrôlable vague de chômage déferla sur l’Europe. Cette situation ne pouvait arranger les situations des légionnaires « rendus » à la vie civile.

Pour mieux appréhender les répercussions de cette débâcle mondiale sur la vie des anciens légionnaires en France métropolitaine, le Général demande en 1932, au capitaine Rollin, patron du Service d’Immatriculations de la Légion à Marseille, de faire une étude minutieuse et sans concession sur les conditions dans lesquelles s’effectuent le retour à la vie civile des légionnaires et surtout sur les améliorations possibles à y apporter.

Entretenant d’étroites relations avec les amicales, le capitaine Rollin s’acquitte de sa mission et rend compte peu de temps après au Général du résultat de ses investigations: le constat qui en résulta était des plus sévères et surtout sans appel ! C’était celui d’un horrible parcours du combattant que constituaient, les formalités administratives pour des étrangers qui n’avaient pas connaissance de leurs droits, qui maitrisaient mal la langue française et qui ne savaient où et à qui s’adresser.

Une évidence s’imposait: le grand besoin pour les libérés d’être soutenus, seuls ils ne pouvaient et ne savaient bénéficier de leurs droits.

Le Général était persuadé que la Légion ne pouvait continuer à se désintéresser du sort de ses anciens serviteurs d’autant qu’il était convaincu que porter une aide conséquente aux anciens se répercuterait sur le moral des légionnaires en activité de service qui verraient, avec grand soulagement, l’occasion de ne plus penser avec appréhension au moment de leur départ de la Légion. C’est aussi cela, précise-t-il, l’esprit de famille légionnaire.

Ces hommes déchargés de leur service légionnaire ne comprenaient pas qu’ils ne puissent trouver à leur libération, une aide officielle organisée, dans un pays à la grandeur duquel ils ont donné de leur temps par au moins 5 ans d’une vie très dure payant au prix fort de leur sang versé.

Dans le mensuel « La Légion étrangère » en 1931, un ancien adjudant s’exprime en ces termes: « Dois-je mendier dans la rue, moi, ancien légionnaire avec 11 ans de service, médaillé militaire, ou me laisser arrêter pour vagabondage, puis reconduire à la frontière entre deux gendarmes, ou bien dois-je me suicider ? »

Conscient de la gravité de la situation, le Général décide d’appliquer son axe d’effort, dans un premier temps, sur les objectifs suivants:

  • Souci de donner aux retraités et réformés les moyens d’une nouvelle existence à l’abri de la misère,
  • Maintenir « l’esprit Légion » entre les anciens en créant des liens qui les attachent à la famille légionnaire
  • Meilleur passage de la vie militaire à la vie civil ;

L’entraide légionnaire:

L’entraide légionnaire était devenue pour le Général une priorité. Il fallait défendre et appliquer l’idée que le « libéré » puisse trouver du travail, élément indispensable à sa bonne intégration dans un milieu civil sans concession du fait même que celui-ci connaissait une crise économique sans précédent.

Cependant, cette œuvre d’entraide s’avéra d’emblée plus complexe à organiser que prévu et la première des difficultés et non des moindres, était de réunir les fonds nécessaires sans lesquels aucune action sociale n’est possible.

Le capitaine Rollin, concluant une seconde étude estimait que l’action sociale ne pouvait perdurer que si : elle devenait une mission prioritaire et surtout, qu’elle devait être totalement indépendante des amicales et sociétés d’anciens légionnaires qui n’arrivaient pas à se fédérer, se concurrençaient maladroitement et surtout n’arrivaient pas à s’organiser.

Fort de ce constat, le fil conducteur qui guida le Général se concrétisa par les actions suivantes :

  • Procurer un travail avec contrat d’embauche;
  • Orienter ceux qui ne veulent pas se fixer en région marseillaise;
  • Maintenir le contact avec tous les anciens légionnaires;
  • Offrir un refuge aux retraités et réformés;
  • Créer des points d’accueil pour les formalités administratives à Marseille et à Paris;
  • Étudier les modifications à apporter aux lois et règlements en vigueur;
  • Solliciter les offres d’emploi et les centraliser;
  • Intervenir et garder en permanence le contact avec le ministère du travail;
  • Se procurer les ressources de fonctionnement de ce volet social, les répartir entre les centres d’hébergement;
  • Contrôler l’emploi des fonds pour chacun de ces centres;

C’était pour le « Père des légionnaires » un autre et nouveau combat ; celui, cette fois-ci, contre l’égoïsme et l’indifférence

Le rayonnement du général Rollet a fait énormément pour stimuler et sacraliser les liens entre la Légion d’active et celle des anciens.

En conclusion, que pouvons nous retenir du « rôle social » du général Rollet ou quelles ont été les actions menées sous son influence ?

Ce que l’action s’est concrétisée autour de :

  • L’abolition du « maquis » des formalités administratives,
  • La mise à jour des livrets individuels,
  • Les rappels de soldes et de primes,
  • L’établissement des pensions de retraite ou de réforme qui étaient des plus négligés et en particulier pour les réformes d’affections pour lesquelles la présomption d’origine ne pouvait être établie,
  • Le pécule de libération,
  • L’habillement des libérés en vêtements civils corrects et décents, autres que le costume dit « Clémenceau » sans col.
  • Les conditions de transport différents de ceux qui consistaient à partager les fonds de cale avec les bestiaux…
  • Les attributions de titre de transport et titres liés aux frais de voyage,
  • La facilité de résider en France pour les anciens de nationalité étrangère avec la possibilité, certificat de bonne conduite obtenu, de se faire attribuer une carte de séjour,
  • Les aides financières aux centres à travers de nombreuses sources comme à titre d’exemple la loterie nationale, zone d’influence des « Gueules cassées »,
  • Et enfin un soutien permanent aux mobilisés par l’intermédiaire des amicales et des sociétés d’anciens légionnaires.

Dès 1939, ses ennuis de santé deviennent plus fréquents, plus graves, et plus préoccupants ce qui oblige le Général à réduire considérablement ses activités mais ne l’empêche pas de continuer à s’intéresser de près au bureau d’accueil des anciens légionnaires, des Invalides, d’assurer les présidences des « Amis de la Légion » ainsi que celle des « Gueules cassées ».

Le 15 avril 1941, le général Rollet s’entretient encore avec quelques intimes des problèmes du moment, sans avoir perdu confiance en lui.

Le 16 au petit matin, il rend le dernier soupir, sans s’être vu mourir.

En supplément permettez-moi de vous présenter un petit texte du maréchal Lyautey qui pourrait parfaitement être d’actualité:

« Ce n’est plus un mystère que chez nous l’éducation du citoyen reste à faire. La démocratie l’appelle et l’exige.

A défaut, la liberté dégénère en licence, l’ordre public est troublé, l’autorité bafouée.

Aucune construction politique, aucune doctrine économique, aucun régime social, même le plus généreux, ne vaudront si le citoyen fait un usage insensé de la parcelle de souveraineté dont il dispose.

L’intérêt national n’a que trop souffert de ce manque d’éducation.

Il est grand temps d’y songer si l’on veut empêcher le pays de rouler aux abîmes. »

C’est écrit en 1891. Il y a 122 ans.


Éloge funèbre du Lieutenant-Colonel ESTAY


Mon colonel,

 

Il m’appartient aujourd’hui d’assumer la lourde tâche de faire votre éloge funèbre, moi qui n’aime guère écrire. Mon allocution sera complétée par celle que m’a transmise hier le général Raoul Forcin qui vous a succédé à Castelnaudary et malheureusement empêché de venir aujourd’hui, ce qui explique quelques redites et maladresses dans ces propos que vous voudrez bien me pardonner.

 

Né en 1930 dans ce petit coin du Périgord où plongent vos racines familiales, vos chers parents vous ont appris très tôt que, à moins d’être né avec une cuiller en argent dans la bouche, toute situation durable ne s’obtient que par un dur labeur et souvent des privations et que toute estime pérenne ne se bâtit que sur l’honnêteté et l’entraide, notions qui vous accompagneront dans toute votre carrière.

Vous n’étiez pas bien vieux quand la 2e Guerre Mondiale viendra embraser de nouveau le vieux continent et le monde et que l’occupant vient étendre sur la région son ombre et la servitude. C’est cela qui a poussé votre père à s’engager dans la Résistance en participant à la création du groupe “Soleil”: une plaque a été scellée en souvenir sur le mur d’enceinte de votre maison, certains l’ont peut être remarquée en venant. Le jeune Jean-Marie Estay n’hésite pas malgré son âge à s’engager dans les traces de son père pour servir d’agent de liaison et de transmission des messages entre les groupes. Pour l’anecdote, vous m’aviez raconté qu’un jour cela vous a valu une bonne claque d’un certain André Malraux, de passage chez vos parents, et qui venait de s’apercevoir que vous vous intéressiez de trop près au pistolet qu’il avait déposé sur la cheminée en entrant.

C’est peut-être, avec la passion de la chasse qui sommeille en tout homme de cette région, une des raisons de votre passion pour les armes, et qui sait, de votre engagement dans l’armée. En effet, après la guerre, après avoir terminé votre scolarité et le collège et avoir été embauché dans divers métiers, proches de la terre, vous décidez, contre l’avis de votre père, je crois, d’embrasser la carrière des armes.

Vous vous retrouvez alors en Algérie et vous prenez déjà du galon comme aspirant puis sous-lieutenant de réserve, et vous prenez part à plusieurs interventions. Votre instinct de chasseur vous sauvera d’ailleurs la vie, en 1959 en déclenchant une embuscade qui vous était tendue sur la route de Margueritte, petit hameau qui à changé de nom aujourd’hui et qui se trouve à 9 km au nord-est de Miliana. Vous vous en tirez avec de graves blessures qui nécessiteront votre rapatriement sanitaire en métropole: vous serez alors décoré de la médaille des blessés et de la Légion d’honneur.Vous êtes alors désigné pour un stage d’intégration à l’Ecole de Saint-Maixent. Là, vous faites part à un de vos instructeurs le capitaine de Chastenet, ancien de la Légion étrangère de votre désir d’intégrer cette arme prestigieuse. Il vous suggère alors de demander votre affectation dans un régiment de Tirailleurs en Allemagne et à ce moment, de demander votre affectation par permutation avec un officier de la Légion muté dans votre régiment: Le stratagème fonctionne et c’est ainsi que vous arrivez dans la Légion étrangère, que vous ne quitterez plus guère au cours de votre carrière.

Affecté au groupement d’instruction de la Légion étrangère, le GILE, vous vivez le rapatriement en Corse de cette unité, et compte tenu de vos décorations et de votre expérience, en plus de chef de peloton d’instruction vous êtes aussi, président des lieutenants. C’est à ce titre que vous prenez la défense d’un lieutenant victime d’une grave altercation dans un bistrot cortenais. Le patron de la Légion décide alors de vous faire prendre un peu le large en vous affectant dans le Sud algérien d’abord la 2e Compagnie saharienne portée de Légion étrangère (2e CSPL) puis au 4e Régiment étranger d’infanterie dont vous devenez le porte-drapeau, sous les ordres du colonel Brûlé, jusqu’à la dissolution du régiment en 1964. Vous êtes alors affecté hors Légion au 126e Régiment d’infanterie de Brive en 1965.

Nommé capitaine en 1967, vous revenez à la Légion et êtes affecté à la prestigieuse 13e Demi Brigade de Légion étrangère à Djibouti. C’est là que nous faisons connaissances tous les deux, ainsi que le jeune lieutenant Le Flem, devenu général et qui assiste aujourd’hui à ce dernier hommage. Vous commandez alors la 3e compagnie à Ali Sabieh.

De retour en métropole vous êtes affecté en 1969 au poste de recrutement de la Légion de Paris, et vous couvrez ainsi une bonne partie du territoire français, loin de la Maison-mère d’Aubagne, ce qui n’est pas pour vous déplaire et vous laisse beaucoup d’initiatives.

Nommé chef de bataillon en 1974 vous êtes alors affecté au 2e Régiment Etranger en Corse, pour prendre le commandement du Groupement d’Instruction de la Légion étrangère. C’est là que nous nous retrouverons pour la 2e fois.

En 1975 suite au meurtre de deux bergers corses par un déserteur de la Légion, l’événement est monté en épingle par les autonomistes corses qui demandent le départ de l’unité et même la dissolution de la Légion pour les plus virulents. Le ministre de la Défense tranche en décidant de transférer le Groupement d’Instruction de la Légion étrangère sur le continent. En une semaine de chef de bataillon Estay effectue le déménagement des deux compagnies d’engagés volontaires sur le continent et se dépense sans compter pour trouver une ville d’accueil pour l’ensemble de GILE: C’est lui qui réussira l’implantation de cette formation à Castelnaudary, le plus beau succès de toute sa carrière. Mais je ne m’étendrai pas tout de suite sur cet événement que décrira bien mieux que moi le général Raoul Forcin dans l’allocution que le général Le Flem lira à la fin de mon propos.

Lorsqu’il passe le relais du GILE au colonel Forcin, il prend les fonctions de Chef du Service Information et Historique de la Légion et devient ainsi le 13e rédacteur en chef de notre revue Képi blanc. Il est nommé lieutenant colonel en 1978. En 1979 il quitte définitivement la Légion étrangère, pour occuper le poste important de chef de la Sécurité militaire à Bordeaux, non sans m’avoir alors fait désigner pour prendre sa succession à Aubagne.

Il rejoint le Gabon où le président Bongo lui confie un poste important, avec l’aval de Paris, bien sûr. C’est malheureusement en son absence qu’il a la douleur de perdre sa plus jeune fille, Isabelle, regret qui le poursuivra toute sa vie.

En 1985 il rentre définitivement en métropole pour se retirer dans sa Dordogne natale où il cumule les activités bénévoles: anciens combattants, associations de chasse, œuvres sociales (justice, maison de retraite) en liaison avec la DDAS.

Avant de lire le texte du général Forcin permettez-moi, mon colonel, mon ami, de souligner quelques traits de votre personnalité:

- votre attachement quasi filial aux plus grands chefs sous les ordres desquels vous avez servi: je veux parler du général Lardry, du général Brûlé et du général Fourreau.

- le soutien sans faille que vous avez donné à vos subordonnés, officiers, sous-officiers ou légionnaires, capable de les défendre bec et ongles quand nécessaire.

- l’exemple que vous donniez de votre souci permanent de servir la Légion étrangère et la France. “Servir et non se servir”, c’est un précepte que vous avez toujours cherché à nous inculquer.

 

 

Et maintenant, c’est le point le plus important de ce propos, l’allocution du général Raoul Forcin que va vous lire le général Le Flem

 

PROPOS du Général (2 S) R.FORCIN

sur les résultats obtenus par le Colonel ESTAY

dans l’implantation du Groupement d’Instruction de la LEGION ETRANGERE à CASTENAUDARY

 

J’ai connu le Colonel Jean Marie ESTAY en 1974,1975: j’étais à la tête du GOLE à BONIFACIO et il commandait le Groupement d‘Instruction de la LEGION ETRANGERE à CORTE. Il avait un caractère chaleureux, nous avions d’excellentes relations.

Nous devions faire plus ample connaissance en 1977, alors que je m’apprêtais à prendre sa succession à CASTELNAUDARY pour ensuite assurer, le 3 septembre 1977, le Commandement du Régiment d’Instruction de la LEGION ETRANGERE créé le jour même. Je suis donc en mesure de juger l’homme et d’apprécier la situation qu’il a laissée à son départ.

Après le meurtre, en été 1976, de deux bergers corses par un légionnaire déserteur, le Commandement décide le transfert du GILE sur le continent; le Commandant ESTAY, qui officialise l’arrivée de la Légion à CASTENAUDARY par un grand défilé organisé en ville le 16 Décembre 1976, ne se fait pas d’illusions sur l’ampleur de la tâche et les enjeux qui se présentent: il faut absolument réussir l’implantation du Groupement, sans quoi un échec peut avoir de lourdes conséquences pour la Légion dans son ensemble.

La tâche n’est pas facile. La municipalité, Monsieur CASSABEL maire en tête, est très favorable à la Légion. Les populations sont partagées; le meurtre de Corse a laissé des traces.

L’infrastructure est peu adaptée à la venue de Légionnaires à l’instruction: casernement très ancien, pas de terrains de manœuvre, stand pour tir réduit dans l’agglomération. Etc, etc

Seuls points favorables: le Lycée et les écoles sont prêts à accueillir les enfants des cadres.

Face à cette situation le Commandant ESTAY, homme de caractère, Officier de Légion compétent, décide d’agir avec réalisme sans attendre les moyens que ne peut, dans l’immédiat, lui donner le commandement.

Pour montrer à la population ce qu’est un légionnaire il demande aux cadres de vivre au milieu des habitants, en tenue militaire, chose rare à l’époque.

Il ordonne les sorties en ville des jeunes EV par section.

Des liens se créent, l’estime fait suite à la crainte: les cérémonies attirent la foule. Les journées des crèches font le plein. A moins d’imprévisible, la partie est gagnée !

Au plan instruction, il encourage les Commandants de Cie à rechercher des bivouacs à l’extérieurs dans des fermes.

Il demande à la municipalité des créneaux de piscine de stade. Le 3éme RPIma de Carcassonne lui ouvre ses champs de tir .

L’instruction peut reprendre.

 

 

LA PHASE DE L’IMPLANTATION EST GAGNEE

LE COMMANDANT ESTAY A BIEN MERITE DE LA LEGION.

 

Aux autres d’acheter des terrains de manœuvre, de trouver des refuges en montagne, de lancer un nouveau casernement avec ses dépendances, etc etc, jusqu’aux installations actuelles les plus modernes.

Mon cher ESTAY j’ai appris que tu ne voulais pas de laïus pour ton départ.Je n’ai pas pu te suivre dans tes dernières volontés; on te devait bien cela, tu ne m’en voudras, pas je suis sùr. Repose en Paix



A ORTHEVIELLE le 14 Août 2013
Le Général ( 2 S) R. FORCIN, ancien commandant
du Régiment d’Instruction de la Légion Etrangère (1977-1979)

Éloge funèbre du Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc


Prononcé par le général d’armée (2S) Bruno DARY,

Président de l’Association des anciens légionnaires parachutistes (AALP) le vendredi 30 août 2013 à Lyon.

Mon commandant, mon ancien,
Ils sont là, ils sont tous présents, qu’ils soient vivants ou disparus, oubliés de l’histoire ou célèbres, croyants, agnostiques ou incroyants, souffrant ou en pleine santé, jeunes soldats ou anciens combattants, civils ou militaires, ils sont tous présents, si ce n’est pas avec leur corps, c’est par leur cœur ou par leur âme !

Tous ceux qui, un jour, ont croisé votre chemin, ou ont fait avec vous une partie de votre route ou plutôt de votre incroyable destinée, sont regroupés autour de vous : les lycéens de Bordeaux, les résistants du réseau Jade-Amicol, les déportés du camp de Langenstein, vos frères d’armes, vos légionnaires que vous avez menés au combat, ceux qui sont morts dans l’anonymat de la jungle ou l’indifférence du pays, les enfants de Talung que vous avez dû laisser derrière vous, les harkis abandonnés puis livrés aux mains du FLN !

Je n’oublie pas vos parents et votre famille, qui ont partagé vos joies et vos épreuves ; il faut ajouter à cette longue liste, les jeunes générations, qui n’ont connu, ni la Guerre de 40, ni l’Indochine, pas plus que l’Algérie, mais qui ont dévoré vos livres, qui vous ont écouté et que vous avez marqués profondément !

Cette liste ne serait pas complète, si n’était pas évoquée la longue cohorte des prisonniers, des déchus, des petits et des ans-grades, les inconnus de l’histoire et des médias, ceux que vous avez croisés, écoutés, respectés, défendus, compris et aimés et dont vous avez été l’avocat.

Eux tous s’adressent à vous aujourd’hui, à travers ces quelques mots et, comme nous en étions convenus la dernière fois que nous nous sommes vus et embrassés chez vous, je ne servirai que d’interprète, à la fois fidèle, concis et surtout sobre.

Aujourd’hui, Hélie, notre compagnon fidèle, c’est vous qui nous quittez, emportant avec vous vos souvenirs et surtout vos interrogations et vos mystères ; vous laissez chacun de nous, à la fois heureux et fier de vous avoir rencontré, mais triste et orphelin de devoir vous quitter.

Vous laissez surtout chacun de nous, seul face à sa conscience et face aux interrogations lancinantes et fondamentales qui ont hanté
votre vie, comme elles hantent la vie de tout honnête homme, qui se veut à la fois homme d’action et de réflexion, et qui cherche inlassablement à donner un sens à son geste !

Parmi tous ces mystères, l’un d’eux ne vous a jamais quitté. Il a même scandé votre vie ! C’est celui de la vie et de la mort. Car qui d’autres mieux que vous, aurait pu dire, écrire, prédire ou reprendre à son compte ce poème d’Alan Seeger, cet Américain, à la fois légionnaire et poète, disparu à 20 ans dans la tourmente de 1916 : « j’ai rendez-vous avec la mort » ?

C’est à 10 ans que vous avez votre premier rendez-vous avec la mort, quand gravement malade, votre maman veille sur vous, nuit et jour ; de cette épreuve, vous vous souviendrez d’elle, tricotant au pied de votre lit et vous disant : « Tu vois Hélie, la vie est ainsi faite comme un tricot : il faut toujours avoir le courage de mettre un pied devant l’autre, de toujours recommencer, de ne jamais s’arrêter, de ne jamais rien lâcher ! »

Cette leçon d’humanité vous servira et vous sauvera quelques années plus tard en camp de concentration. Votre père, cet homme juste, droit et indépendant, qui mettait un point d’honneur durant la guerre, à saluer poliment les passants, marqués de l’étoile jaune, participera aussi à votre éducation ; il vous dira notamment de ne jamais accrocher votre idéal, votre ‘‘étoile personnelle’’ à un homme, aussi grand fût-il !

De l’époque de votre jeunesse, vous garderez des principes stricts et respectables, que les aléas de la vie ne vont pourtant pas ménager ; c’est bien là votre premier mystère d’une éducation rigoureuse, fondée sur des règles claires, simples et intangibles, que la vie va vous apprendre à relativiser, dès lors qu’elles sont confrontées à la réalité !

Puis, à 20 ans, vous aurez votre deuxième rendez-vous avec la mort ! Mais cette fois-ci, vêtu d’un méchant pyjama rayé, dans le camp de Langenstein. Deux ans de déportation mineront votre santé et votre survie se jouera à quelques jours près, grâce à la libération du camp par les Américains.

Mais votre survie se jouera aussi par l’aide fraternelle d’un infirmier français qui volait des médicaments pour vous sauver d’une pneumonie, puis celle d’un mineur letton, qui vous avait pris en affection et qui chapardait de la nourriture pour survivre et vous aider à supporter des conditions de vie et de travail inhumaines.

En revanche, vous refuserez toujours de participer à toute forme d’emploi administratif dans la vie ou l’encadrement du camp d’internement, ce qui vous aurait mis à l’abri du dénuement dans lequel vous avez vécu.
Vous y connaitrez aussi la fraternité avec ses différentes facettes : d’un côté, celle du compagnon qui partage un quignon de pain en dépit de l’extrême pénurie, du camarade qui se charge d’une partie de votre travail malgré la fatigue, mais de l’autre, les rivalités entre les petites fraternités qui se créaient, les cercles, les réseaux d’influence, les mouvements politiques ou les nationalités….

Mystère, ou plutôt misère, de l’homme confronté à un palier de souffrances tel qu’il ne s’appartient plus ou qu’il perd ses références intellectuelles, humaines et morales !

Vous avez encore eu rendez-vous avec la mort à 30 ans, cette fois, à l’autre bout du monde, en Indochine. Vous étiez de ces lieutenants et de ces capitaines, pour lesquels de Lattre s’était engagé jusqu’à l’extrême limite de ses forces, comme sentinelles avancées du monde libre face à l’avancée de la menace communiste.
D’abord à Talung, petit village à la frontière de Chine, dont vous avez gardé pieusement une photo aérienne dans votre bureau de Lyon.
Si les combats que vous y avez mené n’eurent pas de dimension stratégique, ils vous marquèrent profondément et définitivement par leur fin tragique : contraint d’abandonner la Haute région, vous avez dû le faire à Talung, sans préavis, ni ménagement ; ainsi, vous et vos légionnaires, quittèrent les villageois, en fermant les yeux de douleur et de honte !

Cette interrogation, de l’ordre que l’on exécute en désaccord avec sa conscience, vous hantera longtemps, pour ne pas dire toujours !
Plus tard, à la tête de votre Compagnie du 2° Bataillon étranger de parachutistes, vous avez conduit de durs et longs combats sous les ordres d’un chef d’exception, le chef d’escadron RAFFALLI : Nhia Lo, la Rivière Noire, Hoa Binh, Nassan, la Plaine des Jarres.

Au cours de ces combats, à l’instar de vos compagnons d’armes ou de vos aînés, vous vous sentiez invulnérables ; peut-être même, vous sentiez-vous tout permis, parce que la mort était votre plus proche compagne : une balle qui vous effleure à quelques centimètres du cœur, votre chef qui refuse de se baisser devant l’ennemi et qui finit pas être mortellement touché ; Amilakvari et Brunet de Sairigné vous avaient montré le chemin, Segrétain, Hamacek, Raffalli et plus tard Jeanpierre, Violès, Bourgin, autant de camarades qui vous ont quitté en chemin.

Parmi cette litanie, on ne peut oublier, votre fidèle adjudant
d’unité, l’adjudant Bonnin, qui vous a marqué à tel point, que, plus tard, vous veillerez à évoquer sa personnalité et sa mémoire durant toutes vos conférences ! Et avec lui, se joignent tous vos légionnaires, qui ont servi honnêtes et fidèles, qui sont morts, dans l’anonymat mais face à l’ennemi, et pour lesquels vous n’avez eu le temps de dire qu’une humble prière.
Tel est le mystère de la mort au combat, qui au même moment frappe un compagnon à vos côtés et vous épargne, pour quelques
centimètres ou une fraction de seconde !

10 ans plus tard, vous aurez encore rendez-vous avec la mort ! Mais cette fois-ci, ce ne sera pas d’une balle perdue sur un champ de bataille, mais de 12 balles dans la peau, dans un mauvais fossé du Fort d’Ivry.

En effet, vous veniez d’accomplir un acte grave, en vous rebellant contre l’ordre établi et en y entraînant derrière vous une unité d’élite de légionnaires, ces hommes venus servir la France avec honneur et fidélité. Or retourner son arme contre les autorités de son propre pays reste un acte très grave pour un soldat ; en revanche, le jugement qui sera rendu - 10 ans de réclusion pour vous et le sursis pour vos capitaines - montre qu’en dépit de toutes les pressions politiques de l’époque, en dépit des tribunaux d’exception et en dépit de la rapidité du jugement, les circonstances atténuantes vous ont été reconnues.

Elles vous seront aussi été reconnues 5 ans après, quand vous serez libéré de prison, comme elles vous seront encore reconnues quelques années plus tard quand vous serez réhabilité dans vos droits ; elles vous seront surtout reconnues par la nation et par les médias à travers le succès éblouissant de vos livres, celui de vos nombreuses conférences et par votre témoignage d’homme d’honneur. Ces circonstances atténuantes se transformeront finalement en circonstances exceptionnelles, lorsque, 50 ans plus tard, en novembre 2011, le Président de la République en personne vous élèvera à la plus haute distinction de l’Ordre de la Légion d’Honneur ; au cours de cette cérémonie émouvante, qui eut lieu dans le Panthéon des soldats, nul ne saura si l’accolade du chef des armées représentait le pardon du pays à l’un de ses grands soldats ou bien la demande de pardon de la République pour avoir tant exigé de ses soldats à l’époque de l’Algérie. Le pardon, par sa puissance, par son exemple et surtout par son mystère, fera le reste de la cérémonie !….

Aujourd’hui, vous nous laissez l’exemple d’un soldat qui eut le courage, à la fois fou et réfléchi, de tout sacrifier dans un acte de désespoir pour sauver son honneur ! Mais vous nous quittez en sachant que beaucoup d’officiers ont aussi préservé leur honneur en faisant le choix de la discipline.

Le mot de la fin, si une fin il y a, car la tragédie algérienne a fait couler autant d’encre que de sang, revient à l’un de vos contemporains, le général de Pouilly, qui, au cours de l’un des nombreux procès qui suivirent, déclara, de façon magistrale et courageuse, devant le tribunal : « Choisissant la discipline, j’ai également choisi de partager avec la Nation française la honte d’un abandon…

Et pour ceux qui, n’ayant pas pu supporter cette honte, se sont révoltés contre elle, l’Histoire dira sans doute que leur crime est moins grand que le nôtre » !

Et puis, quelque 20 ans plus tard, alors que, depuis votre sortie de prison, vous aviez choisi de garder le silence, comme seul linceul qui convienne après tant de drames vécus, alors que vous aviez reconstruit votre vie, ici même à Lyon, vous êtes agressé un soir dans la rue par deux individus masqués, dont l’un vous crie, une fois que vous êtes à terre : « Tais-toi ! On ne veut plus que tu parles ! »

Cette agression survenait après l’une de vos rares interventions de l’époque ; elle agira comme un électrochoc et vous décidera alors à témoigner de ce que vous avez vu et vécu à la pointe de tous les drames qui ont agité la France au cours du XXème siècle.

Ainsi, au moment où vous comptiez prendre votre retraite, vous allez alors commencer, une 3° carrière d’écrivain et de conférencier. Alors que le silence que vous aviez choisi de respecter, vous laissait en fait pour mort dans la société française, ce nouvel engagement va vous redonner une raison de vivre et de combattre !

Toujours ce mystère de la vie et de la mort ! Au-delà des faits et des drames que vous évoquerez avec autant d’humilité que de pudeur, vous expliquerez les grandeurs et les servitudes du métier des armes et plus largement de celles de tout homme.

A l’égard de ceux qui ont vécu les mêmes guerres, vous apporterez un témoignage simple, vrai, poignant et dépassionné pour expliquer les drames vécus par les soldats, qui, dans leur prérogative exorbitante de gardien des armes de la cité et de la force du pays, sont en permanence confrontés aux impératifs des ordres reçus, aux contraintes de la réalité des conflits et aux exigences de leur propre conscience, notamment quand les circonstances deviennent exceptionnellement dramatiques. A l’égard des jeunes générations, qui n’ont pas connu ces guerres, ni vécu de telles circonstances, mais qui vous ont écouté avec ferveur, vous avez toujours évité de donner des leçons de morale, ayant vous-même trop souffert quand vous étiez jeune, des tribuns qui s’indignaient sans agir, de ceux qui envoyaient les jeunes gens au front en restant confortablement assis ou de notables dont la prudence excessive servait d’alibi à l’absence d’engagement.

Vous êtes ainsi devenu une référence morale pour de nombreux jeunes, qu’ils fussent officiers ou sous-officiers ou plus simplement cadres ou homme de réflexion.

Puis dans les dernières années de votre vie, vous avez aussi eu plusieurs rendez-vous avec la mort, car votre « carcasse » comme vous nous le disiez souvent, finissait pas vous jouer des tours et le corps médical, avec toute sa compétence, sa patience et son écoute, ne pouvait plus lutter contre les ravages physiques des années de déportation, les maladies contractées dans la jungle indochinoise et les djebels algériens, les conséquences des années de campagnes, d’humiliation ou de stress.

Pourtant, vous avez déjoué les pronostics et vous avez tenu bon, alors que vous accompagniez régulièrement bon nombre de
vos frères d’armes à leur dernière demeure ! Là encore, le mystère de la vie et de la mort vous collait à la peau.

Et puis, aujourd’hui, Hélie, notre ami, vous êtes là au milieu de nous ; vous, l’homme de tous les conflits du XXème siècle, vous vous êtes endormi dans la paix du Seigneur en ce début du XXI ème siècle, dans votre maison des Borias que vous aimiez tant, auprès de Manette et de celles et ceux qui ont partagé l’intimité de votre vie.

Mais, Hélie, êtes-vous réellement mort ? Bien sûr, nous savons que nous ne croiserons plus vos yeux d’un bleu indéfinissable ! Nous savons que nous n’écouterons plus votre voix calme, posée et déterminée ! Nous savons aussi que, lors de nos prochaines étapes à Lyon, seule Manette nous ouvrira la porte et nous accueillera !

Nous savons aussi que vos écrits sont désormais achevés !
Mais, Hélie, à l’instar de tous ceux qui sont ici présents, nous avons envie nous écrier, comme cet écrivain français : « Mort, où est ta victoire ? »
Mort, où est ta victoire, quand on a eu une vie aussi pleine et aussi intense, sans jamais baisser les bras et sans jamais renoncer ?

Mort, où est ta victoire, quand on n’a cessé de frôler la mort, sans jamais chercher à se protéger ?
Mort, où est ta victoire, quand on a toujours été aux avant-gardes de l’histoire, sans jamais manqué à son devoir ?

Mort, où est ta victoire, quand on a su magnifier les valeurs militaires jusqu’à l’extrême limite de leur cohérence, sans jamais défaillir à son honneur ?
Mort, où est ta victoire, quand on s’est toujours battu pour son pays, que celui-ci vous a rejeté et que l’on est toujours resté fidèle à soi-même ?
Mort, où est ta victoire, quand après avoir vécu de telles épreuves, on sait rester humble, mesuré et
discret ?
Mort, où est ta victoire, quand son expérience personnelle, militaire et humaine s’affranchit des époques,
des circonstances et des passions et sert de guide à ceux qui reprendront le flambeau ?

Mort, où est ta victoire, quand après avoir si souvent évoqué l’absurde et le mystère devant la réalité de la mort, on fait résolument le choix de l’Espérance ?

Hélie, notre frère, toi qui a tant prôné l’Espérance, il me revient maintenant ce vieux chant scout que tu as dû chanter dans ta jeunesse et sans doute plus tard, et que tous ceux qui sont présents pourraient entonner : « Ce n’est qu’un au revoir, mon frère ! Ce n’est qu’un au revoir ! Oui, nous nous reverrons Hélie ! Oui, nous nous reverrons » !

Oui, Hélie, oui, nous nous reverrons à l’ombre de Saint Michel et de Saint Antoine, avec tous tes compagnons d’armes, en commençant par les plus humbles, dans un monde sans injure, ni parjure, dans un monde sans trahison, ni abandon, dans un monde sans tromperie, ni mesquinerie, dans un monde de pardon, d’amour et de vérité !

A Dieu, Hélie….A Dieu, Hélie et surtout merci ! Merci d’avoir su nous guider au milieu des « champs de braise ! »

Recherche anciens présents lors du départ de la Légion à Bou Sfer.

Je vous demande de bien vouloir lancer un appel au sujet de la photo qui vient de me parvenir.

Il s’agit du départ de la Légion à Bou Sfer.

En analysant cette photo je suppose qu’il s’agit du départ du 2° REP en juin 1967 vers la Corse, avec à l’arrière un bon vieux Breguet Deux Ponts.

Je ne crois pas qu’il s’agisse du départ du 1° REC vers Orange qui a eu lieu en octobre 1967.

Il y aura certainement des anciens ou autres passionnés qui pourront me confirmer l’ Unité dont il s’agit.

D’avance merci.

Bernard Ballanger ancien de la Base Aérienne de Bou Sfer – Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Adresses utiles

Récit du gardien de buffles

Le vieux soldat


Traduction

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