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La Newsletter 13/22 de l'AALEME

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La Newsletter 13/22 de l'AALEME

« Tonio », légionnaire sabolien mort en Indochine - Sablé-sur-Sarthe

samedi 08 juin 2013

À l'occasion du 8 juin, journée d'hommage aux morts pour la France en Indochine, Louise Meunier raconte l'histoire de son frère. Pour qu'il ne reste pas qu'un nom sur une plaque.

À 72 ans, Louise Meunier a encore la voix qui s'étrangle quand elle se souvient de cette histoire « qui a amputé la vie de notre famille ».

Derrière les plaques scellées aux monuments aux morts de Sablé et Solesmes, il y a un fils, un frère, Antoine Gamboa, mort en 1953 dans l'opération « Mouette », pendant la guerre d'Indochine. Il avait 22 ans et devait rentrer par bateau 20 jours plus tard. « Il y a eu beaucoup d'autres soldats morts pour la France en Indochine et même côté indochinois mais là, c'était mon frère », défend Louise pour justifier son désir de témoigner.

L'histoire d'Antoine Gamboa commence au Portugal. Sa maman, Maria Fernandès, rejoint la France alors qu'il n'a que deux mois. Les anciens Saboliens se souviennent peut-être de cette dame, d'abord installée à Solesmes, puis commerçante à Sablé. « Quand mon frère est parti, en 1947, on habitait rue Saint-Nicolas, reprend Louise Meunier. La vie était très dure et Antoine, qui étudiait dans une école catholique, ne pouvait pas se permettre de continuer ses études. » Antoine a 17 ans, c'est un élève « brillantissime. Il nous tirait tous vers le haut ».

« Départ horrible »

Désireux de s'élever et de devenir français, il s'engage dans la Légion étrangère. Seul corps d'armée qu'il puisse intégrer, lui qui est né Portugais. Il quitte Sablé. La voix de Louise déraille. « Je m'en souviens. J'avais 6 ans, mais je m'en souviens. C'était un départ horrible. Extrêmement déchirant. » Marie-Jo aussi, pleure. L'autre soeur d'Antoine était sa confidente.

Antoine, lui, embarque d'abord pour l'Algérie puis pour « l'extrême Orient ». L'Indochine. Antoine Gamboa devient « Tonio ». Légionnaire, il gravit les échelons et les décorations pleuvent. Chef de poste radio en 1949, caporal-chef trois ans plus tard, Croix de guerre, sous-officier, il obtient la Médaille militaire en 1953.

Quand il tombe le 19 octobre 1953, il est chef de section promis à une nouvelle promotion. Dans une lettre que Louise Meunier conserve précieusement, un ami légionnaire de Tonio écrit : « Il n'aimait pas la guerre pour ce qu'elle a de laid, de pervers ou de hideux [...], mais il la faisait parce que, premièrement, il s'était engagé pour avoir le droit [...] de devenir français et secondement, parce qu'ici, même si la vie est dure [...], elle lui avait permis de se révéler à lui-même et aux autres. »

Le 19 mars 1958, la dépouille d'Antoine Gamboa a été rapatriée à Solesmes, où un détachement du Prytanée militaire de La Flèche lui a rendu hommage.

Aujourd'hui, dans le cimetière de Solesmes où son frère est enterré, devant le monument aux morts où figure le nom « A. Gamboa », sans aucune autre indication, Louise Meunier se dit soulagée d'avoir témoigné. « C'est tellement triste cette petite plaque... »

Céline BARDY.

Du bien-fondé des amicales et de l’intolérance de certains

Mercredi 5 juin 2013

Nous pourrions être orgueilleusement satisfaits de notre condition d’anciens légionnaires mais nous ne sommes que des êtres humains qu’un passage à la Légion a marqués à vie et il nous faut, dans une sorte de masochisme intérieur, créer des différences. Le choix de se fédérer en une communauté fraternelle et familiale se révèle pour beaucoup d’entre nous essentiel et montre notre attachement viscérale à une institution qui nous a tous éduqués a des degrés divers, formés et implantés dans le droit et le devoir liés par un sens de l’honneur et de la fidélité vissé au corps…

Mais au-delà des mots qui n’apportent aucun remède aux maux qui se présentent, nous devrions chercher à analyser correctement les problèmes qui s’imposent à notre communauté tels la rareté voire l’absence de jeunes nouveaux anciens légionnaires, l’adhésion de certaines de nos amicales à l’esprit et au corps et régler une bonne fois pour toutes ces dissidences et critiques qui ternissent notre cohésion jusqu’à se demander à quoi notre Fédération peut bien servir?

Des pointes de désaccord apparaissent mais ne sont pas évoquées, faute de temps ou de disposition, au cours de nos différents rassemblements. Présenter les finances c’est bien, mais il serait peut-être tout aussi judicieux de recueillir les avis de chacun sur des thèmes bien précis afin de comprendre pourquoi certaines choses semblent nous dépasser, comme la non-participation à une importante manifestation ou le retard inconscient ou pire, volontaire, du paiement d’une cotisation symbolique qui n’est là, en fait, que pour satisfaire une des closes des statuts.

En leur temps, des réunions regroupaient les présidents d’amicales ; hélas elles n’apportaient aucune évolution, chacun se questionnant sur le bien-fondé de la réunion, si ce n’était pour se retrouver de manière conviviale pour manger, boire et s’en retourner, à l’issue, dans ses terres ; le déplacement n’était que symbolique. Il montrait une belle fidélité mais sans obligation de résultat.

Aujourd’hui, il nous faut passer à la vitesse supérieure. Notre Président ne manquera sûrement pas de présenter son programme, excluant sans doute toute promesse, nous ne sommes quand même pas des hommes politiques, quoique, parfois… D’autorité il cherchera surtout l’adhésion de tous ses “sujets”, voilà bien une délicate affaire, et sans cesse il devra remettra le fer chaud sur l’enclume, la trempe est un art que peu de forgerons maîtrisent parfaitement sans expérience ; son prédécesseur en avait acquis une indiscutable notoriété quant à l’exécution et le nécessaire recul de perspective qui s’impose dans les situations délicates.

Des courants parfois contradictoires agitent la blogosphère des anciens légionnaires. Le courant entre anciens légionnaires séniors et anciens légionnaires jeunes a parfois du mal à passer. Les plus jeunes se considèrent parfois mal acceptés par les plus vieux. Conflit de générations ? C’est probable… « ah de mon temps… », le style de vie dans la société moderne a changé à une très grande vitesse qui surprend peut-être les plus âgés ou plus ex-gradés. Les corvées continuent d’être exécutées par ceux qui ont détenu un grade plus modeste, les « gilets verts », comme disent certains se regroupent et prêtent peu d’attention aux autres, bref, tout un faisceau de petits détails qui éloignent au lieu de rapprocher. En tout cas ces différents motifs font que le « sang nouveau » a du mal à se forger un passage au sein des amicales que les plus jeunes délaissent, alors?

Ch Mrt

 

Du bien-fondé des amicales et de l’intolérance de certains

Je viens de lire sur facebook le désarroi d’un ancien chef de peloton qui « s’est permis », le malheureux ( !), de donner de manière courtoise, sur la page d’un autre ancien, son opinion sur un général estimé de celui-là. Il s’est fait insulter, malmener et in fine bloquer sans qu’on lui laisse « le droit de réponse ». Voilà une belle preuve d’ouverture d’esprit envers un camarade légionnaire qui a servi sous les ordres du général en question alors que celui qui poussait des cris de vierge effarouchée était déjà retraité… et probablement moins légitime à donner son avis.

Le congrès de la FSALE et donc des amicales de la Légion étrangère vient de se terminer à Orange (Vaucluse), ville légionnaire depuis plus de deux mille ans, qui a accueilli notre estimé 1er étranger de cavalerie depuis 1967, lorsque celui-ci a quitté ses fiefs nord-africains.

Au cours de ce congrès, qui a vu le départ du président de la FSALE, le général de corps d’armée Robert Rideau, une évidence a été constatée d’un simple regard : le vieillissement des membres de nos amicales.

Voulues par nos très augustes anciens du début de l’autre siècle, elles avaient alors un rôle important. Durant de longues décennies les légionnaires rendus à la vie civile éprouvaient de très grandes difficultés à s’insérer dans la société. Tous avaient servi la France ailleurs que sur son territoire métropolitain, exception faite des combattants des deux guerres mondiales. Ils devaient donc s’adapter à une société souvent hostile et à un environnement géographique totalement différent. Trouver du travail, se soigner, se loger, survivre, n’était pas aisé…

Les amicales, ainsi que la création de la maison d’Auriol dès les années trente puis de Puyloubier dans les années cinquante, ont constitué, au profit de la communauté légionnaire un bienfait non négligeable. Tous ces anciens avaient en commun non seulement d’être légionnaires mais d’avoir fait des guerres ensemble… le monde marchait alors à la vitesse de l’homme à pied.

La métropolisation de nos régiments a changé la donne. Il y avait alors ceux qui avaient « fait l’Algérie » parmi lesquels ceux qui n’y avaient fait que l’instruction ou le brevet para et puis les autres, ceux de Corse et plus tard de Castelnaudary... De surcroît il aura fallu attendre sept années après le conflit algérien pour que la Légion soit de nouveau engagée au combat, au Tchad. Pendant cette période, courte pour l’histoire et longue dans la vie d’un légionnaire - point de glorieux faits d’armes, point de décorations sur les poitrails vides mais qui offraient de la place pour en recevoir- l’accueil de jeunes anciens dans les amicales était froid et assez « méprisant » car ils n’avaient pas de campagnes à raconter… une sorte de légionnaires au rabais !

Les conflits modernes ont donné l’occasion aux nouvelles générations de légionnaires de se distinguer à l’instar de leurs anciens. La guerre du Golfe qui a vu le rétablissement de la croix de guerre qui n’était plus attribuée depuis l’Indochine, a dû en faire marmonner quelques anciens dans leur barbe des propos teintés d’un peu de jalousie… « ah, mais c’est que cette croix de guerre n’était pas comme les autres… » Mais voyons ! Comme si la balle tueuse portait une étiquette « Made in Indochine » ou « Made in Irak » ! Et la béance entre plus anciens et moins anciens s’est maintenue, sinon élargie. A cela sont venus s’ajouter des particularismes que je considère – de mon exclusif point de vue – superfétatoires : l’amicale des anciens légionnaires paras, celle des anciens du 2, celles des chinois… pourquoi pas celle des anciens du gaz ? Etre ancien légionnaire, tout simplement, ne suffirait-il plus ?

De la vitesse de l’homme au pas, nous sommes passés à celle du cheval au galop, mors aux dents… les légionnaires s’intègrent de facto dans le tissu national comme tout autre citoyen, les origines nationales de nos légionnaires se sont très largement élargies, ils voyagent, se dispersent et ressentent moins le besoin de se grouper au sein d’amicales dont les membres se réunissent deux ou trois fois l’an ou bien se voient toutes les semaines pour jouer aux cartes et commenter la dernière prise d’armes dans cette Légion « qui n’est plus comme avant… comme celle de mon temps ! »…

Tout cela me semble relever de la foutaise et de la « gueguerre » de clans qui n’ont pas lieu d’être. Et si les anciens, plus anciens, arrêtaient de prendre les plus jeunes pour des bons à rien et ceux-ci de prendre les premiers pour de « vieux, voire de très vieux cons » ?

Tous y trouveraient leur compte par le simple fait que l’union fait la force et que cette force des anciens, regroupés en amicales malgré les difficultés conjoncturelles, serait de nature à aider à maintenir la pérennité de l’idée que le Monde se fait de notre institution et à aider l’institution elle-même par la possibilité d’agir à son profit sur des sujets que les actifs ne peuvent aborder. Pour s’en convaincre, il n’est que de regarder le symbolisme de la loi « Français par le sang versé ».

Restons unis malgré les différences de nos carrières, de nos grades, de nos anciennetés, de nos combats et de nos passés.

Restons simplement d'anciens légionnaires.

 

PS. J'ai choisi la photo de notre vieux camarade le major Stock et d'un caporal-chef, ancien du 6, Boucard. Ils sont à Mayotte.

Antoine Marquet

Antoine

La cité des princes capitale de la Légion Étrangère

Publié le lundi 03 juin 2013

De très nombreux anciens légionnaires participant au 30e congrès ont tenu à être présents hier soir aux dépôts de gerbes en hommage à ceux qui ont donné leur vie. Une cérémonie à laquelle participaient aussi des membres du 1er R.E.C.

Orange. Le nom se suffit à lui-même pour évoquer non pas le sable chaud mais les képis blancs qui semblent toujours avoir fait partie du paysage. Pourtant, on le sait, il n'y eut plus de légionnaires entre l'époque gallo-romaine et 1967, lorsque le 1er R.E.C. arriva avec ses chevaux et ses chars au quartier Labouche.

Mais la cité qui demeure sans doute, en proportion avec le nombre d'habitants et en se fiant à son histoire, la plus militaire de France, méritait bien d'accueillir la plus prestigieuse des assemblées, celle des anciens légionnaires du monde entier. Après la cérémonie et le concert de vendredi, le congrès a eu lieu toute la matinée d'hier au Palais des princes.

Ce, avant l'apéritif, place Verdi, puis la cérémonie au carré de la Légion du cimetière du Coudoulet et le grand banquet d'hier soir. Nul doute que les légionnaires de plusieurs décennies, qui pourtant "en ont vu d'autres" se souviendront de leur séjour chez les princes.

Tristan Jaureguy

Les tatouages sont Légion

25 juin 2013

grand angle Ancien «képi blanc», Victor Ferreira a photographié pendant deux ans et demi ses compagnons d’armes. Ces portraits de tatoués sont exposés cet été à Aubagne.

Par CHRISTOPHE FORCARI

«Des durs, des vrais, des tatoués», dit la chanson. Les voilà, ces marlous, ces hommes en rupture qui livrent leur vie à fleur de peau. Des légionnaires dont la légende siffle toujours qu’ils sont des hommes «sans nom» parce que l’institution, où ils entrent comme dans un ordre, leur offre la possibilité de changer d’identité à leur convenance, en même temps qu’ils coiffent le képi blanc.

Sans nom, mais pas sans passé, pas sans souvenirs, pas sans histoires. Tous ces types semblent sortis tout droit des romans de Mac Orlan - lui-même ancien légionnaire au temps des sables coloniaux, des escarmouches contre lesrezzous, et auteur d’un petit livre à leur gloire. Au moment de tourner la page, ils en ouvrent souvent une autre. Sur leurs corps, pour ne pas tout oublier, pour garder des traces de leur vie d’avant. «Un homme, un tatouage, une histoire et un regard, résume, lapidaire, le photographe Victor Ferreira, qui fut durant vingt-trois ans un de leurs compagnons d’armes. Même quand je les prends de dos, leur regard me parle.»

«Sans pose, sans artifice»

Ancien adjudant-chef de la Légion étrangère, engagé à 21 ans à peine, Victor Ferreira a photographié pendant plus de deux ans et demi près de 250 légionnaires «sur leurs lieux de travail», dans leur unité, au retour d’une manœuvre, lors du nettoyage des armes, dans des moments de pause. De ce projet de longue haleine, il a tiré une série de portraits qui fera l’objet d’un livre à paraître en octobre aux Editions de l’Officine. Une quarantaine sont exposés jusqu’au 1er septembre au musée de la Légion à Aubagne (Bouches-du-Rhône), qui vient d’être entièrement repensé et rénové.

Victor Ferreira donne à voir des destinées, des itinéraires, des parcours secrets inscrits sur des parchemins burinés, pris sur le vif. «Sans pose, dit-il, sans aucun artifice. Dans la lumière des lieux. Je ne suis pas un mathématicien de la photographie, pas un technicien. Je ne leur ai rien demandé. Ils ont fait les gestes qui leur sont habituels. A ces types, vous ne pouvez pas demander de faire semblant.» Un brin cabots, les légionnaires ont néanmoins le sens de leur propre mise en scène, telle cette jeune recrue dont un avant-bras est tatoué «Honneur» et l’autre «Fidélité» et qui les superpose pour donner à lire en entier la devise de la Légion.

Comme ses sujets, Victor Ferreira fonctionne à l’instinct. Un moment de discussion avec un légionnaire, puis il lui demande s’il a un tatouage, sort son appareil et fixe un dessin plus ou moins réussi «mais qui a toujours quelque chose à dire». Ainsi ce capitaine du 2e REP (régiment étranger de parachutistes) de Calvi (Haute-Corse) qui ouvre son treillis pour montrer l’insigne de sa compagnie, tatoué sur la poitrine, juste avant d’embarquer pour un saut. Ou ces deux légionnaires d’origine britannique, pris torse nu, de dos, un jour de permission à Toulon (Var). «Il faisait à peine 4 degrés. L’un des deux venait juste de se faire inscrire au bas du dos "Made in England", le jour même où il avait obtenu la nationalité française.»

«Faire lire des histoires»

L’idée de cette série de portraits lui est venue en voyant un énorme Christ tatoué sur la poitrine d’un caporal-chef avec cette légende : «Comme toi j’ai souffert.» «J’ai revu le même tatouage bien plus tard sur un autre légionnaire au fond de la jungle guyanaise. Je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire. Deux hommes, deux lieux différents, mais avec le même symbole sur la poitrine. J’ai essayé de faire lire des histoires.» Mission accomplie, à entendre le général Christophe de Saint-Chamas, commandant la Légion étrangère : «Victor Ferreira lit le légionnaire comme personne, explique-t-il. Avec les tatouages, c’est toujours une part d’intime que l’on dévoile. Ces dessins témoignent de non-dits, expriment parfois des rejets ou des résolutions. Les légionnaires n’ont que deux choses de personnel : leur armoire et leur corps.»

Victor Ferreira se défend pourtant d’être «le photographe des légionnaires», même si ses clichés contribuent à forger un peu plus le mythe de cette troupe pas comme les autres au sein de l’armée française. Au début de sa carrière, son appareil photo prend naturellement place dans son paquetage. Pour nourrir les souvenirs. Puis le photographe de chambrée se fait témoin de ce qu’il voit, comme en Bosnie en 1995, un passage au milieu de cette guerre qu’il évoque avec retenue. En juin 2006, il est nommé aide de camp du général Lecerf pendant l’opération «Licorne» en Côte-d’Ivoire. «Il m’a juste dit de faire mon job et de ne pas oublier mon appareil. Je ne suis pas parti pour faire des photos, mais je suis revenu en m’attachant à des photos.» Il en tirera une série intitulée «La paix, c’est un comportement», comme le proclamait un slogan peint sur un mur.

Aguerri au sein des compagnies de combat, ayant participé à presque toutes les opérations extérieures de la France depuis son engagement, Ferreira a saisi également les mouvements d’un jeune danseur contemporain, Mehdi Mojahid, travaillant aux antipodes de son ancien univers, imbu de virilité. «Ce qui n’est pas donné ou partagé est perdu», répond sans plus d’explications le photographe. Son prochain travail : «Mettre en images la poésie.» Il y réfléchit. La Légion étrangère a aussi compté dans ses rangs quelques poètes, comme Cendrars.

La Légion dans la peau Jusqu’au 1er septembre, musée de la Légion étrangère, route de la Thuilière (13400). Rens. : 04 42 18 12 41.

Feuilleton Camerone : une symphonie poétique à la gloire de la Légion étrangère

Lundi, 01 Juillet 2013 16:23

Publié le 26/06/2013

Scène de la bataille de Camerone © DR

Souvenez-vous des gigantesques reconstitutions de batailles au Puy Du Fou. Figurez-vous que la musique, par sa puissance d'évocation, peut aussi rendre hommage aux braves morts pour la gloire de la nation. Créer une symphonie poétique moderne sur la bataille napoléonienne de Camerone au Mexique, Rodolphe Pierrepont n'en a pas seulement rêvé, il l'a fait. Verdict le 28 juin au Zénith d'Amiens.
Pendant 3 mois, des équipes de France 3 ont suivi cette grande aventure créatrice qui retrace, 150 ans plus tard, les grandes étapes de la bataille de Camerone, petit village où 62 légionnaires de Napoléon III résistèrent pendant 11 heures à l'assaut de 2000 soldats mexicains.

Acte I : Rencontre avec Rodolphe Pierrepont dans l'Oise

Le responsable de ce colossal projet, ex-directeur des "Petits Chanteurs à la croix de bois", voulait rendre hommage à cet acte de bravoure héroïque digne de Fort Alamo, magnifié par le travail acharné de 500 musiciens et chanteurs. Avec plus de 35 minutes de musique et 42 instruments différents, Rodolphe Pierrepont veut clairement conquérir le spectateur en le transportant au coeur de "Camerone", bataille la plus emblématique de la Légion étrangère.

Reportage de A. Wust, F. Elhorga, O. De Nesle, N. Duchet
Acte II : 150 ans après, la bataille est gravée dans les coeurs

Pour les hommes de la Légion étrangère, le 30 avril 1863, jour de la bataille de Camerone, c'est comme si c'était hier. Pour commémorer cet acte de bravoure héroïque, les képis blancs ont organisé un défilé devant les membres de Musique en Utopia, l'association picarde responsable du projet "Camerone". Plus de 7000 personnes ont assisté à l'évènement à Aubagne pour célébrer le courage et l'abnégation des hommes tombés au champ d'honneur. Dans un mois, 60 "légionnaires de la musique" seront placés au centre de la scène, encerclés, assiégés par les choristes et musiciens autochtones ...

Reportage de A. Wust, B. Henrion, L. Gaimard, N. Duchet
Acte III : Le chant du choeur

A un mois du concert, tout le monde s'active. Pour la chorale amiénoise "En plein choeur", plus habituée à la chanson française, donner vie à "Camerone" et ses airs militaires est un véritable challenge. Le spectacle, qui devait à l'origine être donné en plein air, a fait le pari de remplir les quelques 4500 places du Zénith d'Amiens. Les 300 choristes issus de diverses chorales picardes se sont retrouvés pour répéter ensemble, ravissant l'oreille du compositeur qui entendait son oeuvre résonner pour la première fois ...

Reportage de A. Wust, E. Moncho, L. Gaimard, N. Duchet
Acte IV : Quand l'harmonie pointe le bout de son nez

Mi-juin, dernière répétition dans le gymnase du Lycée de la Providence d'Amiens. Pour la trentaine de chorales participant à l'aventure, accorder ses violons n'était pas chose aisée. Pas facile non plus pour certains de gommer leur accent picard ... Mais en trois semaines de travail acharné, chacun a pu prendre ses marques et donner le meilleur de lui-même pour apporter sa pierre à l'édifice. "Camerone", symphonie humaine, prend corps. Les 450 choristes et musiciens ont hâte d'acceuillir les chanteurs de la Légion étrangère ...

Reportage de A. Wust, B. Henrion, L. Gaimard, N. Duchet
Acte V : La grande rencontre avec les choristes

L'heure de la répétition générale, et le dernier épisode de cette série... Les 65 musiciens légionnaires rencontrent rencontrent enfin les 450 artistes avec lesquels ils vont se produire...

Reportage de A. Wust, E. Moncho, L. Gaimard, N. Duchet

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Paul Anastasiu

27/05/2013

L'église de La Roque, peinte en direct par Paul Anastasiu. (© D.R)

Le peintre Paul Anastasiu a passionné les spectateurs par son talent Lors de la 7e Journée des peintres à La Roque, il y avait foule dans les rues du village. Et lorsque Paul Anastasiu dressa, en début d'après-midi, son chevalet pour peindre en direct l'église de La Roque, très vite une cinquantaine de visiteurs firent cercle afin d'admirer le talent de l'artiste qui fit une démonstration de la peinture au couteau. Une telle technicité, ô combien spectaculaire, suscita un fructueux échange entre l'artiste et les spectateurs, littéralement scotchés par sa dextérité et sa bonne humeur. Ses autres toiles exposées furent particulièrement appréciées. "Certes, la peinture au couteau est difficile à maîtriser mais elle m'apporte une plus grande liberté dans l'expression picturale. Mon travail est souvent à la frontière de la figuration et de l'abstraction cinétique." Il est vrai que, depuis quelques années, sa renommée a largement franchi les frontières de l'Hexagone. Après plusieurs articles de la presse régionale et nationale, le 9 mai, l'émission Grand public lui a consacré un reportage dans le cadre d'un hommage à la Légion étrangère, armée dans laquelle il a servi durant 16 ans, au sein de la 13e DBLE et du 1er Reg. Plusieurs de ses toiles ornent notamment les salles de commandement et d'honneur de ce régiment. Comme il aime à le dire : "Légionnaire un jour, légionnaire pour toujours." En 2005, par arrêté ministériel, il fut nommé peintre officiel agréé des armées. Depuis lors, il collectionne les récompenses, médailles et autres distinctions honorifiques. Devenu artiste professionnel en novembre 2006, il est régulièrement invité à participer à de prestigieux salons. Ainsi, en juin, il exposera au 18e Salon des peintres de l'armée, à l'Hôtel national des Invalides, sous la présidence du général Ract-Madoux, chef d'État-major de l'armée de terre, puis à Saint-Laurent-des-Arbres et, en septembre, au Cercle des armées, à Paris, sans oublier ses multiples expositions nationales. En dépit d'un emploi du temps fort chargé, en mémoire de son père, sculpteur roumain fort connu, il s'est remis à pratiquer cet art. Contact : Paul Anastasiu, Tél. 04 66 39 32 81

Fromelles : l’ hommage solennel rendu au caporal Florentin Manson

Publié le 01/07/2013

Jean-Claude Renard, vice-président de l’Union nationale des combattants, lors de son allocution.

Samedi, en présence de nombreuses personnalités, un hommage a été rendu au caporal Florentin Manson, croix de guerre, mort pour la France en 1947, en Indochine et enterré au cimetière de Fromelles. Jean-Claude Renard, vice-président de l’Union nationale des combattants et membre du bureau national a chapeauté l’ensemble de la cérémonie. « J’ai découvert sa tombe voilà plus de vingt ans, raconte-t-il, et j’y ai lu sur une stèle magnifique de sobriété le nom d’un héros, mort au combat à 31 ans. Personne dans le village ne le connaissait, même les plus anciens. Mes recherches aux archives communales, à la Légion étrangère n’ont pas abouti. Après avoir consulté le site Internet "Mémoire des hommes", nous avons trouvé la trace ténue d’un légionnaire du nom de Manson ou Nancon... »

Finalement, grâce à la persévérance de Régine Houvenaghel, adjointe au maire, tous deux ont retrouvé sa trace dans le dossier familial d’un habitant et appris qu’il était décédé à l’hôpital de Saigon, suite à ses blessures, et enterré au cimetière militaire en 1947. Sa dépouille fut rapatriée dans les années 60, par sa sœur Yvette marié à un Fromellois. Voilà donc le résumé d’un épisode historique qui a failli ne jamais voir le jour. « Un oublié de l’histoire, commentera encore Jean-Claude Renard, qui est enfin reconnu et honoré. »

Un groupe imposant, composé notamment des représentants de la Légion étrangère et d’une multitude de porte-drapeau de sections d’anciens combattants s’est recueilli sur la tombe du caporal. Hubert Huchette, maire de la commune, et Francis Delattre, maire honoraire, ont ensuite dévoilé l’inscription sur le fronton du monument aux morts.

« Si nous voulons vivre dignement, nous ne devons pas oublier », a souligné le premier magistrat. Il rappela que Florentin Manson faisait partie des 11 000 légionnaires morts durant ce conflit peu connu de nos compatriotes et qui dura de 1946 à 1954.

Lettres d'ouest et d'ici - 19 pour JEANPIERRE

Vendredi 21 juin 2013


Un article d’Elisabeth Becker paru dans « l’Est Républicain » au sujet d’une polémique concernant le Lieutenant-colonel Pierre Paul JEANPIERRE, né à Belfort en 1912, mort pour la France à Guelma en 1958 et dont une rue de la ville porte le nom, fait réagir deux anciens légionnaires dans une sorte de lettre ouverte à madame Becker.

*

Non il n’y a pas de méprise Madame, nous savons que Elisabeth Becker n’est pas seulement la connue gardienne des camps de concentration nazis, celle-ci ayant été condamnée à mort et pendue en 1946, mais aussi et plus heureusement vous êtes Madame, l’une des journalistes actuelles de l’Est républicain qui, pour bâtir votre article sur la "polémique Jeanpierre" vous référez à Henri Pouillot, ce chevalier blanc paré de vertu, cet apôtre des combats anticolonialistes qui n’a de cesse de dénoncer « le révisionnisme colonial », et s’attacher en particulier à la guerre d’Algérie.

Madame Becker, vous débutez votre article de manière assez équivoque ne permettant pas de comprendre d’emblée si vous êtes pour ou contre ou… « bien au contraire » !

Lors du baptême de la rue par Jean-Pierre Chevènement, maire, le 29 mai 2009, le maire actuel n'avait pas assisté à la cérémonie. Aujourd’hui encore, selon vous, il "botte en touche".

Depuis peu, grâce à Henri Pouillot « historien » ( !) du MRAP, une polémique sur le bien-fondé de ce baptême est lancée, au prétexte que JEANPIERRE aurait été un tortionnaire pendant la guerre d’Algérie. Il mentionne des écrits de Douglas Porsch dans son opus « La Légion étrangère – 1831-1962 », comme caution et les tient pour parole d’évangile.

L’attaque est grossière, mais… allons savoir ce qui se passe dans certains esprits…

Le général François Meyer nous faisait récemment part de sa préoccupation de constater que toutes ces attaques sont rendues possibles par le manque de réaction de ceux qui possèdent encore la mémoire vivante mais qui, l’âge aidant, disparaissent doucement mais sûrement.

Les historiens auto-proclamés tout comme certains journalistes de tout poil peuvent prendre, sans danger d’être contredits par des témoins opérationnels, les dossiers qui leur conviennent et les manipuler à leur guise. Dans l’ambiance qui règne actuellement dans notre pays, qui s’en inquiéterait ?

De ce fait, ils font flèche de tout bois et marchandise de toutes substances.

Tout est bon pour faire haro sur le baudet, l’animal étant celui qui n’a eu l’heur de plaire à ces nouveaux censeurs, alchimistes de histoire qui nous refilent du plomb pour de l’or, surtout lorsque l’incriminé ne peut plus se défendre…

Ils se servent du climat délétère qui nous entoure et dans la fange duquel ils se vautrent pour attaquer tous-azimuts pourvu que leur cible soit peu ou prou liée à des minorités visibles. Ils habitent le camp du Bien, s’habillent du lin blanc de la repentance, se parent de vertu et tentent d’abattre sinon l’homme - il leur manquerait le nécessaire courage - au moins sa réputation et l’idéal qu’il peut ou a pu représenter. Dans le cas présent il y a deux cadavres : celui du lieutenant-colonel JEANPIERRE et celui du 1er régiment étranger de parachutistes. Et ces Zorros de pacotille osent venir cracher sur leurs tombes !

Poser de manière ambigüe et toute honte bue, la question de savoir si le lieutenant-colonel Jeanpierre était un héros ou un tortionnaire, semble relever de la pure injure envers un soldat qui a donné sa vie pour la France.

Il n’est pas acceptable, Madame, de laisser entendre que le 1er régiment étranger de parachutistes était constitué de deux tiers d’allemands anciens des Waffen SS ! La Légion, forte des expériences malheureuses qui ont marqué sa création en 1831, a adopté très rapidement, dès 1835 et à l’instar de Carnot avec les révolutionnaires, le principe de l’amalgame des nationalités pour créer un équilibre des origines au sein de ses unités. Une faiblesse de jeunesse s’est transformée en une véritable force. Comment pourrait-il en être autrement dès lors que pour pouvoir parler de grande famille, Legio Patria Nostra, mélangeant plus de 140 origines nationales, il faut que tous, volontairement, fassent abstraction de la nationalité, des origines sociales et des religions ?

Nous ne pouvons et nous ne voulons pas laisser certaines publications manipuler l’information sans réagir, car qui ne dit mot consent. Mais beaucoup d'esprits chagrins sont courageux comme Tartarin dans la chasse au lion et, comme dans une charade à tiroirs, ils pratiquent le mode cascade ; c’est l’homme qui a vu l’homme, qui a vu l’ours ! Elisabeth Becker vous retranscrivez les dires de Pouillot que lui-même se réfère à Porsch et à des témoins suisses dont on ne connait pas les noms! D’ailleurs Madame, en exégète de la pensée de Pouillot, vous utilisez les guillemets à l’envi, mais ce faisant, vous semez néanmoins à tout vent !

Le terrorisme de la censure est aujourd’hui bien installé. Pendant que certains journalistes, pisseurs de copie, crachent sur des soldats morts pour la France, d’autres, des lions de panurge médiatiques, ne s’offusquent nullement du fait que le président algérien, un autre cobra cracheur, passe sa convalescence à l’Hôtel des Invalides à Paris, fief des blessés de l’Armée Française. Quel manque de fierté pour ce président que de venir se faire soigner chez "ses" anciens tortionnaires, par des médecins militaires français et séjourner dans le temple de nos soldats, dans le sein même de ces ennemis tant conspués! Je l’ai vu, vieillard penaud, dans le Salon des poteries. Quel aveu terrible sur l’état lamentable des hôpitaux de son pays. Les Japonais diraient : quelle perte de face !

Pour l’heure, suivant la tendance totalitaire générale que l’on observe dans notre pays, qui bride la liberté d’expression, pose des bâillons ou des muselières, cadenasse les claviers d’ordinateur, empêche le débat parlé ou écrit, les juges de la pensée conforme sont en place, le tribunal est constitué. Les procès en sorcellerie peuvent se dérouler sans encombre.

Par clientélisme politique on a donné libre cours aux imaginations les plus farfelues en vue de la création d’associations dont la capacité de nuisance est inversement proportionnelle au nombre de leurs adhérents. Des électrons qui se croient libres, pour exister, « s’y agrègent » pour dénigrer leur pays.

Non, Madame, la guerre d’Algérie n’a pas été ce que vous semblez souhaiter incruster dans la tête de vos lecteurs. Il est scandaleusement inexact de prétendre que le général Aussaresses faisait partie du 1er REP. Cet officier n’a jamais servi à la Légion étrangère.

Il serait intéressant et profitable que vous vous instruisiez plus avant sur cette guerre d’Algérie qui est défigurée dans sa réalité historique par les écrits « d’historiens de rencontre» qui assènent allégrement des contre-vérités pour satisfaire leur ego, plaire à certaines franges de la population, puisque c’est tendance, et à certains partis politiques. Les citer comme références universelles ne fait de vous qu’une rapporteuse de faits non avérés. S’appuyer sur les écrits de ce triste sire c’est lui offrir une tribune dans la propagation de la haine qui l’anime et dont vous êtes ainsi le véhicule et par-là, une sorte de complice !

 

Christian Morisot Antoine Marquet

Signature MOMO Antoine

 

“Petit” commentaire pour nos visiteurs

Nous avons Antoine et moi, d’un commun accord et avec enthousiasme décidé d’écrire à deux mains un peu à l’identique des partitions de piano à quatre mains.

Cela concerne uniquement certains sujets brûlants de l’actualité, il est bien connu qu’il y en a plus dans deux têtes que dans une seule.

Nous ne pouvons prétendre détenir la vérité, néanmoins nous essayons, avec conviction, de nous rapprocher de celle-ci sachant qu’il y a toujours un revers à une médaille.

Recherche anciens du 1° REC présent à Bou Sfer en mai 1964.

Bonjour,

Pouvez-vous lancer un appel sur le site afin de savoir qui sont les 2 Légionnaires du 1er REC sur la photo jointe.

Cliché pris à Bou Sfer en mai 1964.

D’avance merci.

B.Ballanger - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Souvenirs de la guerre du Mexique, 1862-1867

XXX° congrès de la FSALE.


Traduction

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